
Gianfranco Fini n'est pas seulement un vieux ''fasciste'', donc au final un allié de Mussolini (qui était opposé à l'Église sur plusieurs points), mais il est aussi un ''sioniste'', qui appuie les mesures extrêmes contre les Palestiniens !
Les juifs contemporains reprochent essentiellement à l'Église de s'intéresser au sort des Palestiniens, ça qui n'a rien à voir avec 1938 ou 1939, c'est aujourd'hui les crimes contre l'humanité, c'est maintenant les ''lois raciales'' dans les camps de Gaza.
Ce n'est pas banal ça, même les sionistes ''modérés'' (et donc non-fascistes) peuvent voir que les traitement subi dans lesdits territoires est ''inhumain''.
Bonsoir Gromi,
Il serait intéressant de savoir ce que tu penses des « efforts » faits par le Vatican pour protester contre les camps d'exterminations où les juifs ont été exterminés par millions. Parce qu'on ne l'a pas beaucoup entendu s'exprimer sur ce sujet à l'époque...
Personnellement, je trouve que Fini a le courage d'aborder de front ce problème historique et qu'il mériterait d'être écouté, plutôt que de chercher à le dénigrer en détournant le sujet sur Gaza. Mais le Vatican aura-t-il la franchise de reconnaître enfin les motivations qui l'ont amené à jouer « profil bas » dans cette affaire?
Puisque tu parles des territoires palestiniens, n'oublions pas tr op vite qui sont ceux qui exercent là bas une discrimination meurtrière en directions des chrétiens (un pasteur, responsable de la librairie chrétienne de Gaza a été assassiné récemment...), et encore plus contre les chrétiens issus de l'islam, qui risquent leur vie s'ils osent déclarer publiquement leur foi en Christ.
Je vois que dans le monde les gens commencent à prendre conscience des manquements de l’Eglise et le vendredi 26 sept. 2008, j’ai lu un article dans « La Libre Belgique » qui remet en question l’attitude de l’Eglise Catholique pendant la 2ème guerre mondiale et particulièrement celle de Pie XII… M. Dirk Verhofstadt a écrit un livre sur le sujet et lors d’une interview à ce quotidien belge, il déclare notamment : « …Il (le Vatican) aurait pu éviter l’ampleur du drame en prenant davantage position. Car même dans la SS, il y avait encore 23% de catholiques, sans parler des milliers de croyants dans la Wehrmacht. Le plus grave est que ces catholiques nazis n’ont pas été freinés mais encouragés par un grand nombre d’évêques. Sur le front de l’est, il y avait presque 1000 aumôniers aux côtés des troupes. Non pas pour les ramener aux principes du message chrétien mais pour les encourager à poursuivre le combat et à le gagner au nom du régime nazi. Les cardinaux savaient aussi parfaitement ce qui se passait : un rapport de fin novembre 42 de Mgr Faulhaber (Munich) qui était un proche du pape Pie XII, parle explicitement de la question juive et des atrocités commises par la SS (les Einsatzgruppen) en Russie… » « De même, Pie XII n’a rien fait là où il aurait pu agir avec une certaine force : à propos de la Shoah hongroise qui intervient très tard dans le déroulement de la Seconde Guerre en 1944 : il n’est vraiment intervenu que 21 jours après la libération de Rome par les Alliés, le 4 juin 1944. Entendez qu’il n’y avait plus de danger à ce moment là de le voir pris en otage ou de voir le Vatican bombardé comme on l’a parfois dit à cette époque. Pire, le pape Pie XII fut le seul chef d’État à recevoir en audience le dictateur croate Ante Pavelic » « (Mais) je n’oublie jamais non plus tous ceux qui au sein de la même institution ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs… Mais à côté de ces (rares) actes de bravoure, de courage, pouvez-vous vraiment imaginer, comme on a voulu le faire croire, que le Cardinal Van Roey n’était pas au courant des déportations alors que la caserne Dossin se trouve à quelques centaines de mètres du siège de l’archevêché dans la rue Goswin de Stassart ? » « Je ne suis pas catholique, je ne suis pas croyant, mais la béatification de Pie XII m’interpelle, car imaginez que l’Eglise finisse par s’y rallier, eu égard au passé de guerre. Était-ce alors la volonté de Dieu de laisser commettre ces exactions ? Ce serait une nouvelle gifle pour les Juifs. L’on pouvait aussi penser que ses successeurs auraient admis ce funeste manque de responsabilité. Mais là aussi, la déception a été grande… » En utilisant ces termes « admettre ce funeste manque de responsabilité », on sent cet appel à reconnaître les fautes du passé, à les dénoncer. En d’autres mots, à se repentir…
Des incroyants interpellent l’Eglise aujourd’hui… Ils nous appellent à la repentance… Est-ce que nous saurons répondre à cet appel et nous humilier devant Dieu ?
Je conclus avec les mots de Ruben Berger (en 1998) : «Je suis convaincu que l’esprit de froideur est toujours si pesant sur l’Europe parce que la repentance que Dieu attend de l’Eglise en Europe pour le temps de la Shoah et pour toute l’histoire de l’Eglise de l’Europe n’est pas encore arrivé à ce que Dieu attend de l’Eglise en Europe … sans cette repentance envers Israël et sans reconnaître la place d’Israël dans le plan de Dieu, comme fils aîné et comme « l’arbre franc » de Dieu dans lequel l’Eglise d’entre les Nations a été greffée, l’Eglise risque de rater le plan de Dieu pour le temps de la fin ».
Le silence fut partagé sur l'holocauste
En Europe et dans le reste du monde
Pie XII autorité religieuse des catholiques
Autorités religieuses protestantes ?
Autorités religieuses orthodoxes ?
Juifs sous le mandat britannique en Palestine ?
Juifs américains ?
USA pays libre non occupé ?
Athées communistes et Union soviétique ?
Bernard,
Il ne faudrait pas mettre tout le monde dans le même panier!
Contrairement au système catholique qui n'a jamais pris position clairement sur le problème juif, la fédération protestante par la voix du pasteur Marc Boegner a fait officiellement et clairement savoir son opposition aux lois racistes françaises et a encouragé en chaire l’accueil des réfugiés juifs. Il y a eu des catholiques remarquables qui y ont aussi participés, mais ce n’était qu’à titre individuel, car aucune voix officielle catholique ne s’est positionnée clairement sur le sujet.
Quelques rappels historiques intéressants glanés sur le net à propos de cette période :
L'opposition des protestants aux lois antisémites
La rupture des protestants avec le régime de Vichy est nette dès l'automne 1940, déclenchée avant tout par les lois antisémites d'octobre 1940, définissant le statut des juifs, rupture officialisée en mars 1941. Au nom de l'Église Réformée de France, Marc Boegner écrit une lettre de solidarité au grand rabbin Isaïe Schwartz (26 mars 1941) ; elle connaît une diffusion inattendue grâce au journal ultra collaborateur Au pilori, qui publie la lettre sous le titre « une lettre inadmissible du chef des protestants de France ». Marc Boegner envoie une lettre de protestation officielle à l'amiral Darlan vice-président du Conseil (23 août 1941) : ce dernier lui répond en l'informant qu'allait être promulguée une loi encore plus sévère. Cette première déclaration publique d'une Église chrétienne contre la persécution des juifs, première manifestation de désapprobation du régime, est largement diffusée en zone Sud : elle aura une grande influence sur le comportement des protestants. D'autant plus que, contrairement à une idée longtemps admise, cette politique a bien été faite à l'initiative de Vichy, et non pas dictée par les vainqueurs.
Allant plus loin, le texte des « thèses de Pomeyrol » (septembre 1941), rédigées par un groupe de personnalités (parmi lesquelles René Courtin, Roland de Pury, Georges Casalis, Suzanne de Dietrich, Madeleine Barot, Willem Visser't Hooft, proclament que l'Église protestante doit résister à « toute influence totalitaire et idolâtre ».
L'Église Réformée de France proteste contre la déportation
Lorsque le gouvernement de Pierre Laval, après les grandes rafles de juillet 1942 du « Vel d'Hiv », organise en août 1942 la déportation de tous les juifs français et étrangers arrêtés, le pasteur Marc Boegner proteste officiellement contre la déportation des juifs dans une lettre du 20 août 1942 adressée au Maréchal Pétain. Le 22 septembre 1942 le conseil national de l'ERF adresse aux pasteurs une lettre à lire en chaire le 4 octobre dans toutes les paroisses, qui déclare notamment : « l'ERF ne peut garder le silence devant les souffrances de milliers d'être qui reçurent asile sur notre sol (...). L'Évangile nous ordonne de considérer tous les hommes sans exception comme des frères (...) L'Église se sent contrainte de faire entendre le cri de la conscience chrétienne ». Lors de l'Assemblée annuelle du Musée du Désert, le 6 septembre 1942, réunissant plus de 4 000 fidèles, l'antisémitisme est fermement condamné.
Les historiens ont souvent souligné les éléments rapprochant les deux communautés protestantes et juives : très schématiquement, la sensibilité aux persécutions du passé, un certain élitisme moral et intellectuel, une culture commune du Livre et des Écritures, une organisation collégiale, le refus théologique de toute forme d'antisémitisme.
L'aide aux juifs
Le rôle de la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués) sera capital, apportant aide aux juifs et étrangers internés par Vichy, fournissant faux papiers et organisant des réseaux de passage en Espagne ou en Suisse. Des zones de « refuge » se multiplient dans les régions de forte tradition protestante (Tarn, Cévennes, Drôme) dont Le Chambon-sur- Lignon, village du Vivarais, est le symbole.
Je suis d'accord avec toi Bernard.
Il est vrai que l'Eglise catholique se montrait quelque peu timide face à la persécution nazie... mais que l'Eglise n'avait rien fait, je pense que c'est une injustice...d'ailleurs certains rabins l'ont reconnu recemment au vatican...Pie XII avait fait cacher plus centaines de juifs afin de les protéger des multiples raffles qui s'opéraient..
Mais parlant de timidité, qui ne l'étaient pas? les autorités protestantes d'alors sont dédouanées n'est ce pas?
Dès qu'il s'agisse de l'Eglise catholique on s'en raffole pour critiquer...il faut être objectifs à défaut d'être impartial...
Je crois que toutes les Eglises européennes doivent se sentir culpabilisées par rapport à ce drame qu'ont connu nos amis juifs.
Les racistes d'Europe n'appartenaient pas uniquement à l'Eglise catholique...Beaucoup de protestants européens aussi avaient des attitudes qustionnables lors de la tragédie.
