Bonjour Ludovic.
J’espère que ce qui va sortir de l’enquête de Madame Isabelle Souquet, ainsi que de cette émission radio, sera un bon témoignage à la gloire de Dieu.
Personnellement, sans vouloir le moins du monde refroidir l’enthousiasme de votre appréciable commentaire, je lui suggère néanmoins un peu plus de réalisme.
Donc, en Europe comme ailleurs, les Evangéliques sont, je vous cite : - en plein boum - Tant mieux.
En outre, en France, ils seraient, je vous cite toujours :
- près d’un demi million de fidèles, souvent issus de l’immigration ou des classes défavorisées -
Et si ces fidèles issus de l’immigration étaient absents, quel effectif resterait-il dans nos Eglises… ? Le plein boum ?
Heureusement qu'ils sont là .
J’ignore ce que va trouver Isabelle Souquet dans les Eglises Evangéliques Françaises, mais j’ose espérer que pour séduire, le niveau découvert sera légèrement plus élevé de celui que vous révélez... ? Nous verrons…
En tout état de cause, il est exact que dans les Eglises Evangéliques Françaises ADD, par exemple, l’effectif des frères et sœurs Africains est fort important.
Dans celle que je fréquente, par exemple, il est croissant, alors que celui des frères et sœurs autochtones diminue.
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En ce qui concerne ce que vous appelez : - l’absence d’autorité autre que locale -
Je suggère une nuance sur ses effets que vous supposez à priori préférables. D’autant que si effectivement, il n’y a pas de Pape chez les Evangéliques Français, les sous Papes existent à la tête des Eglises locales.
Je confesse humblement qu’il m’est parfois arrivé de me demander si un seul Pape ne serait pas, tout compte bien fait chez les Evangéliques, préférable à la multitude des sous Papes locaux officiants… ?
Dans le Mouvement ADD ou je me trouve, l’Autorité locale possède le titre statutaire de Pasteur Président de Droit de l’Eglise, octroyé exclusivement par des congénères réunis en Convention.
Dans l'Eglise que je fréquente, il est parfois rappelé en public lors du culte , que ces Pasteurs possèdent un Ministère venant directement de Dieu, et qu’ainsi, Dieu seul peut toucher aux Ministères en place.
Alors, plein boum ? Pape ou sous Papes ?
Joseph C.
Bonjour,
J’apporterai si vous le permettez quelques commentaires :
Je dirais que le « plein boum » des églises évangéliques est relatif : il y a d’autres églises qui se réclament du Christ qui, elles, se vident ou sont (tout simplement) moins médiatisées. Nombreuses sont les églises issues de la Réforme et qui ne sont PAS évangéliques au sens « américain » du terme. Je cite, dans le désordre : les églises baptistes, darbystes, mennonites, évangéliques libres, le mouvement tzigane Vie et Lumière, etc. et je ne les connais pas tous… Et qui osera dire que ces frères et sœurs ne sont pas sauvés, par la même grâce, par le même sang, et par la même foi que « nous » ?
L’article parle de « près d’un demi-million de fidèles », ce qui fait tout de même … 0, 5 % de la population (la France est donc une terre de mission , au même titre que l’Afrique ou l’Asie !), ils sont « issus de l’immigration ou des classes défavorisées ». Mais ce n’est pas nouveau : l’apôtre disait déjà en son temps :
« Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles… » (1 Co 1/26-29). Qui a dit que l’église doit être riche ?
Il est vrai qu’on a toujours tendance à regarder à côté de chez nous pour voir où et comment les choses « bougent ». Cela veut dire que souvent les gens confondent
« ambiance » et « présence de Dieu », ce qui est dommage.
Mais même si je suis moi-même né (deux fois) dans une église ADD de la région parisienne, et que je constate que le ratio « Africains » vs « autochtones » (sic) est très en faveur des premiers, je souligne que dans bien des cas, ces frères et sœurs de couleur sont FRANÇAIS(ES) sur leur carte d’identité ! Cependant, cette répartition n’est pas partout identique (allez voir en Normandie ou en Corrèze…) et de plus, les « mégachurches » ne sont pas légion, même en Ile de France, où celles qui existent ne sont pas affiliées au mouvement de Pentecôte.
De plus, un pasteur en visite dans notre église disait récemment : nos frères et sœurs de couleur ont une culture orale, c’est un talent naturel chez eux de parler de leur Sauveur et d’amener des voisins, des collègues, des amis mêmes lointains à écouter l’évangile dans une salle comme celle-ci. Pour nous, les « blancs », c’est autre chose… pour ma part, je veux méditer sur cette remarque, que je trouve fort judicieuse. Quand on parle de témoignage, ils sont présents, et c’est tant mieux. Mais moi qui suis « autochtone », j’ai souvent honte. Le message d’envoi du Christ dit : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28/20) ». Je dois dire que là aussi, il y a beaucoup, hélas, à apprendre d’eux. L’église est le reflet, sinon du Christ, au moins de la population locale. Or la région parisienne n’est plus à majorité « blanche » depuis longtemps… Pour ma part, j’ai des contacts fraternels et très chaleureux avec ces communautés, je n’ai pas honte de partager la foi, le culte, la cène avec eux.
Pour ce qui concerne « l’autorité », je voudrais juste rappeler que le CHEF (la tête) de l’Eglise est et a toujours été LE CHRIST en personne, présent dans chaque lieu par l’ESPRIT SAINT. Pas de Pape c’est vrai, mais là encore la raison est historique, puisque nous ne sommes pas de l’église romaine et que nous ne reconnaissons pas la « succession » de Pierre. Nous sommes aussi, rappelons-le, dans un Etat qui reconnaît la séparation des Eglises et de l’Etat (c’est-à -dire en fait l’indépendance des structures cultuelles et la liberté de croyance et de religion) et c’est un grand bien démocratique, quoi qu’on en dise.
Nos frères et sœurs dans de nombreux pays ne jouissent pas de cette liberté d’association et se trouvent dans des situations difficiles, pour ne pas dire impossibles, quand il s’agit de déclarer une église ou simplement de se réunir le dimanche matin (par exemple, en Algérie, en Chine, et même... en Israël !).
Pour en revenir à la France, la loi du 9 décembre 1905 constitue les églises en associations cultuelles, ce qui veut dire – pour être juridiquement valables – un Président, un Trésorier, un Secrétaire, et une Assemblée Générale par an (minimum) ! Les ADD ont choisi de confier systématiquement le mandat de Président (de l’Association cultuelle) au pasteur en exercice. Et ce mandat N’EST PAS LIÉ à la reconnaissance en convention qui, elle, est doctrinale, et non pas juridique. Les pasteurs reconnus sont « capables d’enseigner », selon 1 Timothée 3/3, Tite 2/2 etc.
Je n’ai pas eu le loisir d’écouter cette émission, mais si cette journaliste est honnête et professionnelle, je n’aurai rien à redire…
Bien à vous et que Dieu vous bénisse,
Pierre