Par le pasteur Kitenge Mulongoy Joseph (RDC)
Nous pensons, à notre humble avis, qu’assimiler la notion du chemin de la croix est une condition inévitable pour qu’un croyant soit digne d’être appelé « chrétien ». En effet, à la lumière de ce qui suit, nous conviendrons sans doute que sans pouvoir trouver et marcher sur ce chemin, il est impossible à l’homme de plaire à Dieu.
Définition
Le chemin de la croix c’est le chemin qui conduit au Royaume de Dieu, à la vie éternelle.
Ce n’est pas un chemin géographiquement descriptible, mais bien une ligne de conduite dont les principes constituent les exigences de Dieu pour le salut de l’humanité.
Ces principes sont soigneusement rassemblés dans un recueil de 66 livres appelé « la Sainte Bible » ou « la Parole de Dieu ».
Considérations générales
Puisque exigences de Dieu, les principes du Chemin de la Croix sont donc l’expression de la volonté de Dieu envers l’homme. Dieu veut que l’homme retrouve Sa ressemblance, ressemblance qu’il avait perdue à cause du péché. Cependant, en lisant I Cor 2.14, nous comprenons que l’homme naturel ne peut maîtriser les choses de Dieu parce que, justement, il n’a pas l’Esprit de Dieu. L’homme est plutôt habité par l’esprit de rébellion (Satan) qui le rend incapable de toute pratique du bien quoique parfois il en ait la volonté (Romains 7.18-23).
La croix symbolise la mort, la mort qui est la conséquence de la souffrance. Le chemin qui conduit à la rencontre de Dieu est donc dit « Chemin de la Croix » (de souffrance et de la mort) parce que reformer la nature humaine en vue de l’adapter à l’image de Dieu est un processus qui impose des tortures physiques. Cette reforme apparaît comme une lutte où la volonté de Dieu intervient pour révolutionner le train de vie habituel, tirant l’homme dans un sens opposé à ses habitudes, pendant que Satan fait tout pour le maintenir et l’enfoncer d’avantage dans ses penchants naturels. Il s’ensuit donc des déchirures, des nostalgies ainsi que des pertes de tous genres pour l’homme, chaque fois qu’il fait un pas de plus dans son mouvement vers Dieu. Ce qui, jadis, était valeur indispensable pour sa vie (honneur, confort, amitié etc.), il est parfois obligé de l’abandonner sans compensation visible, simplement au profit des promesses divines.
N’ayant que sa chair comme support pour mener son existence, l’homme ne parvenait pas à soumettre son corps à cette torture par crainte de la mort. Or, sans pouvoir passer par cette torture, il ne peut ressembler à Dieu. Il lui a alors fallu un substitut, quelqu’un qui, comme un mercenaire, devait se livrer à des tortures jusqu’à mourir à sa place. C’est cela qui justifie l’intervention et le caractère incontournable de Jésus-Christ pour tout homme qui souhaite atteindre Dieu. Il est écrit : « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à -dire le diable ; ainsi, il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » (Hébreux 2.14-15).
C’est aussi pourquoi Christ a dit lui-même ce qui suit : « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6).
Historique du Chemin de la Croix.
Le chemin de la Croix (chemin qui conduit au sanctuaire de Dieu) avait été promis à l’homme dès son égarement dans le jardin d’Eden (Genèse 3.15). Plus tard, il fut montré pour la première fois aux israélites, à travers la loi de Moïse (Exode 20.1-17). Ce fut la première alliance entre l’homme et Dieu, alliance que l’homme fut incapable d’observer à cause de la faiblesse et de la grossièreté de sa chair.
Dans cette alliance le substitut de l’homme fut un animal (agneau, chèvre, veau etc.) que l’on égorgeait pour lui faire couler le sang à la place du pécheur. Le pécheur devait ainsi poser sa main sur la tête de la victime en signe d’union avec elle dans cette mort, pendant qu’elle était égorgée (Lévitiques 4.4). Malheureusement, ce ne fut qu’une union symbolique, symbole précurseur de la véritable union avec Jésus-Christ car le sang d’animaux n’est pas susceptible de porter le péché de l’homme. L’animal ne fut qu’une image du véritable substitut à venir qui est Jésus-Christ, lequel a vécu dans un corps semblable et dans les mêmes conditions que l’homme. Nous lisons dans Hébreux 2.16-17 ce qui suit : « Car ce n’est pas à des anges, assurément, qu’il vient en aide, mais c’est à la descendance d’Abraham qu’il vient en aide. Aussi, devait-il devenir, en tout, semblables à ses frères, afin d’être un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple. ».