L'Eglise en Général doit demander pardon...même les Evangéliques
Robert,
Je réitère ce que je disais à Bernard : ne mélangeons pas tout!
Si une partie des protestants allemands (en particulier les luthériens) n'ont pas voulu voir où Hitler allait emmener leur pays, d'autres au contraire, ont pris position publiquement très tôt contre ce qu'ils considéraient comme « une nouvelle religion dans laquelle le sang et la race, la nationalité, l'honneur et la liberté sont devenus des idoles. »
Pour éviter de continuer dans la désinformation, voilà le copié-collé d'un article paru en 2005 sur ce sujet :
« Les Églises allemandes ont commémoré le jeudi 17 mars le 70e anniversaire de l'arrestation de 500 pasteurs protestants par la police nazie et la Gestapo pour avoir lu une proclamation antinazie en chaire.
"Ce fut un événement unique dans l'histoire de la lutte de l'Église confessante avec les leaders du troisième Reich", estime l'Union des Églises évangéliques d'Allemagne dans la déclaration diffusée pour marquer cet anniversaire.
On est plus au fait de l’opposition de certains prêtres catholiques à cette même époque, prêtres qui d’ailleurs ont été internés dans les camps qui venaient d’être créés : en particulier Dachau en 1933 et Büchenwald en 1937.
Mais l’arrestation des pasteurs est à peine connue, déplore Wilhelm Hüffmeier, président du bureau à Berlin de l'Union qui regroupe 13 Églises protestantes régionales d'Allemagne.
Ces pasteurs furent arrêtés le 17 mars 1935 après avoir lu une "lettre aux paroisses" mettant en garde contre "le danger mortel d'une nouvelle religion" dans laquelle "le sang et la race, la nationalité, l'honneur et la liberté sont devenus des idoles." La déclaration avait été approuvée deux semaines auparavant par le Synode prussien de l'Église confessante, un groupe de protestants allemands opposés à la politique religieuse menée par Hitler. Le synode avait appelé les pasteurs à la lire en chaire.
Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Wilhelm Frick, avait qualifié cette déclaration "d'attaque sournoise contre le gouvernement et la nation allemande" qui méritait des poursuites criminelles. Refusant de céder aux menaces de la police secrète nazie, la Gestapo, et de la police locale, environ 500 pasteurs ont lu la déclaration et ont été emprisonnés. Selon certaines sources, ils étaient même 700. Le ministre de l'Intérieur qui, selon plusieurs historiens, était allé trop loin, a libéré la plupart des pasteurs quelques jours plus tard.
Pourtant, relève Wilhelm Hüffmeier, "dans la lutte de l'Église contre Hitler, il n'y eut plus de protestation et de manifestation communes comparables à celle-ci contre l'idéologie pernicieuse du national-socialisme". Il a rappelé que l'arrestation 18 mois plus tard de Friedrich Weissler, un responsable d'Église qui avait adressé un mémorandum à Adolf Hitler contenant des critiques similaires, n'avait pas provoqué une telle réaction de l'Église. "Au contraire, Freidrich Weissler est resté emprisonné et a été tué le 19 février 1937 au camp de concentration de Sachsenhausen". Il est aujourd'hui considéré comme le premier martyr de l'Église confessante. »
Je pense que dans une Europe occupée par un totalitarisme d'inspiration national-socialiste (très mauvaise traduction en français car faite mot à mot, une traduction neutre est socialisme-national, ça c'était pour les germanistes) sur lequel vient se greffer en outre une philosophie (sic) avec des concepts raciaux (donc racistes), sans compter un état policier omniprésent, les gens qui ont d'abord voulu puis pu se dresser contre ce "package" ont eu énormément de courage.
Ce que je veux dire c'est qu'il y a eu des personnes libres, non occupées, qui pouvaient dire quelque chose, savoir :
le Royaume-Uni, Churchill, la BBC, l'église anglicane, l'église presbytérienne d'écosse, les juifs britanniques, etc.
Les USA, Roosevelt, la presse libre américaine, toutes les Eglises américaines catholiques, protestantes, orthodoxes, les juifs américains, etc.
L'URSS, Staline, les communistes, tous les partis communistes et affiliés au sein de l'Internationale, etc.
La Suisse et la Croix-Rouge.
Bon j'arrête là ça commence à faire du monde.
Alors que Pie XII porte sa croix mais ne nous défaussons pas sur lui pour lui faire une croix plus grande qu'il n'a, parce que les autres se sont réfugiés aussi dans un silence sur l'holocauste (je préfère le terme américain que celui de shoah, car c'est déjà oublié d'autres victimes).
Pie XII (personnellement il m'indiffère) n'a pas inventé la solution finale dans les couloirs du vatican. Et il me semble que Golda Meir lui a rendu hommage lors du décès de ce pape (un diplomatiquement-politiquement correct ou parce qu'elle savait ce qu'on pouvait lui reconnaitre même si on eu tous préféré qu'il parle plus haut et plus fort, mais était-ce possible ? Seuls ceux qui ont vécu cette époque peuvent le dire).
Et notre fameux Pierre non seulement il a gardé le silence pendant le procès du Christ, mais en outre il l'a renié par trois fois.
Qu'aurions nous-fait ou dit à la PLACE (je dis bien à la place) de Pierre ou de ce Pape (mieux ou moins bien)?
Bernard,
On pourrait appeler ça « botter en touche », non?
Que Pie XII n'ait rien dit contre les lois raciales et l'holocauste, c'est incontestable. Mais après tout (comme tu le fais justement remarquer) ce n'était qu'un homme comme les autres, avec ses faiblesses et ses calculs mesquins. Cependant, ce n'est pas de lui seulement que parlait Fini dans l'article qui est en tête de ce fil, mais de la presque totalité des catholiques italiens qui l'ont suivis dans ses errements dépourvus de compassion.
Et là, une question devrait être posée sans détour : de quel droit cet homme insensible aux malheurs des juifs se permettait-il de se prétendre directeur de la conscience de tous les catholiques ? Pourquoi les évêques et les prêtres ont-ils étouffés leur conscience, sinon parce que ce système babylonien les avait verrouillé dans des « voeux d'obéissance » qui les obligeaient à se taire quand leur chef décidait de ne rien dire et à agir selon ses directives, même si ces ordres étaient opposés à leur conscience et à leur compassion ? Le reste du peuple dont la conscience personnelle était évidement bridée à cause de son habitude de soumission au « saint père », n'a fait que suivre ces mauvais « bergers » sur cette mauvaise pente...
C'est tout le système romain qui a ainsi démontré, une fois de plus, la perversité de son institution pyramidale et dictatoriale qui déjà eu, sur les mains et la conscience, le sang de tellement de croyants fidèles au cours des siècles (Apoc. 17. 6.).
En sachant que toutes les décisions importantes au Vatican sont soigneusement pesées, on peut en déduire que si un jour (improbable!) ses dirigeants reconnaissaient enfin un tort dans cette histoire, c'est qu'ils en auraient calculé le bénéfice... mais sûrement pas parce que leurs consciences les auraient perturbés.
De plus, j'aimerais bien que les mots gardent leur vrai sens. Contrairement à ce que tu dis, ce n'est pas une croix que porte Pie XII dans cette affaire, mais bien une authentique culpabilité qui a laissé derrière elle un sillage de souffrances indicibles et de consciences souillées. N'inversons donc pas les rôles!
Enfin, je trouve particulièrement osé de ta part de vouloir comparer l'apôtre Pierre (qui avait des faiblesses mais qui n'a jamais prétendu diriger la conscience des autres), avec un pape qui se prétend le remplaçant du Christ et qui oblige ses adeptes à une soumission totale à ses opinions et ses idées, aussi perverses soient-elles. Là aussi, ne mélangeons pas les opposés!
Comme tu le fais remarquer, il n'y avait que des personnes libres qui pouvaient s'opposer à cette idéologie raciste. Et malheureusement, nous pouvons tous constater que les systèmes religieux pyramidaux n'ont pas fournis de gros contingents de chrétiens libres dans leurs conscience, capables de prendre le risque d'exprimer leur désaccord quel qu'en soit le prix...
« On reconnaît l'arbre à ses fruits », nous dit le Maître. Un chose est sure, c'est que je ne voudrais pas de cette variété de système religieux dans mon verger!
« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. » (Gal. 5. 1.)
« Le commandement que je t’adresse... c’est que... tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques–uns l’ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. » (1 Tim. 1. 19.)
Bonjour à tous,
Il semble qu'une certaine partie de l'Eglise soit restée muette à cette époque alors qu'une autre ait protesté contre la dictature qui y sévissait.
Le fil parle du fascisme, donc sauf erreur il s'agit de l'Italie, mais d'autre intervenants ont mentionné l'Allemagne hitlérienne. Pour cette dernière, en espérant ne pas être trop hors sujet, il semble bien que l'église, du moins en partie, avait réagi contre le nazisme. Sinon comment expliquer cette remarque d'Albert Einstein (si quelqu'un pouvait le traduire en français s'il vous plait):
"Einstein also said: "Being a lover of freedom, when the (Nazi) revolution came, I looked to the universities to defend it, knowing that they had always boasted of their devotion to the cause of truth; but no, the universities were immediately silenced. Then I looked to the great editors of the newspapers, whose flaming editorials in days gone by had proclaimed their love of freedom; but they, like the universities, were silenced in a few short weeks...
Only the Church stood squarely across the path of Hitler's campaign for suppressing truth. I never had any special interest in the Church before, but now I feel a great affection and admiration for it because the Church alone has had the courage and persistence to stand for intellectual and moral freedom. I am forced to confess that what I once despised I now praise unreservedly.""
Référence:
"The Church's Confession under Hitler, by Arthur Cochrane. This quotation is cited by Wilhelm Niemoller in Kampi und Zeugnis der bekennenden Kirche - Struggle and Testimony of the Confessing Church, p.526."
Pour ma part, je me souviens du témoignage à ce sujet qu'a laissé Dietrisch Bonhoefer qui a payé de sa vie sa dénonciation des agissements d'Hitler. Quand il avait été aux Etats-Unis, il avait refusé l'offre de rester là-bas car il désirait partager les souffrances des allemands, son peuple, et aussi de servir de témoignage. Et quel témoignage, j'ai été très édifié par son livre "La Grâce à Bon Marché" qu'il a écrite sauf erreur en prison, où il a également composé des poèmes merveilleux qui ont été mis en musique. L'un d'eux, émouvant quand on connait les conditions de sa composition, je l'ai dans mon répertoire: "Von guten Mächten wunderbar geborgen", et qui continue "erwarten wir getrost, was kommen mag! Gott ist mit uns am Abend und am Morgen, und ganz gewiss am jeden neuen Tag" (Des bonnes puissances merveilleusement consolés, nous attendons confiant, ce qui va venir! Dieu est avec nous le soir et le matin, et avec certitude chacune des nouvelles journées). Il est assez difficile de traduire en gardant l'émotion présente dans la langue d'origine.
