Lors d’un débat philosophique consacré à la décadence***, l’un des participants suggéra de définir la décadence comme un état transitoire d’une société qui a perdu ses valeurs fondatrices, fondamentales et structurantes. Les sociétés antiques ont été affectées par ce phénomène qu’elles ne comprenaient pas comme décadence mais différemment. Ces valeurs structurantes, elles ont été portées le plus souvent pas les élites dirigeantes, qui en furent les vestales, assurant notamment le respect des dieux, des cultes ; des gouvernant soucieux également des savoirs, des cultures et de la langue. On sait combien Alexandre, pourtant libéral dans ses desseins ethniques, tenait à ce que le grec soit la langue de l’Empire. Même préoccupations pour les élites impériales romaines dont on connaît, à une époque, les réticences à s’imprégner de la culture hellène. Mais rien n’y fit, Rome s’est hellénisée, le stoïcisme est devenu la philosophie officielle des élites alors qu’une transition douloureuse vit l’avènement d’une nouvelle religion, le christianisme. Et ce fut la chute, ou la transformation, si l’on accepte la thèse de Marrou sur le sens de la décadence et de la chute de l’Empire à partir du IIIème siècle.

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