En s’unissant à la mort de Jésus-Christ, le pécheur meurt réellement aussi avec Lui. Seulement, le fait que Jésus-Christ soit ressuscité 3 jours après, a annulé l’acte visible de mourir pour le pécheur qui se trouve heureusement être simultanément uni avec Lui tant à sa mort qu’à sa résurrection.
C’est en ça que réside le mystère du salut par la grâce selon lequel le pécheur meurt pour ses péchés, de la mort dont il n’est pas visiblement frappé. Lui qui était sans espoir d’atteindre Dieu s’il ne se donne pas physiquement la mort, il l’atteint tout en restant en vie, la mort de Jésus ayant satisfait à l’exigence de Dieu pour lui.
Comment donc s’unir à Christ dans sa mort (la foi en Christ)? Si, dans l’ancienne alliance, le pécheur devait poser sa main sur la tête de la victime pendant que celle-ci perdait sa vie pour lui, le pécheur de la nouvelle alliance doit simplement adhérer à la cause de la mort de Christ. Cette adhésion démontre que le pécheur converti croit que Christ est mort non comme un aventurier imprudent, mais bien comme un mercenaire engagé pour sa cause. C’est cela croire en Christ crucifié pour les péchés du monde, et c’est cela la foi qui délivre de l’esclavage, la foi qui sauve.
La foi
La foi en Jésus-Christ c’est le point de départ du chemin de la Croix. C’est à travers la foi que nous recevons de Christ le pouvoir spirituel nécessaire pour pouvoir marcher sur le chemin de la Croix.
En général, nous faisons foi en quelqu’un lorsque nous le trouvons fiable, digne de notre confiance sans risquer de nous retrouver en confusion. Faire confiance à quelqu’un c’est lui confier la responsabilité de gérer nos intérêts là où, pour une raison ou pour une autre, nous ne sommes pas en mesure de le faire nous-mêmes.
Ainsi comprise, la foi implique l’existence d’un besoin que l’on ne peut satisfaire soi-même, ainsi qu’une analyse profonde des qualités de la personne en qui on veut faire confiance. Par exemple, en cas d’attaque d’ennemis, l’enfant se confie en son papa. Mais lorsqu’il aura faim il ne fera plus confiance au papa, cette fois il se confiera à sa maman. L’enfant donc connaît ses besoins et connaît aussi les qualités de ses parents de sorte que, pour éviter d’être déçu, il choisit de se confier à l’un et non à l’autre, suivant son besoin.
De même, avoir la foi en Jésus-Christ implique que le sujet connaît d’abord son propre besoin auquel il ne peut satisfaire lui-même et que, aussi, il a découvert les qualités nécessaires pour y répondre, dans la personne de Christ.
Ainsi, la foi en Christ est l’acte par lequel l’homme à qui Christ a été prêché, constate ses échecs répétés pour tenter de résoudre maints problèmes de sa vie, pareil au constat de l’apôtre Paul dans Romains 7.18-23. Considérant donc les qualités de Christ qu’il vient de découvrir, cet homme constate d’abord sa médiocrité (se prend en dégoût) et s’abandonne en toute confiance à Christ.
De même qu’il y a besoins et besoins dans la vie d’un homme, il faut envisager dès lors qu’il puisse y avoir foi et foi. Comme pour l’exemple de l’enfant que nous venons de voir où la confiance qu’il fait en sa maman est pour le manger tandis que celle qu’il a en son papa est pour la sécurité, la foi en Christ, comme nous le verrons ci-après, peut aussi être de plusieurs couleurs. Ce fait constitue un danger qui mérite d’être maîtrisé afin d’éviter au croyant le gaspillage d’énergie et de temps. Le croyant doit savoir son besoin le plus important de tous, pour éviter de s’associer à Christ pour un autre objet que sa mort.
Le besoin.