Ceci dit, d'une part beaucoup de chrétiens allemands sont venus en aide aux Juifs, et d'autre part il ne faut pas oublier qu'environ 12 millions de chrétiens ont été massacrés à l'époque.
Malheureusement, je ne connais pas la situation dans le cadre du fascisme.
Le Seigneur vous bénisse.
Didier Gasser.
Cher Jean-Luc B
Tu es bien silencieux sur le silence des "autres" (ce que j'appelle les fameux libres non occupés).
A jean Luc,
Le pape ne se prétend jamais le représentant du christ sur la terre.
Il exerce une fonction qui est celle de chef terrestre du troupeau dont le Christ en est le vrai berger.
on dit "Successeur de Pierre", et non Représentant du Christ dans les titres conférés au souverain pontife.
@ Robert,
mais on dit du pape qu'il est vicaire de Christ.
Le terme "vicaire" vient du mot latin vicarius, qui signifie "au lieu de". Dans l'Eglise catholique, le vicaire est le représentant d'un responsable de rang plus élevé, qui est donc revêtu de l'autorité et des pouvoirs de ce dernier. En appelant le pape "vicaire du Christ," cela implique qu'il possède le même pouvoir et la même autorité que ceux que Christ avait sur l'église. Ce titre est dérivé du texte de Jean 21:16-17, où Jésus disait à Pierre, "pais mes agneaux… . Pais mes brebis." Selon le raisonnement catholique, cela définit Pierre comme le prince des apôtres, le premier pape, et constitue un accomplissement des paroles de Jésus dans Matthieu 16:18-19 (Pierre est la pierre sur laquelle Jésus construira Son église).
Et qu'en dit Paul en Ephésiens 4:11 Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs.
C'est curieux il ne parle pas de chef de l'Eglise, pourquoi?
Par contre Jésus dit: Matthieu 23:9 Et n‘appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux.
Bonsoir Bernard,
Le sujet de ce fil est sur le silence assourdissant du Vatican concernant les lois raciales en Italie. Et ce que j'appelle « botter en touche », c'est de vouloir détourner systématiquement vers autre chose au lieu de reconnaître la réalité de ce silence coupable. Personne n'ignore que la théologie vaticane de l'époque était fortement antisémite et dirigée contre les israélites qu'ils appelaient les « déicides » et les lois raciales du Duce allant dans le même sens que cette théologie ne risquaient pas de trouver une opposition chez le pape...
Tu prétendais que les protestants/évangéliques n'avaient rien dit, je t'ai fourni la preuve que, contrairement au système catholique, une grande partie des responsables protestants ont pris position dès l'avènement d'Hitler en Allemagne et dès l'apparition des lois raciales en France. Maintenant tu détournes l'attention vers d'autres pays en parlant de l'holocauste, alors que ce n'est pas le sujet de cet article. Le silence du Vatican à propos de ces lois raciales mérite-t-il donc tellement d'être défendu de cette manière? Ne serait-il pas plus honnête de reconnaître simplement que sa théologie de l'époque ne lui donnait pas la capacité de résister aux concepts raciaux employés par les fascistes?
Pour Robert,
Le pape qui se prétend « le vicaire du Christ », son « représentant sur terre », semble avoir oublié que le Christ est toujours présent « là où 2 ou 3 sont assemblés en son Nom » (Mat. 18. 20.). Semble oublier aussi que le Christ n'a jamais dit que Pierre devrait avoir des successeurs. D'autant plus que selon l'Écriture, Pierre n'a jamais été considéré comme « le chef terrestre du troupeau », sinon peut-être tout au début, dans les quelques mois qui ont suivis la résurrection du Christ.
Actes 15 nous fait la démonstration qu'après cette période, la direction de l'Église était collégiale avec des délégations locales. Une étude sérieuse des textes néo-testamentaires nous montre d'ailleurs que le terme « berger » (ou « pasteur ») y est toujours au pluriel, sauf quand il est question du Christ. Dans les cieux, il y a le Berger des brebis, sur terre il y a des responsables collégiaux locaux appelés indifféremment « pasteurs » (poimen ») ou « anciens » (« presbuteros »).
Le système pyramidal romain avec à sa tête un homme qui se prétend le « représentant du Christ » ne trouve pas sa légitimité dans l'Écriture mais dans le système tyrannique de l'empire romain et a démontré au cours des siècles les fruits pourris qu'il génère. Il serait temps de le regarder en face...
Schoenel,
Sache que les deux termes ne sont pas synonymes sinon on dirait représentant du Christ tout court. Je te rappelle que vicaire signifie quelqu'un qui est là pour suppléer à un plus grand.
Et non son représentant il y a nuance entre ce que tu dis et ce n'est pas l'origine du mot qui va donner le sens au terme.
Oui le pape comme évêque dans son territoire (l'Eglise) il a la charge d'enseigner au peuple comme Jésus le faisait.
Mais quand nous parlons le faisons nous pas au nom du Christ? sans être son remplacement.
Concernant les abus commis par l'Eglise catholique. c'est vraiment regretable ce qui se sont passés dans l'histoire. Moi personnellement, j'ai un grand estime pour Martin Luther qui malgré toutes ses fautes fut un homme qui était animé de bonne foi.
Moi je ne parle pas au nom de l'Eglise catholique et je ne la défends pas non plus. je crois qu'elle a des gens pour faire ce travail cependant je pense qu'il faut voir le contexte durant lequel avaient eu lieu tous les abus dont on dénonce tant.
Ces abus là ne furent ils pas les produits d'une époque?
C'est sûr un autre débat! Aujourd'hui l'Eglise peut-elle commettre ces genres d'actes sans voir le monde s'élever contre elle.
Or pourquoi ce même monde sest il montré silencieux. La réponse : parce qu'il était d'accord. les principes défendus par l'Eglise d'alors étaient acceptés par les gens et cela a permis de maintenir un certain nombre de gens en respect.
mais le temps a changé pour le meilleur et pour le pire.
La réforme est venues avec ses bonnes et ses mauvaises pratiques. Elle a instauré un système économique égoïste qui place l'argent au dessus de tout qu'on appelle norme, morale, humain.
la seule valeur assurée est la réussite économique.
Parlant de violences...ca existait aussi à travers le protestantisme historique et même évanglique:
L'Eglise calviniste de Suisse elle non plus ne peut pas continuer à brûler vives les femmes quelle accusait de sorcières durant des dizaines d'années après la Réforme de Calvin de Luther et compagnie...
Pas plus pour Luther s'il existait aujourd'hui pourrai-il massacrer les paysans allemands QUI SE REVOLTAIENT CONTRE LUI? j'en doute fort.
Aux Etats-Unis, l'Esclavage fut institué, et maintenu par les et avec le consentement des Eglises évangéliques.
Les protestantS évangéliques ont maintenu la ségrégation dans leurs Eglise durant près de 500 ans.
Des centaines de noirs d'afrique ont péri dans les couloirs de la servitude avec l'appui des Evangéliques... mais que cela fait il à ces Eglise?
Ce que je veux dire par cette intervention est que l'Eglise catholique ne détient pas le monopole de la violence ni de la peur pour soumettre les gens.
Même en Afrique du sud certaines Eglises protestantes ont utilisé des soit-disant vrsets de la bible pour asseoir les pouvoir des afrikaaners sur la masse noire.
la domination religieuse pour assouvir ses instincts doit être dénoncée quelle que soit sa provenance.
Les catholiques ont demandé pardon, mais je crois que certains doivent procéder au même geste au lieu de se réfugier dans leur attitude de "Ponce Pilate".
Certaines fois c'est pour masquer leur manque d'équilibre sprituel teinté de frustration et d'aigreur à l'endroit d'autres Eglises.
Moi je respecte les protestants les évangéliques particulièrement. Ce que je n'apprécie pas chez ces adeptes c'est leur exclusion et leur fondamentalisme qui les rend un peu en extase pas assez réalistes, et trop idéalistes...mais après tout ils demeurent des frères qui méritent tout mon amour et mes prières.
Robert,
Il n’est évidemment pas question de chercher à faire un comparatif, ni d’essayer d’opposer simplement les qualités des uns aux défauts des autres, mais il est important de passer l’histoire au crible de la Parole Divine pour en tirer des leçons qui nous éviteront de retomber dans les mêmes erreurs. Et nous pouvons tous constater que dès que la foi s’amenuise ou disparaît d’un groupe, il décide aussitôt de se nommer un chef pour revenir à un système abusif, esclavagiste, et mortifère. C’est un vieux scénario biblique qui n’a malheureusement pas encore fini d’être rejoué… (Nomb. 14. 4. - 1 Sam. 8. 7. etc, etc…) Le système catholique n’a donc rien inventé. Ni tous les autres systèmes religieux qui ont suivis et qui ont cherchés les uns après les autres à se « nommer un chef » qui soit leur « maître », leur « père » ou leur « directeur de conscience » (Mat. 23. 8 à 10.) et qui abuse bien entendu de son pouvoir, comme le font tous ceux que Dieu n’a pas choisi pour être ses serviteurs.
Quand on croit ce que dit le Nouveau Testament, on n’essaie plus de défendre les prétentions abusives d’un « chef » qui se fait appeler « père » (en désobéissance complète avec les commandements de Jésus), et qui en plus se prétend « vicaire », alors qu’une partie importante de ses enseignements et de ses pratiques démontre qu’il n’a rien de commun avec le Christ.
Où as-tu donc lu que le Christ aurait besoin de quelqu’un qui le remplace ? Quand il est remonté auprès de son Père, il nous a promis de venir à nous par son Esprit. Il n’a donc jamais eu besoin d’un « suppléant » :
« Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous. Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous… Quand sera venu le Consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi… Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean. 15 et 16.)
