Immigration
"Entre les murs", une tragédie sur l'incapacité totale de l'école à faire naître la loi dans les classes Fondation Pour l'Ecole
Posteur: nicolas | 25 mar 2009 à 09:11 | 411 mots | lu 1146 fois | 9 commentaires
NDLR: J'ai regardé hier ce film insupportable, qui reçut la Palme d'Or à Cannes en 2008. Les mots me manquent pour décrire les sentiments contradictoires qui m'ont assailli en voyant des scènes d'un autre âge et d'un autre lieu, qui pourtant se passent de nos jours, en France . En voici une critique intéressante
En plans serrés pleins de sollicitude, Entre les murs, film juste et sans tricheries, ne masque pas les rugueuses difficultés et les moments de grâce de la vie d'une classe. Mais enfin, si touchant soit-il, le film nous met devant un échec. Cet échec ne donne pas envie de dénoncer les carences du système, car chacun s'épuise à faire au mieux. On ne peut y dénoncer un adulte démissionnaire, une administration aveugle, ni même des profs solitaires et usés. Qu'est-ce, alors, qui ne va pas ? La nasse où se trouvent pris les personnages, entre les murs, tient de la tragédie plus que du documentaire sociologique.
Toute tragédie naît à l'intersection de la loi et de l'honneur. Le mot respect, que chacun se renvoie, est le noeud qui lie cette tragédie. Entre les murs, des injures aux sanctions, en passant par le douloureux dialogue aussi bien que par la longanimité, est un film sur la naissance impossible de la loi. Écoutons ce que dit Boubakar, un élève, et qui désarçonne son professeur. Le professeur tente de faire découvrir par eux-mêmes aux élèves le sens du mot honte. Boubakar raconte alors qu'il n'a pas osé manger devant la mère de son meilleur copain, précisément parce qu'il la "respecte" et que manger avec elle ce serait "la honte" François, le professeur, reste pantois devant cette anecdote pour lui indéchiffrable et l'interprète avec une sotte ironie : on retiendra, dit-il en se tournant vers la classe pour la faire rire, que si Boubakar mange avec quelqu'un c'est qu'il ne le respecte pas. Le garçon, déjà bien embarrassé pour s'exprimer, ne sait comment rattraper ce malentendu…
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Ah, là , là ! Qu'il est doux le souvenir de l'école d'antan. Où les enseignants enseignaient et où les élèves apprenaient et travaillaient. Où les parents marchaient de concert main dans la main avec le corps enseignant. C'était il y a plus de 40 ans...
Bientôt un demi-siècle de débandade en laxisme, de démagogie en démission, de myriades de mesurettes successives s'annulant les unes les autres, de classes composées dont on ne sait même plus combien de nationalités différentes, dont certains ne parlent ni ne comprennent un seul mot de français !!!...
Comment pouvait-on éviter la chute libre absolument dramatique du niveau dans de telles conditions. Un petit témoignage très très parlant :
J'ai un neveu de 15 ans qui jusqu'en 3è dans un collège public du 77 limite 93, a toujours passé pour un élève "très brillant", pas de notes en dessous de 15/20 dans toutes les matières... Mais ses parents, craignant le pire pour la suite, à juste titre, se sont décidés à l'inscrire dans un lycée privé catholique à partir de la 2de en vue du bac. Et là , patatras ! Depuis septembre dernier, il ne parvient même pas à gratter la moyenne dans ses matières de prédilection. C'est pourtant un adolescent extrêmement sérieux (trop même), soucieux de son avenir, de faire du mieux qu'il peut, et très surveillé par ses parents ! Eux-mêmes sont tombés de très haut... Ils ont pris soudainement conscience de l'invraisemblable laxisme qui prévaut dans l'enseignement public à l'ombre de la barre haut placée qui prévaut toujours dans le privé, telle qu'elle était il y a plus de 40 ans...
Pour une douche froide, c'est une douche froide ! Mais ma sœur a vite compris et je me suis joint à elle et son mari pour encourager leur fils à "s'accrocher". D'ailleurs, lui-même a parfaitement compris ce qui se passe : "Alors, c'est de la daube toutes ces notes que j'aie eues jusqu'en 3è ?"... Sans commentaires.