De son vivant en forme humaine, Jésus avait marqué plusieurs faits impressionnants et dignes d’attirer notre attention, mais un seul constitue l’essentiel de sa mission sur terre. Malheureusement ce dernier, quoique tout autant impressionnant, ne charme pas du tout les sens humains et constitue la cause d’échec de plusieurs à l’épreuve de foi (Luc 14.27).
Jésus, en effet, a nourri les affamés, il a guéri les malades, il a ressuscité les morts, il a envoyé pêcher un poisson du ventre duquel est sorti l’argent pour résoudre un problème financier, etc. Tout cela est bien sensationnel pour l’homme et digne de l’attirer vers Jésus car aujourd’hui encore nombreux ont faim, nombreux sont malades, et tous nous avons besoin d’argent. Mais, au delà de ces faits, Jésus est aussi mort sur la croix de Golgotha en sacrifice pour nos péchés. Seulement, seulement, l’homme naturel n’est pas attiré par sa mort, mort que l’on a en horreur, alors que tous nous sommes pécheurs !
L’homme veut vivre heureux et vivre d’avantage ; ce que son créateur l’Eternel Dieu ne conteste pas du reste. D’ailleurs, la bible nous renseigne qu’au commencement Adam et Eve, dans le jardin d’Eden, étaient très heureux et ils ne se tracassaient pas du tout comme nous pour se nourrir, ni pour s’habiller, ni encore pour se protéger contre quoi que ce soit. Cela est un signe que quand Dieu créa l’homme, il le créa pour vivre heureux et souverain, sans inquiétude (Génèse 1.26). Comment donc en est-on arrivé au point où même les êtres tellement petits qu’ils sont invisibles à l’œil nu deviennent capables de mettre fin à nos jours ? Comment expliquer que de l’abondance, on est arrivé au point que chaque jour dans le monde des multitudes meurent, faute de pouvoir se procurer à manger ? La réponse c’est que l’homme est privé de cette gloire et de ce bonheur à cause du péché qu’il avait introduit en lui. Dès lors, un homme intelligent qui découvre ainsi cessera de perdre son temps à chercher ponctuellement des solutions à ses problèmes, tant qu’il ne se débarrassera pas d’abord du péché.
Nous pouvons imaginer un scénario ci-après. Supposons qu’une maison soit équipée d’un dispositif d’alarme qui se déclenche automatiquement en cas d’incendie. Si on est endormi et que l’alarme se met à sonner, pour éviter le bruit et pouvoir dormir tranquille, devra-t-on se hâter à l’arrêter ou faudra-t-il chercher à éteindre le foyer de feu que l’on sait, de ce fait, se déclarer dans le bâtiment ? Il est malheureux de constater que l’homme, gêné par les bruits de l’alarme, perd son temps à chercher comment la faire taire sans pourtant jamais y être parvenu car aussitôt qu’elle se tait, le foyer de feu n’étant pas éteint, elle se met de nouveau à sonner. Il risque de se faire brûler dans le bâtiment car, pendant qu’il s’acharne sur l’alarme, le feu progresse bonnement.
Il est vrai que nous avons d’énormes besoins qui sont comme des montagnes devant nous, mais la mère de tous ces besoins reste le péché. Tant que le péché restera en nous, nous pouvons beau résoudre quelques problèmes aujourd’hui mais demain la mère en accouche d’autres et ainsi de suite, un cycle sans fin, une poursuite de vent comme disait le roi Salomon dans Ecclésiaste 2.1-26.
L’homme qui veut s’unir à Christ doit savoir que son premier besoin c’est « comment se débarrasser du péché ». Si Jésus a nourri et a guéri, c’était au bénéfice du corps mortel, et il le faisait à titre accessoire et non principal. La mission principale de Jésus n’était pas d’opérer des miracles pour que les hommes comprennent que Dieu qu’il enseigne est vivant, mais il a pris un corps et être appelé « Jésus-Christ » dans le but de s’offrir en sacrifice pour les péchés du monde. Si ce n’était que pour nous épater avec des spectacles miraculeux, l’Eternel Dieu n’aurait pas eu besoin de l’envoyer dans un corps parce qu’au temps de Moïse aussi, sans Jésus, Dieu avait fait des miracles, et même d’avantage. Dieu a aussi nourri miraculeusement les enfants d’Israël dans le désert pendant 40 ans, de même qu’Il pouvait encore le faire sans qu’il soit nécessaire de se faire un corps visible.