Ceux qui ont reçu le Saint Esprit promis n’ont évidemment pas besoin d’un « suppléant » puisqu’ils ont reçu un acompte de la Présence Divine (2 Cor. 1. 22.). Je te souhaite sincèrement de connaître et de recevoir toi aussi l’Esprit de Christ. Ce jour là, tu lui appartiendras véritablement (Rom. 8. 9.) et tu ne te satisferas plus d’un « ersatz » qui prétend le représenter et « suppléer » à sa prétendue absence.
« Or, le Seigneur c’est l’Esprit; et là où est l‘Esprit du Seigneur, là est la liberté. » (2 Cor. 3. 17.)
Bonjour Jean-Luc
fr.wikipedia.org/wiki/Pie...
Pour en connaitre un peu plus sur ce pape controversé.
Ensuite, je me dois de faire mon autocritique et donc j'arrête "de botter en touche" en raison de "mon politiquement incorrect" et je ne parlerais plus de tous les "autres" et je resterais dans le droit fil de cet article sur la dénonciation du pape ou des papes.
N'oublions pas de dénoncer le silence de ce pape sur le génocide des tziganes.
N'oublions pas de dénoncer le silence de l'un de ces prédécesseurs sur le génocide des arméniens.
Voilà pour les papes, pour tous les "autres" à chacun de s'interroger (mince avec ces derniers mots mon autocritique tombe à l'eau et fait de moi un relaps, à moins que je renonce jamais au principe du libre-examen).
Bonjour Bernard,
Pour relativiser fortement les infos du lien que tu m'as donné :
fr.wikipedia.org/wiki/Wik...
Pour aborder avec un point de vue opposé les actes et les paroles de Pie XII :
users.skynet.be/radoux/eg...
On peut constater assez facilement qu'on est là dans de la politique vaticanesque, mais surement pas dans le respect inconditionnel des commandements d'amour et de justice du Christ...
Au delà du "libre-examen", profites-en pour y lire ce que ces papes pensaient de la liberté de conscience. Ça vaut le détour!
Ceci explique cela...
Cher Jean-Luc,
quelques liens wikipedia
fr.wikipedia.org/wiki/%C3...
fr.wikipedia.org/wiki/%C3...
Un peux mieux que wikipedia
www.ushmm.org/wlc/article...
« Pave the way » proposera Pie XII comme « Juste parmi les nations »
La fondation a l’objectif d’éliminer les obstacles entre les religions
ROME, Vendredi 3 Juillet 2009 (ZENIT.org) - La Fondation Pave the way (PTWF) a annoncé son intention de proposer à Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste à Jérusalem, la remise du titre de « Juste parmi les nations » à Eugenio Pacelli, le pape Pie XII.
La fondation, dont le siège est à New York, a obtenu du bureau du Département des Justes parmi les nations de Yad Vashem, les lignes directrices pour proposer une personne pour la reconnaissance, et s'active actuellement dans ce sens.
Le président de l'organisation, Gary Krupp, a affirmé que la « PTWF a consacré des années à recueillir des documents et des témoignages vidéos originaux sur ce pontificat controversé et pense avoir découvert une documentation suffisante pour commencer à chercher des témoignages écrits authentiques pour donner officiellement le feu vert à cette procédure », rappelle un communiqué de la fondation envoyé à ZENIT.
« Dans la plus grande partie des cas de ceux qui ont été reconnus comme ‘Justes parmi les nations', celui qui reçoit la reconnaissance a agi directement pour sauver des vies individuelles en risquant la sienne en le faisant », a observé Gary Krupp.
« Même si les actions d'Eugenio Pacelli ne rentrent pas dans cette description générale », a-t-il ajouté, « nous pouvons établir que l'intercession directe du pape a sauvé des centaines de milliers de juifs ».
« Evidemment, à cause de la nature de la haute charge qu'il recouvrait, Eugenio Pacelli n'a presque jamais été en contact avec ceux qu'il a sauvé. Une exception connue est le cas de l'intercession en faveur du docteur Guido Mendes, un ami d'enfance juif orthodoxe. Eugenio Pacelli est intervenu personnellement pour envoyer la famille Mendes en Palestine en 1938 ».
et pour mémoire :
En 1944, le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, a déclaré: "Le peuple d’Israël n’oubliera jamais ce que Pie XII et ses éminents délégués, inspirés des principes éternels de la religion qui forment la base d’une civilisation authentique, sont en train de faire pour nos malheureux frères et sœurs, au moment le plus tragique de notre histoire. Une preuve vivante de la divine providence dans ce monde".
"Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés vient,
au nom de la United Jewish Appeal (organisme dirigeant du
mouvement sioniste mondial), exprimer à Pie XII
la reconnaissance des Juifs pour son action en leur faveur.
Peu après la guerre, Albert Einstein, savant de renommée
mondiale,
mêle sa voix au concert de louanges et d'hommages qui
montent
vers le Vatican en déclarant que « l'Église catholique a été
la seule à
élever la voix contre l'assaut mené par Hitler contre la
liberté ». (2)
Le 9 février 1948, Pinchas E. Lapide, alors consul d'Israël
à Milan,
est reçu en audience par Pie XII. Celui-ci se voit à nouveau
remercié
pour ses multiples interventions en faveur des Juifs.
Le 26 mai 1955, des musiciens Juifs au nombre de 94, venus
de 14 pays différents, jouent devant Pie XII la neuvième
symphonie
de Beethoven et ce, pour lui exprimer leur gratitude
d'avoir
arraché à la mort tant de Juifs pendant la guerre et pour
célébrer
la grandiose oeuvre humanitaire accomplie par lui.
Le 9 octobre 1958, Pie XII décède et les messages de
condoléances
affluent vers le Vatican. On y relève celui de Golda Meïr,
ministre
des affaires étrangères d'Israël, qui souligne en cette
occasion que
« pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a
subi
un martyre terrible, la voix du pape s'est élevée pour
condamner
les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers leurs
victimes ».
En 1963 - et alors seulement - une pièce de théâtre
médiocre
ayant pour titre Der Stellvertreter (le Vicaire) est publiée
par
un ancien membre des Jeunesses hitlériennes, Rolph
Hochhuth,
qui y présente Pie XII sous les traits d'un monstre
d'indifférence,
n'ayant pas agi ni parlé comme il aurait dû.
Le 13 décembre 1963 est publiée dans le journal français Le
Monde
une déclaration de Pinchas E. Lapide, ancien consul d'Israël
à Milan.
Celui-ci y affirme ne pas comprendre le pourquoi de cet
acharnement
contre le défunt Pie XII qui « ne disposait ni de divisions
blindées,
ni de flotte aérienne, alors que Staline, Roosevelt et
Churchill,
qui en commandaient, n'ont jamais voulu s'en servir pour
désorganiser
le réseau ferroviaire qui menait aux chambres à gaz ».
Il précise que « le pape personnellement, le Saint-Siège,
les nonces et toute l'Église catholique ont sauvé
de 150.000 à 400.000 Juifs d'une mort certaine ».
Le même Juif éminent fait paraître à Paris en 1967 un
livre,
Rome et les Juifs, où il publie le résultat d'enquêtes
approfondies
menées dans toute l'Europe, dans les archives de Jérusalem
et
auprès des Juifs survivants. Il aboutit au chiffre de
860.000 Juifs
sauvés grâce au pape Pie XII.
Dans une recension de ce livre, la Jewish Chronicle estime
que la démonstration de Pinchas E. Lapide est concluante.
Dès lors, la même publication critique se demande :
« Pie XII et l'Église auraient-ils pu faire mieux ? »
Ce n'est pas évident.
Aux Pays-Bas, où l'épiscopat avait élevé davantage la voix
pour protester contre la persécution des Juifs par les
Nazis,
le taux de déportation vers les camps de la mort fut
aussi le plus élevé de tous les pays européens : 79 % !
Or, ce n'est pas à son débit de paroles,
mais en considération de ses actes
que l'on apprécie un homme
et ce qui l'inspire.
L'on peut dès lors comprendre qu'après la guerre,
le grand rabbin de Rome, Israele Zolli (1881-1956),
se soit converti à la religion catholique et ait,
le 13 février 1945, pris le nom de baptême d'Eugenio
en hommage au pape. "
Recherches de l'Université de Leuven
Bonjour, comment parler de lumière de Jésus Christ et d'échanges fraternels, lorsque vous publiez un article mal informé, et mensonger qui plus est ? Pourquoi cette polémique de votre part et cette provocation, je me le demande et je ne crois pas que j'obtiendrai un réponse ni même que vous publierez mon commentaire, dès lors que manifestement vous n'êtes pas amis de la vérité (au moins la vérité historique)
Nathalie, l'article dit que l'église catholique n'a pas fait assez. Il y a eu quelques exceptions, que l'Histoire a montées en épingle, mais il n'y a pas eu de volonté publique et ouverte de lutter contre le nazisme, car le Vatican SAVAIT. Et le Vatican porte une part de la culpabilité génocide des Juifs à cause de sa théologie dite du remplacement. La propagande du catholicisme n'y changera rien: c'est un fait historique également. Lire le livre d'Edmond Paris aux éditions Fischbacher "Le Vatican contre l'Europe". En toute amitié.
Qu a déporté les juifs ? l'Eglise Catholique ou le régime nazi ?...
Ce sont les protestants qui portèrent en grande majorité les nazis au pouvoir et non les catholiques.
Si certains catholiques, et parmi eux des évêques et des prêtres, cherchèrent la conciliation avec le régime nazi, les oppositions les plus nombreuses et les plus fermes vinrent bien de l’Eglise. Il ne s’agit donc pas d’affirmer que l’attitude de l’Eglise militante fut parfaite, mais bien de montrer qu’elle fut la principale opposante au régime nazi.
Depuis longtemps, Luther est à la fois considéré comme l’un des fondateurs du nationalisme allemand mais aussi comme l’un des plus grands intellectuels antisémites. Certains de ses textes furent diffusés pendant la guerre par les milieux protestants favorables au nazisme, tel l’évêque d’Eisenach, le pasteur Martin Sasse, qui fait sien le mot d’ordre de Luther : « bouter le feu aux synagogues et aux écoles juives ».
Que de clichés que de clichés. Il n'en demeure pas moins vrai que celui qui a dénoncé avec le plus de véhémence le régime nazi et qui a eu comme résultat de perdre sa vie, c'est encore un Protestant malgré les quelques erreurs de Luther: Dietrisch Boehnöfer (pardon, je crois que je l'ai écrit faux).
Il y a eu dans toutes les églises des gens qui ont bien agit et d'autres mal. Même Einstein avait loué l'attitude de l'Eglise qui avait ouvertement pris position contre ce régime, il avait été dégoûté de l'attitude des médias et du sacro-saint monde scientifique!
