Les Etats-Unis et Israël avaient claqué la porte de la précédente et historique Conférence de l'ONU contre le racisme qui s'était déroulée en 2001 à Durban, en Afrique du Sud, après des débats houleux avec des Etats musulmans sur le traitement des Palestiniens par Israël et sur l'antisémitisme. Les réticences américaines se sont poursuivies durant la préparation ces derniers mois de la Conférence dite de "Durban II", qui doit assurer, à Genève, le suivi de celle de Durban I. En jeu : le contenu de la future déclaration finale, réaffirmant les conclusions controversées de celle de Durban. Facteur aggravant : la présence attendue, lundi à l'ouverture de cette nouvelle conférence, du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a qualifié à plusieurs reprises l'Holocauste de "mythe" et multiplié les déclarations hostiles à Israël, dont il a réclamé la destruction.
Aussi, samedi, le département d'Etat a-t-il clairement fait savoir que les Etats-Unis "ne participeront pas" à cette nouvelle Conférence de l'ONU sur le racisme, la déclaration finale contenant des passages qu'ils "ne peuvent pas accepter". L'Australie fera de même. Et en Israël, on dénonce déjà la rencontre prévue dimanche soir entre le président de la Confédération suisse, Hans-Rudolf Merz, et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Fébriles négociations entre Européens
Les négociateurs présents dans la capitale suisse avaient pourtant indiqué vendredi que les pays occidentaux et la plupart des pays musulmans avaient accepté le projet de déclaration finale de la Conférence, qui a aplani les questions les plus controversées relatives aux discriminations religieuses, à Israël et au Proche-Orient. Mais selon le porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, si Washington "applaudit les progrès" réalisés sur le nouveau projet de déclaration finale, "amélioré de façon significative" par rapport aux versions précédentes, celui-ci ne répond toujours pas aux inquiétudes américaines. "Le texte contient toujours des passages réaffirmant en totalité la déclaration de Durban et le Programme d'action de 2001, que les Etats-Unis ont depuis longtemps dit ne pas pouvoir appuyer", a-t-il souligné. Il a également critiqué des passages singularisant le conflit du Proche-Orient et d'autres allant à l'encontre des engagements américains en faveur d'une totale liberté d'expression.
Les Européens hésitent encore sur la conduite à tenir. Vendredi, Bernard Kouchner a envoyé une lettre à ses homologues du continent pour tenter d'unifier la position européenne. Des consultations se poursuivent ce week-end sur une décision de participer ou non à la Conférence, et sur le niveau de cette éventuelle participation. Une conférence téléphonique a réuni samedi les chefs de la diplomatie français, allemand, britannique, néerlandais et tchèque. Un nouvel entretien devait avoir lieu ce dimanche.
D'après agences













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