Le croyant doit haïr le péché qui est en lui, et donc haïr sa propre vie puisque, comme nous l’avons vu, c’est par le péché que notre corps vit. Son besoin donc doit être : « comment se débarrasser de sa vie charnelle » ou, en d’autres termes, « comment faire mourir son corps de péchés et demeurer cependant vivant ». Chercher à satisfaire tous les autres besoins c’est chercher des solutions artificielles à l’instar d’un infirme qui cherche où trouver la prothèse. Or, Jésus n’est pas venu nous donner des prothèses, mais nous rendre les membres amputés.
Ce besoin de mourir sans disparaître cerné, il ne reste qu’à s’assurer si Jésus est bien capable d’y répondre. Nous disons oui, il en a fait la preuve en ressuscitant lui-même de la mort, trois jours après, plein de Vie et de Puissance.
Quand nous aurons réuni ces deux éléments, c’est-à -dire le besoin de se débarrasser de la vie de sa chair qui contient les péchés (faire mourir son corps tout en restant en vie) d’une part, et l’attachement à Christ comme moyen d’y parvenir d’autre part, nous aurons fait preuve de foi qui unit à la mort de Christ, donc la foi qui délivre, la foi qui sauve.
Comment marcher sur le chemin de la Croix : mettre la foi en action (mourir avec Christ).
Jésus avait été mis à mort parce que ses enseignements étaient jugés subversifs par les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes qui craignaient que le peuple, en l’écoutant, ne puisse révolutionner la tradition héritée de la loi de Moïse (Luc 22.66-71, 23.1-5). Etant venu justement pour compléter cette loi et amener le peuple à la perfection voulue par Dieu, Jésus était resté fidèle et ferme dans sa mission jusqu’à accepter la mort.
Les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens sont l’image du monde contrôlé par Satan (et donc image de notre propre corps), en conflit avec la volonté de Dieu.
Lorsque l’évangile est prêché aux païens, ceux-ci se trouvent confrontés à d’énormes contradictions dans leur conviction. Le prédicateur est souvent pris pour un aventurier ou un insensé car ils ne voient pas d’emblée comment il est possible de vivre sans se livrer aux désirs de leur chair. Ne pas y répondre est pour eux comme une menace de mort qu’ils prennent au sérieux. Quand même certains auraient envie de répondre au message de l’Evangile, à la première tentative ils ont comme l’impression de devoir mourir à cause de souffrances que leur impose le manque de jouissance charnelle, et abandonnent. C’est d’ailleurs pourquoi ceux que le Seigneur appelle à une consécration sacerdotale, Il ne les y soumet que par des circonstances bien éprouvantes (maladies, échecs répétés, etc.) qui dureront dans leur vie jusqu’à ce qu’ils parviennent à la conviction profonde que leur part se trouve en Dieu.
La chair donc se constitue en obstacle à l’accomplissement de la volonté de Dieu. Etant un instrument du monde, à travers ces peines que nous ressentons à cause de notre soumission à la volonté de Dieu, notre chair nous suggère d’abandonner le projet sous peine de nous mettre à mort.
Prenons l’exemple d’un ivrogne qui vient de croire en Jésus. Il apprend que devenu chrétien il ne doit plus s’enivrer afin de tenir son corps prêt au service du Saint-Esprit. Dès cet instant son corps habitué à l’alcool déclenche des menaces en lui faisant imaginer comment il sera dur pour lui de tenir sans boire, afin de lui faire abandonner le projet. Pour Jésus aussi tout avait commencé par des menaces verbales. Ensuite, il va se créer réellement la soif de boire un peu d’alcool, et cela souvent lorsqu’il a l’argent et l’alcool disponible sur le marché. Ne pas satisfaire ce besoin créera un vide en lui qui n’est autre chose que l’absence de plaisir pour sa chair (souffrances). Résister devant ces souffrances, alors qu’il a le moyen de les éviter, signifie qu’il trouve plus important l’accomplissement de la volonté de Dieu plutôt que de faire plaisir à sa chair. Cet homme sacrifie (tue) la vie de sa chair pour Dieu comme justement ce qu’avait fait Jésus en acceptant de souffrir jusqu’à la mort, pourvu que ce que Dieu veut soit accompli (Mathieu 16.21-23). Il souffre donc ainsi pour la même cause que celle pour laquelle Jésus est mort, parce qu’il ne veut pas que le péché (la volonté de sa chair) puisse l’emporter sur la volonté de Dieu. C’est pourquoi la bible dit, dans 1 Pierre 4.1 (Romains 6.7) que celui qui a souffert dans son corps en a fini avec le péché. C’est cela réussir à l’épreuve de foi et c’est cela mourir avec Christ.