Francine,
Laissez-moi vous dire avec amour,compassion mais fermeté,que vous êtes une représentante typique de ce que l'on appelle "l'esprit religieux",celui-là même que Jésus a condamné,celui-là même qui l'a condamné à mort.
Défendre des assassins en en condamnant d'autres relève soit de la stupidité,soit directement de l'esprit anti-Christ.
Comment pouvez-vous vous prétendre "chrétienne" (disciple de Christ) et jouer à "touche pas à ma religion parce que la tienne est pire" ?
Etre "Chrétien",c'est avoir une RELATION avec le Père (Dieu,pas le pape) par Jésus-Christ,et non pas une RELIGION (dont on sait très bien qu'elle ne sert qu'à faire des guerres...de religions!)
S'il vous plaît,arrêtez de venir vanter ici les mérites du papisme et du romanisme auprès de ceux qui ne défendront même pas leurs adversaires "mondains".
Francine pose justement la question : Qu a déporté les juifs ? l'Eglise Catholique ou le régime nazi ?...,
pour être équitable, elle aurait aussi pu rajouter "les Eglises Protestantes ou le régime nazi ?".
Le régime nazi n'aurait rien été sans les multiples bras qui ont exécuté ses ordres, par faiblesse, par idéologie, par ignorance, par choix du moindre mal, par peur des rouges ... d'où venaient ces bras, quel fut leur catéchisme ? Ce n'est en rien une excuse, certes !
Est-il vraiment possible de dire : les catholiques et leurs chefs sont plus responsables que les protestants et leurs chefs , ou le contraire sans tomber dans un ridicule achevé ? Est ce que ce genre de débat n'alimente pas à terme le révisionnisme ou le négationnisme ?
Je n'en sais trop rien.
Seigneur, prends pitié !
Les Théologiens d'Hitler ou la Genèse du Génocide
Par Juifs pour Jésus
«Depuis presque 2000 ans, nul n'a persécuté les juifs autant que l'Église (c'est elle notre adversaire le plus puissant et le plus impitoyable), qui partout dans le monde propage activement les convictions antisémites et encourage les gestes haineux contre nous. Dans bien des cas, ceux qui faisaient fonctionner les chambres à gaz, se rendaient à l'Église le dimanche... La question de la complicité de l'Église dans les meurtres des juifs est toujours d'actualité. Il faut que nous comprenions les vérités de notre histoire.» Abraham Foxman, Anti-Defamation League (1)
HITLER SUIVAIT-IL LES ENSEIGNEMENTS DE JESUS ?
La plupart des chrétiens diraient qu'Adolf Hitler n'était pas chrétien puisqu'il ne suivait pas les enseignements de Jésus ni ne comprenait la signification des écrits du Nouveau Testament. Pourtant, à sa manière, aussi perverse fût-elle, il voyait le génocide des juifs comme une mission «sacrée». Voici ce qu'il déclara dans Mein Kampf : «Aujourd'hui, je suis certain que j'agis selon la volonté de Créateur Tout Puissant. En me défendant contre les Juifs, je lutte pour l'œuvre du Seigneur». De plus, certains vont même jusqu'à soutenir que ce n'est pas seulement la «théologie» personnelle de Hitler mais aussi deux mille ans d'anti-sémitisme chrétien commis au nom de Jésus qui servirent de fondement à la Shoah.
L'anti-judaïsme nazi est l'œuvre de criminels anti-chrétiens sans Dieu. Mais tout cela n'aurait pas été possible sans presque 2000 ans de préhistoire d'anti-judaïsme chrétien... - Hans Küng. (2)
C'est une pensée douloureuse mais incontournable que l'anti-sémitisme, qui déborde de haine, a été produit et nourri par un christianisme qui vénère un prophète juif dont le message est l'amour et la compassion. (…) Deux mille ans d'anti-judaïsme chrétien... ont endurci les cœurs contre les Juifs. (…) Cette mentalité, si profondément enracinée dans la pensée chrétienne, explique pourquoi tant de gens acceptèrent favorablement la propagande anti-juive. - Marvin Perry (3)
D'un point de vue historique, est-ce réellement l'enseignement chrétien qui a fourni le combustible pour les crématoriums ? Les dogmes traditionnels chrétiens ont-ils réellement préparé la voie au poison qui a giclé des pommes de douche ? Est-ce qu'il y a quelque chose dans l'orthodoxie chrétienne qui a pu mener les dirigeants ecclésiastiques allemands à préconiser l'assassinat de 6 millions de Juifs ? Dans les années 30, qui étaient ces chefs de l'Église, ces enseignants dans les séminaires, ces dirigeants spirituels de l'Église d'Allemagne ? Quelle «religion» enseignaient-ils vraiment ? Était-ce possible qu'une Allemagne qui surpassait les autres pays dans le domaine de l'art, de la physique, et de la littérature, le pays de Mahler et Wagner, Uhlman, Klaus Fuchs et Max Bom, allait conduire le monde dans la voie de la folie génocidaire ? Est-ce que cette Allemagne qui était pionnière dans le domaine de la théologie et de l'étude critique de la Bible pouvait aussi être moralement déchue ? Et comment est-ce possible que ceux-là même qui étaient appelés à étudier la parole de Dieu et à enseigner aux pasteurs la vérité de Dieu, dont la fondation est autant dans les écrits hébraïques que dans le Nouveau Testament, purent excuser ou même préconiser le plan diabolique hitlérien ?
Qui étaient donc ces théologiens d'Hitler et quel «christianisme» enseignaient-ils ?
LE DEBUT DE L'ERE MODERNE
Pour comprendre le climat religieux de l'Allemagne d'avant la Shoah, vers les années 30, il faut retourner au XVIIème siècle, au début de l'ère moderne en Europe occidentale. On appelle Siècle des Lumières (4) cette période de l'Histoire où des philosophes se mirent à prôner la raison comme meilleur méthode pour connaître la vérité. Les penseurs se reposaient grandement sur la méthode scientifique pour atteindre la vérité dans toutes les disciplines. Les philosophes insistaient sur l'expérimentation et l'observation minutieuse (5). Ces penseurs modernes croyaient que la raison était la seule source fiable de la connaissance puisqu'elle pouvait être vérifiée, contrairement à la révélation qui dit venir de Dieu.
Nombreux étaient ceux qui pensaient que la raison devait «valider» les déclarations de la Bible pour que ces déclarations soient vraies. Le philosophe empirique anglais, John Locke (1632-1704), affirma que la raison est «la bougie du Seigneur qu'Il a placée Lui-même dans l'esprit humain» et qu'elle «doit être notre ultime juge et guide en toutes choses.» (6)
Le Siècle des Lumières fut à l'origine d'une génération de spécialistes de la Bible appelés les Rationalistes. Ils argumentèrent qu'il n'est possible de connaître Dieu qu'à travers la raison.
Friedrich Schleiermacher (1768-1834) :
Friedrich Schleiermacher, qui est considéré comme le fondateur du protestantisme libéral, argua que Dieu ne peut pas être connu. Il enseigna qu'il était impossible de vérifier la validité des évènements historiques décrits dans les Écritures, comme par exemple le partage des eaux de la Mer Rouge, l'Exode d'Égypte, ou même le don des 10 Commandements. Par conséquent, selon lui, la foi ne peut être qu'un «sentiment religieux». Il écrivit : «(...) la foi en Dieu et en l'immortalité de l'individu ne sont pas nécessaires à la religion; on peut concevoir une religion sans Dieu, et ce serait une pure contemplation de l'univers». (7) Selon Schleiermacher, toute vérité religieuse est subjective : elle n'est pas révélée par les Écritures mais résulte plutôt de la conscience de l'individu. Dès lors, les principes religieux de bien et de mal sont de simples interprétations fondées sur un point de vue personnel.
Friedrich Nietzsche (1844-1900) :
Le philosophe allemand, Friedrich Nietzsche, poursuivit la critique de la religion par la raison encore plus loin. Dans Ainsi parlait Zarathoustra, le héros proclame : «Dieu est mort». C'est de cette façon théâtrale que Nietzsche a soutenu que la plupart des gens ne croyaient plus en Dieu. Il regretta que la civilisation soit laissée avec un terrible vide puisque la religion ne fournissait plus de base pour formuler des choix moraux. Il lança l'idée du übermensch, du surhomme, qui grâce à sa «volonté de puissance» pourrait anéantir les faux idéaux et les codes moraux de son époque. Cet übermensch pourrait surmonter le nihilisme en créant de nouveaux ou de meilleurs idéaux.
LA CRITIQUE DES ECRITURES JUIVES
De même, vers la fin du XIXème siècle, les spécialistes bibliques du courant protestant libéral ne croyaient plus dans les récits bibliques d'Israël et de la vie de Jésus.
Julius Wellhausen (1844-1918) :
Julius Wellhausen naquit en Westphalie en Allemagne. Il obtint son doctorat en théologie à l'université de Gottingen. Après avoir enseigné la théologie pendant 12 ans, il démissionna car il commençait à mettre en doute l'autorité des Écritures dans le domaine de l'enseignement de la vérité religieuse. En 1882, il obtint un poste à l'université de Halle, pour enseigner les langues sémites et celles du Moyen-Orient. Il appliqua l'approche historico-critique à l'étude de la Bible juive. Wellhausen proposa l'Hypothèse documentaire qui affirme que Moïse n'est pas l'auteur des 5 premiers livres de la Bible. Wellhausen suggéra que le pentateuque était composé de 4 sources différentes qu'il a appelées J, E, P et D. J est le document jahviste (où le Dieu d'Israël est appelé par son nom à 4 lettres), E le document élohiste, (où le Dieu d'Israël est nommé Elohim), P le document sacerdotal (P pour prêtre) c'est-à-dire les parties de la Torah qui, selon Wellhausen, avaient été rajoutées par les prêtres juifs. Et finalement, le D signifiait Deutéronome, et représentait les portions du texte qui sont répétées dans le dernier livre de la Torah. Wellhausen croyait que la source D datait peut-être de l'époque d'un roi de Juda relativement récent. Selon cette hypothèse, des groupes différents avaient ajouté des portions au texte, et chaque rédaction reflétait un dessein humain et une version de l'histoire d'Israël différents.