Encore une fois, tout cela procède d'une stratégie planifiée de longue date qui consiste à infantiliser, déresponsabiliser, encourager à la rébellion toute une génération qui, forcément, ne trouvera nulle part sa place dans la société sinon par le "système D" ou, hélas, bien pire. Les toutes dernières statistiques du chômage sont particulièrement éloquentes.
Alors je suis "partagé" quant à l'étalage ciné-médiatique de ces turpitudes, entre ce film-là et celui, avec Adjani, dont on ne cesse de nous rebâttre les oreilles aujourd'hui. Je doute fort du pouvoir "pédagogique" de ces démonstrations, sinon bien entendu à en glorifier et banaliser, une fois de plus, l'indicible. Et donc d'en "institutionnaliser" la "norme"... C'est, là comme ailleurs, une des caractéristiques de la Fin des Temps.
Très belle analyse de JN Dumont. Pour ma part la séquence centrale du film est un conseil de classe où Frédéric, le prof d'histoire-géo présenté comme un peu réac, dit à François: "ton truc, c'est acheter la paix sociale". Tout est dit. L'échec est consommé.
Nicolas, je ne suis pas tout à fait d'accord pour avoir classé cette note dans la rubrique "immigration". Certes, la classe est largement "multiculturelle" et la question de l'intégration corrélée à celle de la langue est bien présente (cf la mère de famille africaine qui ne parle pas français), mais le film poste plus spécifiquement sur un type d'enseignement. Le problème est peut être avant tout social;
j'avais oublié :la gauche confond toujours tolerance et laxisme (bien relayée par la droite dans la pensée unique)rien de tel pour détruire les fondements d'une societé
@YvesD:
Je suis navré que tu en arrives à faire la promotion de l'enseignement privé catholique!
La sélection y est aussi naturelle que dans le Darwinisme...qui y est d'ailleurs fort bien enseigné.
Quant aux autres aspects "chrétiens"...après ma "conversion",je n'ai tenu que 5 ans.Il est beaucoup plus facile d'évangéliser dans le "public"!
Faut-il également rappeler que ce type d'enseignement n'est pas non plus "privé":les professeurs sont payés par l'Etat,donc par l'ensemble des contribuables(y compris les parents d'élèves de ZEP),et les subventions pour équipements (ou parfois pour voyages en Angleterre,Allemagne,Espagne,USA...!)sont accordées par les collectivités locales,donc à nouveau par tous les contribuables(y compris les parents d'élèves de ZEP).
Cela s'appelle la justice des hommes,et l'enseignement est dégradé ou pervers "entre TOUS les murs"
Je suis toujours sidéré de la manière subtile tout autant que perverse qu'ont certains à déformer et orienter les propos. Où ai-je fait la "promotion" de l'enseignement catholique ? Je parle de faits, point-barre ! Et surtout de résultats, et là , il n'y a pas photo... Ce lycée privé dont je parle obtient 95% de réussite au bac et avec avalanche de mentions.
Quant aux questions soulevées dans le post 4, ma sœur et mon beau-frère s'en contrefichent totalement. Ils sont les seuls de la famille à n'être encore pas passés par la nouvelle naissance, ils ont donc une vision humaniste des choses. Mais ils font de leur mieux pour tenter d'arracher leur fils à la spirale de l'échec.
Et cessons de faire dire aux autres ce qu'ils ne disent pas et ne pensent pas !
Yves,
Quand tu écris:"Ils ont pris soudainement conscience de l'invraisemblable laxisme qui prévaut dans l'enseignement public à l'ombre de la barre haut placée qui prévaut toujours dans le privé,telle qu'elle était il y a plus de 40 ans..."
...OK,tu ne fais pas de promotion!Mais seulement une comparaison à l'avantage d'un système!
Mais revenons aux faits:
Il existe des lycées privés qui ont "100%" de réussite au Bac!C'est parce qu'ils ont effectivement fixé la barre très haut...par la sélection intellectuelle et financière à l'entrée!(au fait,c'est interdit dans le Public!)