En fait, la mort c’est le fait pour un corps d’être privé totalement de la vie qui l’anime. Or la souffrance, comme nous venons de le voir, c’est la diminution de la vie du corps. C’est pourquoi elle provoque l’amaigrissement, signe que la vie du corps diminue d’intensité. En ce sens, la souffrance c’est déjà la mort, mais une mort progressive. Celui donc qui souffre c’est un homme qui est entrain de mourir. Ainsi, toute souffrance, aussi minime qu’elle puisse être, est un début de la mort.
Précisons toutefois que la foi commence bien avant d’en arriver à cette étape qui n’en est qu’une démonstration. Elle est déclenchée par l’action marketing de l’Evangile grâce à laquelle Christ est présenté dans ses vertus infinies en contraste avec la médiocrité et la vanité de la condition humaine. Elle doit commencer par une ferme prise de conscience de cette médiocrité et de cette vanité, donc de tout ce que jusque là l’homme considérait en lui comme étant d’un grand prix, pour se concrétiser par le renoncement de soi et la ferme décision de s’accrocher à Jésus. De cette façon, on ira vers Jésus comme à la poubelle avec des ordures dont on veut se débarrasser et non comme au champ avec un panier vide à remplir de récoltes (Luc 5.32). C’est ce que l’apôtre Paul, parlant de son propre cas, écrivit dans l’épître aux philippiens en disant : « Mais ce qui était pour moi un gain, je l’ai considéré comme une perte à cause de Christ. Et même je considère tout comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance du Christ-Jésus, mon Seigneur. A cause de lui, j’ai accepté de tout perdre, et je considère tout comme des ordures, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec une justice qui serait la mienne (…), mais avec la justice qui est obtenue par la foi en Christ, une justice provenant de Dieu et fondée sur la foi. » (Philippiens 3.7-9).
L’enjeu pour la chair étant de taille, on peut aisément comprendre que sans une ferme décision comme celle de l’apôtre Paul, il sera difficile à l’homme de résister aux menaces de son corps. Il trouvera certainement stupide de continuer à torturer son corps en s’empêchant de poser un acte qu’il juge pourtant bienfaisant pour sa vie, et surtout que peut-être son entourage ne reproche pas. Aussi, le Seigneur qui voit dans le secret, juge-t-Il les siens à partir de leur décision quel que soit ce qu’ils affichent aux yeux des hommes. Il les agrée ou les rejette dès cet instant sans attendre qu’ils aient posé d’abord un seul acte de foi. En effet, il a dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » (Mathieu 16.24-25).
Mourir avec Christ : source de la puissance spirituelle
Mais avant cela, l’homme a continué à traîner sur lui tous ses fardeaux de péchés, sans savoir ni où ni comment s’en débarrasser. Sous le poids de ses fardeaux il est affaibli et ruiné, dépourvu de force pour résister aux moindres vagues du monde par lesquelles il est balancé dans tous les sens au gré de la volonté du diable et à son propre détriment. En s’unissant à Jésus-Christ dans sa mort, Jésus qui, par sa mort, a su détruire les péchés, le décharge. C’est pourquoi il a dit : «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerez du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. » (Mathieu 11.28-29). Lire aussi
En effet, en laissant son corps percé de lances par ses bourreaux, le Seigneur Jésus-Christ l’aménageait à devenir un véritable propitiatoire, c’est-à -dire un cadre de destruction des péchés de tout homme qui se lie à Lui. A travers ses plaies par où avait coulé son sang (la vie de sa propre chair), les péchés de tout homme qui s’associe à lui dans cette mort couleront aussi sans la moindre résistance (1 Pierre 2.24).