L'Hypothèse documentaire se répandit rapidement parmi les spécialistes bibliques d'Europe centrale pour finalement arriver aux États-Unis à l'Union Theological Seminary [Séminaire théologique de l'Union] de New York. Les spécialistes rabbiniques protestèrent immédiatement contre ce qu'ils percevaient être une attaque contre les livres les plus saints du judaïsme. Solomon Schechter, le fondateur du judaïsme conservateur, exprima son inquiétude dans un discours prononcé dans un séminaire en 1903 et intitulé : «Higher criticism – Higher Anti-Semitism» [à critique radicale, anti-sémitisme plus radical encore]. Schechter pensait que l'Hypothèse documentaire entraînerait une offensive contre le judaïsme et en fin de compte, une agression contre le peuple juif. L'historien juif Marc Zvi Brettler a résumé les commentaires de Schechter qui semblent prophétiques avec le recul :
[Pour lui], l'approche de Wellhausen était analogue à de «l'anti-sémitisme professionnel et impérial» et il a dit que c'était une «persécution intellectuelle» du judaïsme. (8)
Il est important de comprendre que la méthode historico-critique refuse toute inspiration divine, rejette les miracles et présume que le texte biblique est composé de diverses versions d'écrits qui ont subi différentes modifications par différents groupes pour servir leurs intérêts particuliers.
Adolf von Harnack (1851-1930)
Adolf von Harnack naquit en Estonie et obtint son doctorat à l'université de Leipzig. Il enseigna l'histoire à l'université de Giessen et ensuite à l'université de Berlin. Avec le temps, il devint certain que Jésus n'était pas de nature divine. L'axe principal du protestantisme libéral est la paternité de Dieu et la fraternité de l'homme. En tant que l'un de ses avocats, Von Harnack tenta de montrer que Jésus est un enseignant progressiste, mais n'est pas de nature divine. Selon sa théorie, le dieu des Écritures hébraïques est un dieu tribal, un dieu jaloux qui exige l'adoration de ses sujets et qui fait la guerre à ses ennemis. Il rejeta la foi juive en un Dieu qui demande un sacrifice pour les péchés car, à ses yeux, cette doctrine venait simplement de la croyance sémite primitive en un dieu tribal qui exige le sang pour satisfaire sa fureur. Von Harnack maintint que l'enseignement chrétien selon lequel la mort de Jésus est un sacrifice pour les péchés est hébraïque à l'origine et par suite, un archaïsme dépassé qui doit être abandonné. Les opinions de Von Harnack n'avaient rien d'original, car au IIème siècle de notre ère, Marcion le gnostique avait déjà enseigné que le dieu du Nouveau Testament avait battu le dieu guerrier des Écritures hébraïques. Marcion et beaucoup de gnostiques encourageaient l'Église à rejeter les Écritures juives.
Von Harnack ajouta ceci :
Rejeter l'Ancien Testament au IIème siècle était peut-être une erreur que la grande Eglise eut raison de refuser (…) mais le conserver après le XIXème siècle comme texte canonique dans le protestantisme fut le résultat d'une paralysie ecclésiastique et religieuse. (9)
Albert Schweitzer (1875-1975)
En 1906, Albert Schweitzer publia «le secret historique de la vie de Jésus» où il affirme que nous ne pouvons savoir que très peu de choses sur le vrai Jésus. La vie de Jésus, le Nouveau Testament, et même la Torah sont masqués par la mythologie. Schweitzer soutint que les historiens devaient «démythifier» la Bible – c'est-à-dire en retirer les miracles et se poser des questions telles que «qui a vraiment écrit ces livres ?». Il maintint que seule la méthode historique – et non pas la méthode religieuse – était nécessaire pour obtenir une biographie vérifiable de Jésus.
L'EVOLUTION DE LA RELIGION
Alors même que la critique historique s'efforçait d'expliquer les origines des textes, de nouvelles théories comme celle de Darwin dans L'origine des espèces tentait d'expliquer l'origine de l'humanité en termes purement scientifiques. Darwin soutint qui l'homme avait évolué à partir d'une espèce animale plus primitive. Les théologiens adoptèrent son langage et commencèrent également à expliquer la religion en termes d'effets évolutionnaires : «l'évolution de la religion».
Ils conclurent que si l'homme moderne a évolué à partir d'espèces plus primitives, dont beaucoup sont maintenant disparues, il était possible que la religion moderne ait également évolué à partir de religions primitives, telles que le judaïsme. Le corollaire, basé sur la sélection naturelle, était que la religion «primitive» devrait aussi disparaître pour laisser la place à une religion plus évoluée. Si les Écritures hébraïques ne venaient pas de Dieu, le judaïsme et les Écritures résultaient simplement des forces évolutionnaires anthropologiques à l'œuvre dans les sociétés sémites antiques.
En 1875, le professeur Robert Smith d'Edimbourg en Ecosse donna une série de conférences intitulée «La religion des Sémites». Voici comment Smith décrit les origines primitives de la foi juive :
Nous avons vu qu'il faut regarder les religions antiques comme ayant été instituées [par l'homme] plutôt qu'issues de doctrines ou de croyances bien articulées, et que le système de religion antique faisait partie intégrante de l'ordre social sous lequel vivaient tous ses adeptes (…) généralement parlant, la religion était faite d'une série d'actions et de rites dont l'accomplissement correct était nécessaire pour garantir la faveur des dieux ou détourner leur colère. (10)
Dans L'histoire d'Israël et de Juda, Wellhausen avait prédit que le judaïsme et le peuple juif disparaîtraient :
L' (…) émancipation [i.e. L'assimilation] des juifs doit mener inévitablement à la disparition du judaïsme partout où le processus est étendu au-delà du domaine politique à la sphère sociale. Il faudra peut-être des siècles pour que ceci s'accomplisse. (11)
Suite à ce progrès, le christianisme libéral prendrait les devants de la scène. Dès 1930, les dirigeants ecclésiastiques allemands du courant protestant libéral en étaient venus à croire que le peuple juif, comme leur Bible, n'avait plus d'utilité et donc que les racines juives du christianisme devaient aussi être répudiées : «Nous devons souligner avec force que le christianisme ne vient pas du judaïsme. Quand nous parlons de christianisme et de judaïsme aujourd'hui, il faut dire que tous deux sont en totale contradiction dans leur essence fondamentale. Il n'y a aucun lien entre eux mais plutôt le contraste le plus fort» (Ludwig Muller, Évêque du Reich, 1934). (12)
Les dirigeants de l'Église tentèrent de retirer toute influence juive de la société allemande à la fois en politique et en religion. Alfred Rosenberg, l'éditeur de Der Stürmer (le pire hebdomadaire nazi en ce qui concerne les caricatures antisémites), fut le lien entre le protestantisme libéral du XIXème siècle et le programme aryen d'Hitler du XXème siècle. Voici ce qu'explique Doris Bergen, professeur d'histoire à Notre Dame :
Alfred Rosenberg déclara que l'Ancien Testament était un ramassis «d'histoires de maquereaux et de vendeurs de bestiaux»; et Reinhold Krause, professeur de religion en lycée et agitateur chrétien, reçut des applaudissements nourris en novembre 1933 quand il répéta cette phrase à un meeting de 20 000 personnes. (13)
C'est à ce moment que les pasteurs protestants libéraux fondèrent le Mouvement chrétien allemand en 1932. Ils désiraient créer une Église du «Reich», c'est-à-dire une Église «d'État» que tous les chrétiens protestants allemands pourraient rejoindre; leur symbole était la croix chrétienne avec un swastika au milieu. Ils ne faisaient que peu de cas des Écritures; pourtant, ils voulaient à tout prix éradiquer de leurs cultes la lecture de l'Ancien Testament et ils changèrent même le Nouveau Testament soit pour en retirer les références au peuple juif ou, pire, pour diaboliser ce peuple. Ils ne souhaitaient pas non plus que les Juifs croient en Jésus – Pour eux, tous les Juifs étaient un cancer à extirper. Le point n° 9 de la proclamation de 1932 du Mouvement chrétien allemand déclare :
Nous voyons une menace sérieuse à notre Volkstrum (race) dans la mission vers les Juifs. Cette mission est un point d'entrée pour le sang étranger dans le corps de notre Volk (peuple) (…) Nous rejetons les missions vers les Juifs [en raison du] (…) danger de fraude et du risque d'abâtardir [la race allemande]. (14)
En 1939, ils publièrent la Déclaration de Godesberg qui disait : «Le christianisme est religieusement le contraire du judaïsme et est donc inconciliable avec lui». Cette déclaration annonçait aussi la fondation de l'Institut pour l'investigation et l'élimination de l'influence juive dans la vie ecclésiastique allemande. (15)
LA REACTION DES PROTESTANTS CONSERVATEURS
Les protestants conservateurs maintinrent que les Écritures hébraïques et le Nouveau Testament étaient également inspirés par Dieu et ils étaient indignés par la proclamation du Mouvement chrétien allemand et leur plaidoyer pour la modification des Écritures. Ils soutinrent qu'il n'y avait rien de «chrétien» dans le Mouvement Chrétien allemand. Ils comprirent que le programme du mouvement était l'abandon total de la foi et de la morale judéo-chrétienne. En 1934, les pasteurs et théologiens conservateurs fondèrent l'Église confessante, un mouvement assez large pour inclure les Églises réformée, luthérienne et unie d'Allemagne. Décidés à résister au recul incarné par le Mouvement chrétien allemand, leurs fondements théologiques se trouvent dans la Déclaration de Barmen écrite par le théologien réformé suisse, Karl Barth. Cette proclamation ne réaffirme pas seulement les doctrines essentielles de la foi chrétienne mais aussi s'oppose à l'Église protestante libérale qui avait adopté l'idéologie hitlérienne. La déclaration rejetait toute autre doctrine comme erronée notamment celle qui faisait de l'Église «un organe de l'État» ou celle qui donnait un statut religieux aux «dirigeants au pouvoir».
Des dirigeants luthériens estimés comme Martin Niemoller et Dietrich Bonhoeffer participèrent aussi à l'élaboration de la Déclaration de Barmen. Ces théologiens étaient convaincus de l'inspiration et de l'autorité conjointe des Écritures hébraïques et du Nouveau Testament. Ils s'opposèrent à Hitler et sa perversion des Écritures. Des dirigeants ecclésiastiques allemands conservateurs comme Bonhoeffer dénoncèrent Hitler publiquement et allèrent même jusqu'à comploter pour l'assassiner. Par conséquent, Bonhoeffer avec beaucoup d'autres de l'Église confessante furent exécutés. Mais la résistance ne se limita pas aux théologiens et aux dirigeants ecclésiastiques.
