Une vague de feu pénétra lentement en mon esprit, mon âme et mon corps. Vague sur vague, l'Esprit-Saint m’inonda, et prit possession de moi. Ma prière était exaucée...

Un jeune homme converti, Markus Hauser, vint à Chrischona, pour sa formation comme prédicateur de l’Évangile. Personne ne douta de sa conversion ni de sa nouvelle naissance, et pour le moins lui-même. De même, il avait l’assurance de sa vocation pour le service du Seigneur. Néanmoins, après une formation de 4 années comme prédicateur de l’Évangile, il n’était pas satisfait, ayant l’impression que, pour son service, la puissance d’en haut lui manquait encore. Pour évoquer comment il obtint son baptême de l’Esprit, il écrit:

"On ne peut s’approprier personnellement, toute vérité reconnue comme telle, que par une fervente supplication. Le chemin qui aboutit à une nouvelle lumière, à une nouvelle qualité de vie, passe souvent par des ténèbres. Jadis, j’étais fatigué et affaibli, durant un temps prolongé. Le travail me harcelait, mais la force semblait s’épuiser. Lorsque je lisais la Bible, la Parole restait comme vidée de son contenu; lorsque je me préparais à faire les sermons, j’avais de la peine à y prendre un vif intérêt et à me réjouir. Me plaçant devant Dieu dans la prière, je me trouvais devant une porte fermée. L’affliction remplissait mon âme. Dans de tels temps de sécheresse intérieure, des doutes accablants peuvent environner les enfants de Dieu, comme des hordes sauvages. Celui qui a expérimenté des choses semblables connaît cette détresse. Le corps et l’âme soupirent après un rafraîchissement. "Je crois au Saint-Esprit". J’en étais assuré depuis longtemps. Maintenant, en cette affaire importante, j’étais très en soucis. Des brumes et des nuages, des voiles impénétrables me cachaient la face de Dieu. A la longue, un état insupportable! Que faire? Prier, pleurer devant le Seigneur? Il ne peut priver ses disciples de la puissance. Je recherchais ses déclarations, concernant le Saint-Esprit. Dans les jours de détresse, l’œil repose sur des promesses précises, et les récits bibliques traitant de l’objet qui nous préoccupe, prennent un intérêt nouveau. Nous méditons l’Histoire Sainte. Jésus a dit cette Parole pour tous les disciples: "Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir" (Jean 16:13).

J’avais alors un compagnon qui avait plus d’intérêts charnels que spirituels, Je lui fis part du désir brûlant de mon âme, et nous nous mîmes d’accord de demander ensemble le Saint-Esprit. Mais il ne persévéra pas. Déjà après quelques jours, il dit: "Dieu le sait maintenant, s’il désire nous donner son Esprit il le fera; la chose ne se laisse pas forcer". Mon zèle l’avait effrayé; il renonça à demander, pour pouvoir demeurer tranquillement dans sa vieille nature. Je ne persévérai que plus sérieusement auprès du Seigneur. Pour moi, il était évident que Dieu veut donner le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. Peu à peu, mon désir devint si intense que, jour et nuit, je ne pouvais penser à autre chose. La tête et le cœur étaient remplis de cela. Je n’avais qu’une seule pensée: prière, supplication et plénitude de l’Esprit. Plus je priais, plus mon cœur semblait se vider et se refroidir. Je devais croire sans rien sentir, m’appuyant uniquement sur la Parole de la promesse. "Dieu veut — et je veux également" me dis-je, c’est pourquoi: continuons à prier! Lui-même tiendra parole, Jésus se porte garant pour moi. Tout fermé que semblait être le ciel, tout sec et aride que demeurait mon cœur, je continuais néanmoins de lire et d’implorer. "N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération". La confiance ne chancela point.