Le péché c’est la vie de la chair, nous l’avons vu dans Lévitiques 17.11. En s’en débarrassant dans le corps de mort de Jésus (en souffrant, se privant de désirs charnels pour la même cause que Jésus), le pécheur provoque la mort de son propre corps. Il meurt donc avec Christ. Cependant, comme Christ son complice est ressuscité plein de vie et de puissance spirituelle, cette mort que l’homme a tant redoutée n’aura plus d’effet sur lui. En effet, à mesure qu’il perd sa vie matérielle, le pécheur reçoit en substitution celle de Christ ressuscité (vie spirituelle) de sorte que, non seulement il demeure en vie, mais en plus il perçoit son existence sous d’autres réalités et la mène avec plus de puissance ; il est régénéré. Nous lisons l’apôtre Paul : « nous portons toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste aussi dans notre chair mortelle. » (2 Corinthiens 4 : 10-11, lire aussi le verset 17).
Il se passe, en fait, entre le pécheur et Jésus, une sorte d’échange standard comme ce qui peut se faire entre le garagiste et son client lorsque les deux sont liés par un contrat approprié. Le client apporte la pièce défectueuse et reçoit en échange une pièce en bon état. Plus donc il apportera des pièces en panne, plus sa voiture sera remise en bon état car de plus en plus il recevra des pièces en bon état de fonctionnement.
Aussi, de plus en plus le pécheur perdra sa vie de péchés, de plus en plus la lumière et la puissance célestes inonderont son être et les ténèbres du monde se dissiperont devant lui. Il deviendra de plus en plus un être spirituellement puissant dont le Seigneur peut se servir pour contrer les œuvres de Satan dans le monde.
C’est là le secret de la puissance des grands serviteurs de Christ dont Paul est l’un. C’est quand les souffrances abondent pour la cause de Christ (pour éviter de pécher) que la gloire du Seigneur abonde aussi pour consoler (2 Cor 4.17). « Il faut que le corps souffre pour que l’esprit soit puissant », m’a dit aussi le Seigneur un jour dans une vision.
Le pécheur donc change de mode de vie, de penser et de comportement ; il devient un nouvel homme conforme à la volonté de Dieu qui vit en nouveauté grâce à la lumière de Christ et à la joie du Saint-Esprit qui ont gagné la place du péché en lui. Il est libéré et, rempli de la puissance du Saint-Esprit, il devient capable de marcher aux pas fermes sur la voie de Dieu. C’est donc à juste titre que l’apôtre Paul déclare que s’il vit ce n’est plus lui, mais c’est Christ qui vit en lui. (Galates 2.20). L’homme est racheté de l’esclavage du péché et devient libre à l’égard de la loi de Dieu, non parce qu’il l’a mérité, mais grâce à la mort de Christ et il chante alléluia ! Il loue et glorifie Dieu non par la chair, mais en Esprit dont il est rempli, et en vérité.
L’erreur
Il est triste de constater que nombreux chrétiens sont privés de ce privilège par manque d’information pour certains, et par peur de souffrir pour la majorité. Certains se plaisent à se retrancher sous ‘la grâce’ pour dire qu’ils n’ont plus à souffrir car Christ avait tout accompli sur la Croix et par sa résurrection. Ainsi, ils n’ont plus qu’à manger et à boire en toute tranquillité, attendant le retour de Christ !
Il est vrai que Christ est ressuscité d’entre les morts. Mais, le fait qu’Il soit ressuscité avec les plaies ouvertes et fraîches ne devrait pas être un fait négligeable. Il a bien démontré qu’Il a vaincu la mort. Si donc nous nous unissons à Lui, la mort n’aura plus d’effets sur nous car Lui, notre associé, l’a vaincue. Le processus de notre salut qui exige de passer par la mort, fut accompli par la mort de Jésus. Cependant, étant ressuscité (ce qui s’entendrait logiquement qu’Il avait supprimé la mort), nous devrions craindre que notre salut qui dépendait de cette mort n’ait été purement et simplement supprimé aussi de sorte qu’il nous faille trouver un autre mercenaire. Or, on sait qu’on n’a plus besoin d’un autre mercenaire que Christ. Quoique l’étape de sa mort fut supprimée par la résurrection, les effets de la mort, eux, furent maintenus, et ces effets sont les plaies.