Yad Vashem contient les noms de plus de 18 000 personnes nommées «les Justes». Ces hommes et ces femmes risquèrent leur propre sécurité et celle de leurs familles pour s'opposer aux Nazis et sauver des Juifs. Corrie Ten Boom dont l'histoire est racontée dans le livre The Hidding Place [La Cachette] est l'une des plus connues. Sa famille et elle souscrivaient à une théologie chrétienne conservatrice et leur foi les mena à risquer de cacher des Juifs chez eux.
En fin de compte, ils finirent dans un camp de concentration. D'autres personnes, comme Diet Eman, combattirent avec la résistance hollandaise et risquèrent leur vie pour arrêter Hitler et sauver notre peuple de sa malveillance.
COMMENT COMPRENDRE ?
Si on examine rétrospectivement cette théologie qui marque l'ère moderne, il paraît évident, et c'est la conclusion aussi de la plupart des historiens, que la Shoah en sonna le glas. Après tout, l'ère moderne ne réussit pas à élever l'humanité jusqu'à un niveau supérieur mais, au contraire, l'entraîna au plus profond de la dégradation. Et le protestantisme libéral qui rejeta les préceptes fondateurs du christianisme et, à leur place, adoptèrent l'idéologie hitlérienne, fit partie intégrante de cet échec. Richard Harris, Évêque d'Oxford, dans son ouvrage bien connu, After the Evil – Christianity and Judaism in the Shadow of the Holocaust [Après l'horreur – le christianisme et le judaïsme dans l'ombre de la Shoah] insiste sur le fait que l'idéologie hitlérienne «n'était non seulement pas chrétienne, mais anti-chrétienne». (16)
Même si Hitler se servit du vocabulaire chrétien pour cracher son venin, ses actions s'opposèrent à l'enseignement à la fois des Écritures hébraïques et du Nouveau Testament. Il ne pouvait certainement pas accepter la promesse faite au premier Juif, Abraham :
Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui t'outrageront (Genèse 12:3 – Bible Semeur).
Il lui était également impossible d'admettre la parole du psalmiste selon laquelle le peuple juif serait mis à part pour être la possession précieuse de Dieu :
L'Éternel s'est choisi Jacob pour qu'il lui appartienne, Israël comme un bien précieux. (Psaume 135:4 – Bible du Semeur).
Il ne pouvait pas non plus reconnaître que le Nouveau Testament annonce clairement la promesse de Dieu envers le peuple juif :
Ce sont les Israélites. C'est à eux qu'appartiennent la condition de fils adoptifs de Dieu, la manifestation glorieuse de la présence divine, les alliances, le don de la Loi, le culte et les promesses; à eux les patriarches ! Et c'est d'eux qu'est issu le Christ dans son humanité; il est aussi au-dessus de tout, Dieu béni pour toujours. Amen ! (Romains 9:4-5 – Bible du Semeur).
Alors quelle était la propre théologie d'Hitler ? Est-ce qu'il se voyait comme le übermensch (surhomme) célébré par Nietzche 75 ans plus tôt, le précurseur de la race supérieure ? Certaines personnes dont William Shirer ont avancé l'idée qu'Hitler avait été influencé par la philosophie de Nietzche. Dans The Rise and Fall of the Third Reich [La montée et la chute du nazisme], Shirer a expliqué que «Hitler visitait souvent le musée de Nietzche à Weimar et révéla sa vénération pour le philosophe en se faisant prendre en photo alors qu'il regardait avec extase le buste du grand homme». Michael Kalish, dans sa thèse «L'influence de Friedrich Nietzsche sur le Mein Kampf d'Hitler», apporte également des indices convaincants sur ce lien :
Les thèmes sous-jacents dans la philosophie de Nietzsche et d'Hitler sont l'importance des pulsions et des actes de préservation de soi, le danger du Juif intelligent (i.e. L'esclave qui a inversé les valeurs et pour qui le fort est devenu le mauvais et le faible le bien) et l'annonce d'un nouveau type humain qui remettra en question les valeurs juives et ramènera la gloire de la bête jaune. (17)
Hitler ne suivait pas les enseignements bibliques du christianisme; et ne prenait pas modèle sur les théologiens qui restaient fidèles à l'autorité des Écritures. Au contraire, il parodia les enseignements chrétiens en les pervertissant pour servir ses propres desseins. En se servant d'un vocabulaire qui paraissait familier aux chrétiens, il put se faire passer pour un adepte de cette religion quand, en fait, il se proclamait lui-même païen : «Je suis moi-même un païen jusqu'au cœur». (18)
Hitler mit à profit cette période où les hommes avaient appris à juger la Bible selon leurs propres pensées et point de vues plutôt que le contraire. On avait jugé que Dieu n'était pas nécessaire à la religion. La raison et la science, toutes deux des disciplines importantes, étaient vénérées bien au-delà de ce que la vraie raison ou la vraie science ne suggèreraient ou toléreraient. Et la science et la raison se révélèrent être des dieux cruels qui produisirent des adeptes impitoyables.
Les théologiens d'Hitler se trompèrent. Leur idéologie avait un défaut fatal. Il rejetèrent la vérité des Écritures hébraïques et néo-testamentaires. Ils nièrent que le peuple juif est spécial aux yeux de Dieu. Ils nièrent que Yechoua le Juif est le moyen de salut que Dieu a fourni pour tous. Dans leur Bible révisée, Jean 4:22, «car le salut vient du peuple juif» devint : «Les Juifs sont notre malheur». (19) Quelle amère ironie ! Finalement, les théologiens d'Hitler se trompèrent tragiquement en rejetant le peuple même que Dieu a choisi d'utiliser pour apporter le salut, qui est le Messie Yechoua.
Notes
(1)Abraham Foxman, Never Again : The Threat of Anti-semitism, New York : Harper-Rowe, 2004, pp.74-75.
(2)Hans King, On Being a Christian, traduit par Edward Quinn, Garden City, NY : Doubleday, 1976, p. 169 / Hans King, Etre chrétien, Poche, 1994.
(3)Marvin Perry and Frederick Schweitzer, Antisemitism : Myth and Hate from Antiquity to the Present, New York : Palgrave, 2002, p.3.
(4)James Creech, «Age of Reason» in World Book Encyclopedia (Chicago, IL : World Book Inc, 2002, CD-ROM Ed)
(5)Ibid.
(6)Ibid.
(7)Cité dans Elie Kedourie, «Nationalism» Praeger University Series, 1961, p.26.
(8)Marc Z. Brettler, How to Read the Bible, Philadelphia : Jewish Publication Society, 2005, p.4.
(9)Adolf von Harnack, Marcion : Das Evangelium Von Fremden Gott, Leipzig, Germany : J.C. Hinnichs, 1971 p.248 / Adolf von Harnack, Marcion : l'évangile du Dieu étranger : Contribution à l'histoire de la fondation de l'église catholique, Cerf, 2003.
(10)Robert Smith, Lecture on the Religion of the Semites, Lecture II, London : Adam and Charles Black, 1894, p.28.
(11)Julius Wellhausen, Sketch of the History of Israel and Judah, 3ème édition, London : Adam and Charles Black, 1891, pp. 201-203.
(12)Doris L. Bergen, The Twisted Cross, Chapel Hill, NC : University of North Carolina Press, 1996 p.21.
(13)Ibid.
(14)Doris L. Bergen, «Old Testament, New Hatreds : The Hebrew Bible and Anti-Semitism in Nazu Germany» Sacred Text, Secular Times : The Hebrew Bible in the Modern World, Leonard Greenspoon and Bryan LeBeau, eds. (Omaha, NE:Creighton University Press, 2000) PP.35-46.
(15)Bergen, The Twisted Cross, p.24.
(16)Richard Harris, After the Evil, Oxford, England : Oxford University Press, 2003, p.14.
(17)www.history.ucsb.edu/facu...
(18)Harris, op.cit., p.14.
(19)Susannah Herschel : «Nazifying Christian Theology» Church History, Dec 1994, Vol 63, p.595.
Juifs pour Jésus
Il faudra m'expliquer alors pourquoi les Juifs de l'époque (Einstein, Golda Meir, Elio Toaff, Chaim Weizmann, Isaac Herzog...) considèrent ce pape comme leur principal défenseur en Europe durant la guerre, tandis que les nazis en faisaient l'une des principales cibles de leur propagande ("le pape des juifs et des communistes") et ont planifié son enlèvement voire son assassinat...
Traiter de "collabo" celui qui fut un Juste, et tenter de régler ses comptes avec l'Eglise catholique c'est à vomir...
Voici ce que Pie XII déclare avant la guerre :
Des quarante-quatre discours prononcés lorsqu'il est Nonce apostolique en Allemagne entre 1917 et 1929, quarante dénoncent un aspect ou un autre de l'idéologie nazie.
En mars 1935 il écrit une lettre ouverte à l'évêque de Cologne, traitant les nazis de « faux prophètes, orgueilleux tel Lucifer ».
Cette même année, il accable les idéologies « possédées par la superstition de la race et du sang » devant des milliers de pèlerins à Lourdes. Deux ans plus tard, à Notre-Dame de Paris, il qualifie l'Allemagne de « nation puissante et noble que de mauvais bergers fourvoient vers une idéologie de la race ».
Il affirme en privé que les nazis sont « diaboliques », et à Soeur Pascalina, sa secrétaire pendant de longues années, que « Hitler est tout à fait obsédé. Il détruit tout ce dont il n'a pas besoin et est capable de piétiner des cadavres ». En 1935, lors d'une réunion avec ce héros de l'anti-nazisme qu'était Dietrich von Hildebrand, il déclare que la réconciliation entre la chrétienté et le racisme nazi est impossible puisqu'ils sont aussi différents que le feu et l'eau.
Un an après sa nomination au poste de Secrétaire d'État en 1930, Radio Vatican commence à émettre, en partie sous son impulsion.
Le journal du Vatican l'Osservatore Romano, moribond avant son arrivée, retrouve des couleurs grâce à Pacelli, avec par exemple le récit in extenso de
« La nuit de Cristal » en 1938. Mais la radio fut toujours à la hauteur, diffusant des sujets aussi controversés que des demandes de prières pour les juifs persécutés en Allemagne après l'adoption des Lois de Nuremberg en 1935.
