NDLR: Ah ah ah ah ah ! Vers la fin du reportage, regardez la commission forte de plusieurs dizaines d'acheteurs du service public qui contemplent un carré jaune ou un carré rouge - on dit "monochrome", et on paye 24.500 euros. Un moment "culte" de cette émission où le comique le dispute au pathétique. On repense bien sûr au projet de musée de l'homosexualité, à Paris, qui n'avait pas fait couler beaucoup d'encre, mais qui aurait dû, vue la teneur des "pièces" qui avaient été pressenties pour y figurer... Ci-dessous, un article qui avait disparu du web et qu'il fait bon de rappeler au souvenir de Google.
A la découverte des Fonds Régionaux d'Onanisme Culturel - été 2007
Ayant décidé de meubler un week end de l'été 2007 en visitant un quartier de Nantes, j'eus la surprise de voir que le Fonds Régional d'Art Contemporain (FRAC) y exposait 80 oeuvres parmi les milliers que ses hangars recèlent, si l'on en croit leur site web. Accumuler des oeuvres dans des hangars pour n'en montrer qu'une infime partie au public: que voilà une remarquable expression du génie bureaucratique français.
C'était pour moi l'occasion de me hisser à la hauteur des plus grands spécialistes de vraie culture, la Culture à Usage Local (abréviation d'origine contrôlée).
L'entrée est "gratuite", c'est à dire que j'ai tout payé par avance en tant que con-et-tribuable. Cela m'a donné l'occasion de découvrir des oeuvres dont l'intérêt artistique n'échappera à personne: un Monochrome fait au rouge à Lèvres d'un certain Fabrice Hyber (ou Hybert, selon les jours), un miroir sale emballé dans deux bandes de tissus négligemment posé sur le sol par le non moins célèbre Sanejouand, une dizaine de traits blancs sur fond de gribouillage noir du fameux Malaval - des problèmes de déglutition, sans doute ? -, une maquette de moto de course en résine d'un artiste dont je préfère oublier le nom...
N'oublions pas les grands classiques de tout musée d'art contemporain: des photos noir et blanc floues de femme à poil aux jambes légèrement écartées sur écran télé – une petite touche de pornographie, ça fait toujours avant-gardiste dans une expo-, et régalons nous d'un miroir brisé, des tubes éjaculateurs de savon mousse, des carrés de plexiglas translucides (j'ai cru que c'étaient des cloisons, honte à moi)... Ne manquait que la "plénitude amnésique" de Chocalescu et son pyjama dessiné par Buren !


1m² de rouge à lèvres.
Naturellement, pour l'idiot qui ne connaît rien à l'art moderne, une brochure se charge de vous renseigner sur ce que les objets présents ont d'artistiques, parce qu'effectivement, ce n'est pas évident au départ.
Et là , vous découvrez que la valeur d'une oeuvre est surtout fonction de la surenchère langagière pratiquée par son auteur, de l'intensité substantive, adverbiale et superlative de la logorrhée exsudant du jargon développé autour du moindre gribouillage, afin de vous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Un carré de rouge à lèvres rouge n'est pas un vulgaire étalage de peinture sur un morceau de papier à peindre. C'est "un dépassement pictural à observer dans une démarche post-moderne décontemplative, une recherche de puissance suggestive par la domination du rouge sang qui submerge l'oeil du spectateur". Là , tout de suite, on est conquis. Les concours d'architecture publics obéissent aux mêmes règles: ce ne sont pas les bâtiments les mieux conçus qui gagnent, mais (sauf cas de pots de vin...) ceux qui ont la notice explicative qui fait le mieux jouir le président du jury - en général un gros élu-, qui le fait se sentir le plus important.
Bref, au risque de passer pour un épouvantable provincial réac qui ne comprend rien à l'art, l'expo du FRAC est un assemblage hétéroclite de foutages de gueule dont on peut parier que pas un seul touriste japonais ne fera le déplacement de Tokyo pour l'admirer dans 10 ans. D'ailleurs, l'observation des autres visiteurs rejoignait la mienne: la plupart d'entre eux, entrés "pour voir" parce que "c'est gratuit", ne faisaient que passer devant les "oeuvres" exposées et ressortaient aussi vite, entre goguenardise joviale et malaise de contribuable coincé.
Qu'un François Pinault parsème le palazzo Grassi d'incongruités pseudo-artistiques de ce genre passe encore. C'est son argent. Il en fait ce qu'il veut. Un peu de marketing, un peu de goût, et peut être qu'une poignée des... "Oeuvres" qu'il expose passeront tout de même à la postérité. Avec un peu de chance, le musée parviendra à équilibrer ses comptes, car François Pinault, la gestion, ça le connaît.
Mais que des organismes financés avec notre argent se permettent de satisfaire le "goût" (il faut le dire vite) de quelques fonctionnaires cultureux pour l'onanisme intellectuel, et d'élus en mal de courtisans, en achetant à des artistes fonctionnarisés des monceaux de "créations" dont les plus abouties auront demandé trois jours de travail, pour des millions d'Euros, est plus que choquant.













del.icio.us it!
Blogmark it!
Scoop it!
Fuzz it!
Tape Moi!
AllActuer Ca!
Nuouz Ca!
Memes Ca! 
