En effet, à sa résurrection, on pouvait bien voir sur le corps de Christ les plaies qui avaient occasionné sa mort. Il est donc vraisemblable que les plaies, marques des souffrances ayant conduit à sa mort, demeurent l’élément par lequel les conséquences de cette mort sont maintenues actives pour nous. C’est pourquoi, heureusement, le pécheur qui s’unit à la mort de Christ ne meurt plus comme Christ (puisque la mort effective fut supprimée) mais, par le moyen des souffrances (plaies), il en ressent absolument les effets comme s’il était réellement mort lui-même aussi. Nous devons donc participer aux souffrances de Christ pour que nous ayons part aux dividendes de sa mort qui sont la Vie Eternelle et la communion du Saint-Esprit.
C’est pourquoi la bible déclare : « Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être glorifiés avec Lui. » (Romains 8.17).
Christ s’adressant à ses disciples, ne les a pas soustraits des souffrances, mais Il les a plutôt exhortés à y participer avec courage. Les souffrances sont donc une étape obligée dans notre itinéraire, autrement Christ nous en épargnerait dans son grand amour. Lire aussi 1 Pierre 4.12-14, 1 Pierre 5.9-10, Job 23.10, 2 Cor 4.16-17, Ap 7.13-14, Romains 6.7.
La foi mal cadrée
Mais si nous commençons notre foi par crier après lui pour demander de quoi nourrir et vêtir notre corps physique, il nous cachera sa face et c'est en vain que nous nous déclarerons chrétiens. Jésus a vécu dans la chair, il est mort et est ressuscité. Ce fut pendant qu’il vivait dans la chair qu’il avait fait des miracles qui nous attirent, mais pas après sa résurrection. Si donc nous avons besoin de pain venant de Lui maintenant qu’entre Lui et nous s’interpose la mort, il nous sera difficile de l’avoir. Nous devons d’abord à notre tour traverser la mort pour l’approcher, et ainsi obtenir ce qui est à Lui car il n’y a aucune part commune entre les vivants et les morts. Tant que nous conserverons notre vie, il n’y aura pas de partage entre Christ et nous.
Nous devons passer par où il est passé pour régner avec Lui dans sa gloire pour l’éternité. Nous lisons l’apôtre Paul : « Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; même si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici : toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Corinthiens 5.16-17).
Plusieurs personnes démontrent aux yeux des hommes une foi intense en Jésus-Christ sans pour autant que cette foi leur soit bénéfique en réalité, car commandée par tout autre besoin que ‘mourir avec Christ’. Ces personnes peuvent très bien faire quelque effort pour se préserver du péché non pas qu’ils le haïssent, mais parce que cela est pour eux un moyen de faire plaisir au Seigneur qui leur accorderait ainsi en réponse, ce qu’ils désirent obtenir de lui.
Puisque nous avons vu que notre chair vit du péché, le fait de s’en abstenir leur diminuera la vie physique sans alors qu’ils en reçoivent une autre en échange, puisqu’ils ne sont pas unis à Christ ; ils souffrent pour leur propre compte. Ils souffrent à cause du pain pour leur corps et non pour que la justice de Dieu triomphe du péché. Plus donc ils souffriront, plus ils verront venir leur mort effective et, sans doute par crainte de la mort, ils abandonneront la foi pour retourner dans leur vie de péché.
Ils sont de ceux-là qui font profaner le nom du seigneur par les gens du monde qui les classent aussi, à tort, parmi les chrétiens. En fait, c’est par erreur qu’on peut les appeler chrétiens puisqu’ils n’ont jamais quitté le monde pour la cause de Christ. Même lorsqu’ils venaient à Jésus, c’était pour la recherche de la joie du monde qu’ils venaient, espérant pouvoir obtenir un pain, mais non pour s’associer à la cause de sa mort.
Car en effet, si après avoir été scellé du Saint-Esprit, le chrétien peut encore tomber dans le pouvoir du diable, alors c’est en vain que les écritures déclarent que le Seigneur Jésus est le bon berger, qu’il garde tous ceux qui sont à lui et que personne ne peut lui en arracher un seul (Jude 24, 1 Jean 5 :18, 1 Pierre 1 :5, Philippiens 4 :7, 2 Timothée 1 :12).
Que le Seigneur de gloire, par la lumière du Saint-Esprit, vous aide à mieux comprendre sa Vérité.













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