Le symbole est parlant, le Président Barack H. Obama a prêté serment une seconde fois, mais sans la Bible utilisée par le Président Lincoln qu'il avait choisie, sans aucune Bible. La seconde prestation faisait suite à une erreur commise lors de la première. Pour le nouveau capitaine de l'Amérique, seule la seconde vaudrait, c'est ce qui ressort de ses justifications. Juridiquement, cette erreur ne prête pourtant nullement à conséquence, contrairement à ce que prétend vouloir éviter Obama. Cet avocat formé à l'école de Chicago dont les juristes sont connus pour leur habileté tactique, avait peut-être une idée en demandant cette seconde prestation, seule valable pour lui, sans la Bible. Mais il peut aussi n'y avoir aucune raison morale. Le symbole est en tout cas là : le Président n'appliquera pas une politique en faveur du respect de la vie ; il vient de signer un décret favorisant l'aide américaine aux activités de planification des naissances par l'avortement à l'étranger. D'autres mesures devraient suivre concernant uniquement les Etats-Unis. A Washington, la prise de décrets dès les premiers jours de la présidence sert à donner l'orientation de la politique d'un nouveau dirigeant.
Le Président Reagan avait, en son temps, instauré la « politique de Mexico » qui prohibait le subventionnement d'organisations promouvant l'avortement. La règle de Mexico valant même si les activités pro-IVG étaient financées par des sources privées, l'administration Reagan et Bush Sr refusait toute assistance financière à ces organisations, même pour des activités sans rapport avec l'avortement. La politique de Mexico tire son nom d'une Conférence sur la population organisée sous l'égide de l'ONU en 1984 dans la capitale mexicaine.
Le Président Clinton revint sur la mesure, mais le Président George W. Bush la réinstaura. Barack Obama avait affirmé durant sa campagne qu'il lèverait ces interdictions au nom du droit des femmes à décider ce qui serait le mieux pour elles, tout en disant qu'il n'approuvait pas l'avortement. L'ambigüité du propos était censée rassurer et les féministes et les défenseurs de la vie. Financer ces mesures à l'échelle internationale est un prélude, avant de signer, comme promis, l'éventuelle loi dite « Foca » (Freedom of Choice Act) qui vise à empêcher les Etats fédérés de limiter les possibilités de recours à l'avortement, à défaut pour eux de pouvoir l'interdire. L'administration Obama devrait également prendre des décrets en faveur de la recherche sur l'embryon.













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