Le diagnostic préimplantatoire (DPI) suit la fécondation in vitro. Il est présenté comme une « alternative douce » à l'avortement médical suivant éventuellement un diagnostic prénatal qui a pour but de détecter in utero chez l'embryon ou le fœtus une affection d'une particulière gravité. Le prochain volume du DBS y sera consacré.
Dans La médecine du fœtus(1), le Pr. Boué, après avoir exposé ce qu'est le diagnostic prénatal (DPN), se tourne vers l'avenir et le diagnostic génétique alors interdit en France et qui faisait l'objet de recherches. Pourtant favorable au DPN, il sous-entend le risque du DPI : « Dans certains cas, il serait possible, pour des raisons éthiques que ce ne soit pas possible » (p. 179). Plus loin il aborde la question de l'absence de certitude absolue sur le futur statut génétique de l'enfant, en disant qu'il est possible qu'il y aura « des divergences entre le caryotype de l'embryon et celui de la cellule prélevée » (p. 185).
Le CPDH a déjà eu l'occasion de traiter du DPI simple ou en vue d'obtenir un « bébé-médicament » à l'occasion de l'un ou l'autre fait d'actualité. Ce volume permet d'approfondir le plus simplement possible la question au niveau technique et de regrouper quelques unes des objections éthiques opposées à ces techniques. Il abordera notamment la crainte d'une sélection génétique et de l'eugénisme, ou encore l'importance démesurée de la médecine prédictive. Le premier forum des Etats généraux de la bioéthique (Marseille le 09 juin) sera notamment consacré au DPI.
LE DIAGNOSTIC PREIMPLANTATOIRE
LA BIOPSIE EMBRYONNAIRE
Résumé
La biopsie embryonnaire consiste à prélever des cellules sur l'embryon en vue d'établir un diagnostic.
ASPECTS TECHNIQUES
Le DPI suppose qu'il y ait une fécondation ex utero, c'est-à -dire in vitro ; par définition il ne peut être pratiqué que dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation(2). Il en constitue une étape qui n'est ni nécessaire ni automatique.
Trois jours après la fécondation de plusieurs ovocytes, l'embryon in vitro est au stade de blastomère(3) ; il est constitué de 6 à 8 cellules dont deux sont alors généralement prélevées après ces 72 heures. Il peut également y avoir, au cinquième ou au sixième jour, prélèvement de cellules trophoblastiques, c'est-à -dire d'un film entourant l'embryon, alors devenu blastocyste. L'opération de prélèvement est la biopsie embryonnaire.
Une fois le blastomère stabilisé au moyen d'une pipette de contention, deux cellules embryonnaires sont aspirées à l'aide d'une pipette de biopsie de 35 micromètres ou micropipette. Ce prélèvement se fait après la perforation de la membrane ou « pellicule »qui maintient les cellules ensembles.
Le perçage de cette zone pellucide peut être réalisé par l'injection d'une solution de tyrode acide ou par l'utilisation du laser. Les cellules de l'embryon étant à ce stade totipotentes c'est-à -dire capables de se différencier en tout types de cellules, le prélèvement est censé être sans incidence sur le devenir de l'embryon. L'embryon reste dans un milieu de culture où il continue son développement pendant l'analyse des cellules prélevées.
QUESTIONS ETHIQUES
- Peut-on manipuler l'embryon sachant que cela est risqué ? L'embryon est temporairement exposé au milieu extérieur, ce qui n'est pas sans risques : il peut y avoir une dégénérescence, via des lésions, sur les blastomères ou cellules au sein de l'embryon. Outre ce risque de contamination, existe un risque génétique par l'obtention d'un embryon mosaïque si un seul blastomère a été biopsié, c'est-à -dire un embryon dont le matériel génétique des cellules n'est pas identique.













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