Le climat social est actuellement marqué par la polémique qui a suivi la proposition du 23 novembre 2008 du ministre du Logement, Christine Boutin, d'héberger de force les personnes sans domicile fixe quand la température est inférieure à 6 degrés. L'idée avait été lancée après la découverte du cadavre de l'une d'entre elles. Pour couper court à la controverse, le Premier ministre a partiellement désavoué Mme Boutin. Cependant, suite à un soutien nuancé de la part du Président de la République, le ministre quelque peu critiqué affirme le devoir des pouvoirs publics de porter assistance à ces personnes démunies : « Voulons-nous dans un pays comme la France, 5ème puissance mondiale, laisser mourir des gens au motif de leur liberté dont je ne suis pas certaine qu'ils peuvent l'exercer ? »
Le 11 décembre, suite au décès d'un autre sans-abri, le ministre a redit sa volonté de rendre obligatoire l'hébergement d'urgence. Il y a 100 000 SDF en France, mais la mesure ne concernerait évidemment qu'un faible nombre, la majorité des concernés ne refusant pas un abri provisoire.
Chaque année, le débat sur l'hébergement des plus précaires resurgit dès les premières baisses de température et les premiers décès. La publicité qui lui est donnée comprend probablement des aspects politiciens sur lesquels il n'est pas édifiant de s'attarder. En revanche, l'opposition présumée entre la liberté de prendre le risque de mourir et l'obligation d'empêcher cette prise de risque appelle une réflexion.
L'Etat a-t-il le devoir de passer outre la volonté d'une personne dépourvue de toit et de lui imposer des restrictions à sa liberté en vue de la protection de sa vie ?













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