A nouveau, j’étais agenouillé aux heures matinales. Seigneur, pourquoi ne réponds-tu pas? Dois-je cesser de te prier ainsi? Es-tu en colère contre moi? Veux-tu me renvoyer à vide, après un si long combat? Dois-je tenir avec la force que j’ai et faire ton oeuvre dans la faiblesse, aussi bien que je le puis? Oh, remplis de l’Esprit-Saint ton disciple fatigué! Fais-le à ton honneur! Il fit grâce et me regarda. Le ciel s’ouvrit autour de moi, une mer de lumière m’environna. Une vague de feu pénétra lentement en mon esprit, mon âme et mon corps. Vague sur vague, l'Esprit-Saint m’inonda, et prit possession de moi. Ma prière était exaucée. La plainte se transforma en louange et adoration. Jésus, Jésus, rien que jésus! Je dus le répéter toujours à nouveau. Lui en moi, et moi en lui. Dieu est présent. La réunion avec le Fils et avec le Père devient intime dans l’Esprit-Saint. Ce que nous confessons, je l’éprouve maintenant. Je me sentis en Dieu; auparavant, je n’avais jamais pu lui parler si ingénument et si simplement. Le monde sensible recula, le ciel descendit dans mon être intérieur. Je pouvais reconnaître ce qu’est l’état normal. Durant des mois, j’expérimentais la parole du psalmiste: "Tu m’entoures par derrière et par devant, et tu mets ta main sur moi" (Ps. 139:5). Avec toutes ses activités, le jour était un repos en Jésus; tout passait par lui, et sans lui rien ne se faisait. La nuit était comme un instant, s'endormir en lui, et se réveiller selon la Parole: "quand je me réveille, je suis encore avec toi!" Je pouvais véritablement dire: "Le Seigneur est le soutien de ma vie". Et si j’allais dehors, je voyais quelque chose de la splendeur de Dieu; la nature était comme imprégnée de lumière céleste. Pour moi, le nom "Jésus" resplendissait en tout. C’était un temps précieux. La paix semblait transfigurer la nature. Était-ce l'image reflétée par mon cœur, ou était-ce un oeil ouvert pour ce qui est resté du paradis, dans ce monde perdu?

Dans mon travail, j’étais sensible à la présence de Dieu. Pendant que j'écrivais ou que je lisais, le Seigneur pouvait me dire: "un tel vient, une telle approche et porte ceci ou cela sur le cœur". Généralement, je reçus alors une vision de la situation de la personne en question, et un ordre: ce que je devais dire. Comme la nature, ainsi les cœurs humains me semblaient transparents. " Par ta lumière, nous voyons la lumière". Une puissante communication s’était établie avec le monde céleste. En ce temps-là je ne sentais rien des influences de Satan; j’étais comme environné d’un rempart de lumière. Les puissances des ténèbres ne purent traverser cette muraille vivante, et les mauvaises pensées ne pouvaient pas naître dans ce feu divin. La paix était comme un fleuve. Dans mes contacts avec les autres, j’avais de la peine à montrer quelque intérêt pour ce qui n’était pas directement en rapport avec le salut des âmes. Les questions vitales me semblaient toutes résolues par l’unique question: Jésus m’aime! m’aime-t-il? Puis-je dire: lui en moi et moi en lui? Il doit alors posséder ce qui lui appartient, et de ce fait, toutes les questions concernant la vie doivent lui être rapportées. Il veut les résoudre lui-même.

Je trouvais qu’une réelle communion avec le Seigneur était chose rare. Nous confessons être ses disciples, mais notre vie quotidienne, avec ses soucis et ses travaux, n’est pas imprégnée par lui, n’est pas dépendante de lui. Nous prions et ne savons ce que nous devons faire; nous marchons tout en nous demandant si nous ne devrions pas rester sur place. Le Seigneur me fit savoir, qu’il y a souvent un décalage entre la parole et la réalité, et que peu d’hommes sont capables de marcher par la foi. Détaché de la tête céleste, on court le danger de faire son propre chemin, de vivre pour sa profession, fût-ce avec peine et souffrance, ou avec joie et satisfaction. Pour ne pas être dur, je devins silencieux; car il est rare que des disciples de Jésus se laissent corriger, Ils sont vite blessés, se retirent, recherchent une autre compagnie. Même la marche dans la sanctification contribue à les irriter; ou alors, ils disent: oui, mais celui-là est une exception. Dieu se révèle à lui, les autres ne peuvent le suivre, car chez nous, les choses se passent très naturellement. Ainsi pense-t-on pouvoir s’en acquitter. Celui qui vit et qui marche selon l’Esprit, doit veiller à ne pas être entièrement délaissé et évité par ses compagnons de route. La masse des croyants se contente d’une certaine connaissance de la vérité, et elle a grand peur de l’approfondir, peur aussi d’une vie vécue dans la puissance de la foi. C’est pourquoi, le fait d’être en communion avec l’Esprit, et de marcher dans la lumière, apporte également la souffrance. Nous voulons être aimés et compris. Pour cette raison, la puissance de l’Esprit diminue rapidement. Sil se forme des cercles, petits ou grands, de personnes voulant se consacrer totalement au Seigneur, il sera plus facile de conserver la plénitude de l’Esprit. Ma propre expérience me donne la joie d’espérer pour beaucoup, et de prier. Le Saint-Esprit est là, demandez qu’il vous remplisse!" Telles sont les paroles de Markus Hauser.

La conséquence pratique de ce baptême de l’Esprit fut un merveilleux réveil, où des masses de pécheurs se convertirent; tandis que son compagnon charnel resta les mains vides.

texte extrait de: "Le baptème de l'Esprit tel qu'il est enseigné et vécu, 1ère partie" Christian Röckle, Ed. Philadelphia