Contrairement aux clichés qui leur collent à la peau, les évangéliques ne sont pas des opposants bornés à toutes les théories héritées de Charles Darwin. L’année du 200e anniversaire du père de la théorie de l’évolution des espèces, ils sont pourtant régulièrement taxés de créationnistes purs et durs.

Des évangéliques ambivalents
Un petit sondage réalisé par la rédaction du Christianisme Aujourd’hui dans trois communautés protestantes en Suisse et en France, révèle premièrement que l’existence des dinosaures n’est quasiment pas contestée (si ce n’est de manière marginale parce qu’on ne sait pas toujours où les mettre dans le récit biblique). L’échantillon sondé (150 personnes) s’est par contre montré réfractaire à l’idée d’une terre très ancienne (50% contre, 25% indécis) et plus encore à l’idée d’une filiation commune entre homme et singe (70% contre, 15% indécis). Pour les scientifiques, l’un ne va pas sans l’autre. Alors pourquoi cet écart dans l’échantillon ? Sans doute parce que la question de l’origine de l’être humain (sa nature spirituelle) nous touche de plus près.

Les évangéliques sont plus nombreux (35%) à préférer le récit d’une création en six jours (à celui en milliards d’années) qu’à en tirer la conséquence logique que la terre a quelques milliers d’années seulement (22%). Les «six jours» du premier chapitre de la Genèse gardent donc une grande influence, un cadre fort, même si on les lit symboliquement. De toute évidence, les évangéliques continuent à se fier à la Bible en matière d’origines. Mais ils ont intégré certains acquis scientifiques à leurs convictions.