
Des fidèles portent le masque dans la cathédrale métropolitaine de Mexico
Grippe A: la communion pourrait propager la maladie
Deux influents archevêques de l’Eglise anglicane ont recommandé jeudi la suspension de l’usage du calice lors de la communion afin de limiter la propagation de la grippe porcine A(H1N1).
Les Eglises de Suisse ont pensé à leur réaction en cas de pandémie
Rarement une réaction aura été aussi rapide dans les Eglises de notre pays. Quelques jours après l’apparition de la grippe porcine au Mexique, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) envoyait déjà une lettre à ses Eglises membres. «Si la situation devait s’aggraver, nous devrions vous prier de nommer une personne de contact» capable de «coordonner les directives de l’Eglise et du canton», écrit la FEPS le 30 avril. Elle signale que si le gouvernement devait édicter une «interdiction de manifestations», cela concernerait les «cultes habituels, inclus mariages et enterrements».
Alarmistes, les protestants? «En tant que fédération d’Eglises, il est de notre responsabilité d’être attentifs à ces questions, répond Simon Weber, porte-parole de la FEPS. Dès que l’alerte est passée à la phase 4, nous nous sommes mis en contact avec l’Office fédéral de la santé publique.»
Des demandes de pasteurs venaient déjà de parvenir à l’organe central des protestants. «A Lucerne, lorsqu’il y a eu le premier cas soupçonné, un pasteur a réagi le dimanche même et décidé de servir la sainte cène dans des coupes individuelles, révèle Simon Weber. Sa prudence a rassuré les gens.» Cette réaction locale n’a pas fait de petits et n’a pas duré. Pourtant, s’il fallait un jour généraliser une mesure ou suspendre des cultes, la FEPS préfère y être préparée. «D’autant que si une information de dernière minute devait circuler un dimanche, cela nécessiterait une coordination efficace, souligne le porte-parole. Les grandes Eglises disposent de bons moyens pour s’organiser, les petites moins. Elles sont rassurées que nous soyons là pour faire circuler les informations.»
Les protestants vaudois n’ont, quant à eux, pas mis le feu au lac. «Si nous arrivions au niveau 6 d’alerte, ce serait le moment de diffuser de telles informations, mais pas avant», modère Pascale Gilgien, conseillère synodale et pharmacienne. Selon elles, de telles directives circuleraient rapidement. L’exécutif de l’Eglise en assurerait la coordination. «Mais nous sommes loin de ce cas de figure.»
Cultes annulés au Mexique
Les Eglises mexicaines ont été confrontées à cette réalité. Les lieux de culte du pays hautement religieux ont subi les mêmes mesures de restriction que les restaurants, les écoles et les cinémas, fermés pendant plusieurs jours par le gouvernement. Si la vie a retrouvé un rythme normal, les prêtres déposent encore l’hostie dans la main, non dans la bouche, et le «salut de paix», poignée de main échangée à la fin de la messe, reste suspendu, précise l’Agence France presse.
Nancy Carrasco, secrétaire exécutive au DM-échange et mission, se trouvait au Mexique lors de l’interdiction de culte. «Nous pouvions palper une panique due à la peur et au fait de ne pas savoir, raconte-t-elle. Mais la situation sur place semblait moins grave qu’ici dans la presse. Quant à moi, je ne pouvais simplement plus rencontrer les communautés à cause des cultes annulés.»
Lorsqu’elle se rend auprès des envoyés suisses au Chiapas, elle leur demande ce qu’ils comptent faire en cas d’aggravation de la situation. «Ils m’ont dit qu’ils étaient avec la population et que leur responsabilité était de rester. Leur attitude m’a touché.»
Mesures prêtes pour la sainte cène
La FEPS a tout prévu. Elle a questionné l’Office fédéral de la santé publique (OFS) sur le risque potentiel de contagion par la sainte cène. Réponse: «Si la propagation du virus devait s’accentuer en Suisse», l’OFS conseillerait «de garder une distance (un mètre) et au lieu de faire circuler des coupes de vin, de disposer de petits verres en plastique sur un plateau.»
L’information a été diffusée aux Eglises cantonales mais n’a pas eu besoin d’être appliquée. Il faut remonter à la grippe espagnole de 1918, qui a tué 20 millions de personnes dans le monde, pour trouver une restriction sur la sainte cène en Suisse.
La paroisse protestante de Saint-Jean à Lausanne en garde un souvenir concret: elle pratique encore aujourd’hui le sacrement par intinction – le pain est trempé dans le vin au lieu que la coupe soit portée aux lèvres. «La sainte cène avait été interdite à cause de la grippe, rappelle le pasteur retraité Arthur-Louis Hofer. Jules Amiguet, pasteur, avait alors retrouvé cette pratique liturgique héritée des Eglises luthériennes baltes. Cela lui a permis de demander, et d’obtenir, l’autorisation de continuer à célébrer le sacrement.»
Si la pratique a perduré par habitude au culte du soir à Saint-Jean, elle a évolué. Aujourd’hui, ce n’est plus le pasteur qui trempe le pain dans la coupe, mais chaque paroissien. L’usage n’est plus guidé par un souci médical.
L'Église anglicane s'adapte à la grippe A
Le calice ne passe plus de bouche en bouche lors de la communion. La Grande-Bretagne est le pays européen le plus touché par le virus, avec près de 100 000 nouveaux cas la semaine dernière. Messe hier, à la cathédrale de Southwark, à Londres. Sur la porte d'entrée, une affichette jaune fluo informe les paroissiens que, temporairement, le calice (1) ne passera plus de bouche en bouche au moment de la communion. Il s'agit d'éviter la propagation de la grippe A.
>>> lire la suite (Ouest-France)













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