Par ailleurs,il existe des lycées privés plus "accueillants" qui se contentent de 90%,c'est à dire le même pourcentage que les lycées publics (avec moins de moyens!)
C'est aussi un fait!(dans ma ville en tous cas)
Ceci étant dit,c'est dramatique de donner un Bac qui ne vaut rien à autant de jeunes qui ne pourront rien en faire!(Ah si!..il y aura une nouvelle sélection par l'argent et le milieu culturel dans l'enseignement supérieur!)
Enfin,pour ne pas être trop long,un autre fait:
Moi aussi,j'avais 15 à 17 de moyenne dans mon collège de banlieue..et il était catholique privé!Mais en arrivant au lycée en ville (lycée catho-privé bien sûr)...je n'étais plus le premier,et 11(onze) était une bonne note.
And do you know what? C'est la même chose aujourd'hui!(Je le sais,j'ai été directeur des études et j'ai fait de la sélection pour l'entrée en seconde sur les élèves en provenance des collèges de "l'extérieur").
Désolé d'avoir parlé de "faits"(point-barre) d'une "manière subtile tout autant que perverse".
Désolé aussi pour ceux qui ont dit ce qu'ils ne pensaient pas,mais ils l'ont dit quand même.
J'aurais bien aimé ne pas venir discuter en vain,ni prétendre avoir le dernier mot,mais seulement apporter d'autres faits,afin que l'on comprenne bien que le problème est "entre TOUS les murs"!(bis repetita)
Quand il est écrit:"les hommes seront égoïstes,amis de l'argent,fanfarons,orgueilleux,blasphémateurs , rebelles à leurs parents,sacrilèges,insensibles,
implacables,calomniateurs,sans frein,cruels,ennemis des gens de bien,traîtres,impulsifs,enflés d'orgueil,aimant leur plaisir plus que Dieu..."(2 Tim3:2à 4)
...il n'est pas précisé dans le public ou dans le privé.
YvesD, ce que Jean Yves soulignait c'était la sélection sur dossier dans les écoles cathos. C'est choquant en effet pour des établissements percevant de l'argent public.
Mais, enfin ! Je ne fais pas de "comparaison" à l'avantage d'un système !!! Je constate des faits ! De plus, mon neveu a été sélectionné sur son dossier scolaire, et non sur l'épaisseur du portefeuille de ses parents, qui est plutôt mince...
L'article ci-dessus met en lumière la ruine de l'enseignement public par le biais de ce film. C'est un lieu commun constaté de toutes parts. Qu'il existe encore des collèges ou lycées du public du niveau d'établissements privés, eh bien, réjouissons-nous ! Mais il serait bon d'en dresser une liste qui à mon avis, tient à l'aise sur une feuille A4 pour toute la France...
Que les établissements catholiques soient ceci ou celà , ce n'est pas le sujet de l'article. On ne va pas se lancer dans un débat spirituel qui n'a rien à faire dans le cadre de cet article. On sait tous ici ce qu'est le catholicisme et je suis le premier à en dénoncer sans relâche l'apostasie. Ma sœur et mon beau-frère, qui, encore une fois, ne sont pas nés de nouveau, ont repéré ce lycée privé par ouï-dire et sur ses résultats tant sa réputation déborde largement les limites de sa circonscription.
Et comme il n'existe pas d'établissements de ce niveau conformes à nos critères spirituels évangéliques (du moins en nombre significatif), chacun est bien obligé de se débrouiller avec ce qui existe. Même si c'est hautement contestable sur d'autres plans. Là -dessus, on est bien d'accord.
Et oui,l'enseignement fait ce que je dis et ne fait pas ce je fait.Si vous etes morts avec Christ aux principes élémentaires du monde,pourquoi,comme si vous viviez dans le monde,vous impose-t-on ces préceptes:Ne prends pas!ne goute pas!ne touche pas!préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abus,et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes?Ils ont,en vérité,une apparence de sagesse,en ce qu'ils indiquent un culte volontaire,de l'humilité,et le mépris du corps,mais cela est sans valeur réelle et ne sert qu'à satisfaire la chair.qdvb