Alors que Pacelli est encore son conseiller, Pie XI proclame devant un groupe de pèlerins Belges en 1938 que « l'antisémitisme est inadmissible ; spirituellement, nous sommes tous des Sémites ». C'est Paccelli qui écrit l'Encyclique de Pie XI intitulée Mit brennender Sorge, (« C'est avec une vie inquiétude »), l'une des condamnations les plus virulentes du Saint-Siège contre l'Allemagne. À vrai dire et tout au long des années 30, la presse nazie ne cesse de brocarder Pacelli, le cardinal « pro-juif » : en effet, au cours de son mandat de Secrétaire d'État, il envoie cinquante-cinq lettres de protestation aux Allemands.
Actions de Pie XII
Sa première Encyclique, publiée dans l'urgence en 1939 et intitulée Summi Pontificatus est un plaidoyer pour la paix. On peut également y lire que le rôle du Pape n'est pas de rejeter la responsabilité de la guerre sur telle ou telle partie mais plutôt d'intercéder auprès des deux parties au conflit. Mais il cite explicitement saint Paul - « il n'y a ni païen ni juif » - et utilise le terme « juif » dans le contexte du rejet de l'idéologie raciale. Le New York Times salue l'Encyclique en première page de son numéro du 28 octobre 1939 par ce titre : « Le Pape condamne le racisme, les dictateurs et ceux qui violent les traités ». Les avions alliés larguent des milliers de copies sur le sol allemand afin de réveiller le sentiment anti-nazi.
En 1939 et 1940, il joue les intermédiaires secrets entre les conspirateurs anti-Hitler et les Britanniques. Il prend également des risques en avertissant les Alliés que l'Allemagne est sur le point d'envahir les Pays-Bas, la Belgique et la France.
En mars 1940, Pie XII reçoit Joachim von Ribbentrop en audience. Il s'agit du ministre allemand des Affaires étrangères et seul haut-responsable nazi à se déplacer au Vatican. Les Allemands comprennent au moins la position du Pape puisque Ribbentrop critique le fait que le Saint-Siège se soit rangé aux côtés des Alliés. Sur quoi Pie XII répond par une longue liste d'atrocités commises par les Allemands. Dans son édition du 14 mars, le New York Times informe que « face à Herr Ribbentrop, le Pape a pris la défense des juifs allemands et polonais ».
Lorsqu'en 1942 les évêques de France publient des lettres pastorales s'insurgeant contre les déportations, Pie XII envoie son Nonce protester auprès du gouvernement de Vichy contre « les arrestations inhumaines et les déportations de juifs depuis la France occupée vers la Silésie et certaines régions de Russie ». Pendant six jours, Radio Vatican reprendra ces lettres alors qu'en Allemagne et en Pologne le fait même d'écouter cette radio est passible de la peine capitale. Le 6 août 1942, le New York Times titre « On dit que le Pape prend la défense des juifs déportés de France ». Trois semaines plus tard, c'est au Times d'écrire « Vichy arrête des juifs ; le Pape est ignoré ». La riposte ne se fait pas attendre : à l'automne 1942, le bureau de Goebbels distribue dix millions d'exemplaires d'un pamphlet décrivant Pie XII comme le « Pape pro-juif » et décrivant précisément ses diverses interventions auprès des autorités françaises.
À l'été 1944, après la libération de Rome mais avant la fin de la guerre, Pie XII dit à un groupe de juifs romains venus le remercier de les avoir protégés : « Pendant des siècles les juifs ont été traités injustement et méprisés. L'heure est venue de les traiter avec justice et humanité. Dieu le veut et l'Église le veut. Saint Paul nous dit que les juifs sont nos frères. Qu'ils soient également nos amis ». Les livres attaquant Pie XII dénigrent un par un ces exemples pour que le lecteur oublie combien ils sont nombreux alors qu'ils témoignent devant tous, et notamment devant les nazis, de la position du Pape. Allons plus loin dans la démonstration. Pour Cornwell et Zuccotti, le discours de Noël 1942 n'est pas assez virulent alors que pour ses contemporains, Pie XII est plutôt explicite. Le lendemain de ce discours, on peut lire dans l'éditorial du New York Times :
« La voix de Pie XII est un cri dans le silence et la nuit qui enveloppent l'Europe cet hiver... En appelant de ses voeux un "véritable nouvel ordre" fondé sur la "liberté, la justice et l'amour", [...] le Pape se place à l'opposé de Hitler ». Il réitère l'année suivante en parlant de « ces centaines de milliers de personnes marquées du sceau de la mort ou de l'extinction du seul fait de leur nationalité ou de leur race ». À l'époque, cette diatribe est considérée comme une condamnation publique de l'extermination des juifs par les nazis. De fait, les Allemands eux-mêmes le comprennent comme tel. En effet, une note interne du parti indique que « son discours est une attaque à tout ce que nous défendons... Il parle clairement au nom des juifs... Il accuse le peuple allemand d'injustice envers les juifs et se fait le porte-parole des criminels de guerre juifs ».
Les nazis connaissant parfaitement la position du Pape à leur égard, cela pouvait avoir des conséquences dramatiques pour le Vatican : en effet, ce dernier avait déjà été le théâtre d'affrontements. En 1809, Pie VII avait été obligé de se livrer aux armées de Napoléon ; Léon IX avait dû fuir Rome après l'assassinat de son chancelier et enfin Léon XIII avait été poussé à l'exil à la fin du XIXe siècle. Cependant, le ministre des Affaires étrangères de Mussolini rapporte que Pie XII est « prêt à être déporté dans un camp de concentration plutôt que de renier ses convictions ». Hitler a clairement exprimé son intention d'investir le Vatican, afin de « coffrer ce ramassis d'agitateurs ». Pie XII est d'ailleurs au courant des divers plans visant à le kidnapper. Ernst von Weizsäcker conseille plusieurs fois au Vatican de ne pas provoquer Berlin et l'ambassadeur nazi en Italie, Rudolf Rahn, décrit lui aussi l'un des projet d'enlèvement fomenté par Hitler et les efforts des diplomates allemands pour l'en dissuader. Le général Carlo Wolff déclara plus tard que Hitler lui avait demandé, en 1943, « d'occuper le Vatican et la Cité du Vatican au plus vite, de s'assurer des archives ainsi que du trésor dont la valeur est inestimable et de transférer le Pape et la Curie, pour les protéger, afin qu'ils ne tombent pas dans les mains des Alliés et n'exercent une quelconque influence politique ». Au début du mois de décembre 1943, Wolff réussit à convaincre Hitler de renoncer à son plan.
S'il avait été plus explicite
Lorsqu'on se penche sur les décisions que Pie XII aurait pu prendre, on aurait aimé (moi en premier) qu'un plus grand nombre d'excommunications aient été prononcées. Les nazis nés catholiques ont été automatiquement excommuniés soit parce qu'ils n'allaient plus à la messe, soit parce qu'ils ne se confessaient pas de leurs crimes ou bien parce qu'ils avaient publiquement renié le christianisme. Comme le montrent clairement ses écrits et ses propos, Hitler ne se considère plus comme un chrétien - il se dit même anti-catholique -, et ce, bien avant d'accéder au pouvoir. Une excommunication papale aurait peut-être eu du bon. Peut-être, peut-être pas. Don Luigi Sturzo, fondateur du Mouvement chrétien démocrate pendant la guerre, dit que les dernières « excommunications nominatives prononcées contre un chef d'état », qu'il s'agisse d'Elisabeth Ire ou de Napoléon, n'ont en rien changé leur politique. Margherita Marchione va même plus loin en disant que la provocation aurait « entraîné d'une part une riposte violente des nazis qui auraient certainement tué bien plus de juifs, et surtout ceux qui se trouvaient sous la protection de l'Église, d'autre part une persécution accrue des catholiques ». Certains survivants de l'Holocauste tels que Marcus Melchior, Grand Rabbin du Danemark, disent que « ...si le Pape avait été plus explicite, Hitler aurait sans doute massacré plus de six millions de juifs et peut-être cent millions de catholiques s'il en avait eu le pouvoir ». Dans un courrier des lecteurs envoyé à Commentary suite à la publication d'un extrait de Guenter Lewy en 1964, Richard M.W. Kempner se souvient de son expérience à Nuremberg pour dire : « Tout mouvement de propagande de l'Église catholique à l'encontre de Hitler et du Troisième Reich n'aurait pas seulement été pur "suicide", mais aurait accéléré l'exécution d'encore plus de juifs et de prêtres ». Une lettre pastorale des évêques des Pays-Bas condamnant « le traitement injuste et sans merci réservé aux juifs », a été lue dans les églises catholiques hollandaises en juillet 1942. Cette lettre qui partait d'un bon sentiment, et que l'on disait inspirée de Pie XII, connut un revers. Comme l'écrit Pinchas Lapide : « Le plus triste et alarmant c'est que plus le clergé hollandais protestait haut, fort et fréquemment - plus que la hiérarchie catholique et que tous les autres pays occupés - plus les nazis déportaient de juifs. 110 000 juifs, soit 79 % de la communauté de ce pays, partiront vers les camps de la mort ». L'évêque Jean Bernard du Luxembourg, qui séjourna à Dachau de 1941 à 1942, déclare au Vatican que : « À chaque fois que des voix s'élevaient pour protester, les conditions de détention des prisonniers empiraient ». Fin 1942, l'archevêque Sapieha de Cracovie ainsi que deux autres évêques polonais ayant fait l'expérience de la férocité des représailles nazies, demandent à Pie XII de ne pas publier de lettres sur ce qui se passe en Pologne. Suzan Zuccotti elle-même admet que dans le cas des juifs de Rome, le Pape « ait pu agir en fonction des juifs cachés et de leurs protecteurs catholiques ».
Les juifs d'Italie
On peut bien sûr se demander ce qui peut être pire que l'assassinat de six millions de juifs. La réponse est simple : le meurtre de centaines de milliers de personnes en plus. Et le Vatican a fait ce qu'il a pu pour sauver ces victimes potentielles. Le sort des juifs italiens est devenu le sujet de prédilection des opposants au Pape, l'échec du catholicisme démontrant soi-disant l'hypocrisie des prétentions du Pape en matière de morale aujourd'hui (c'est ce qu'affirme Zuccotti rien que par le titre de son livre : Under his very Window). Mais le fait est : 80 % des juifs européens sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale alors que, dans le même temps,
80 % des juifs italiens ont été sauvés. Pendant les quelques mois au cours desquels Rome est occupée par les Allemands, Pie XII demande au clergé italien de sauver des vies par tous les moyens. Il existe d'ailleurs un document datant de 1965 - et auquel on néglige de se référer - relatant les actions du Pape pendant cette période ; il s'agit de But for the Grace of God, mémoire de Monseigneur J. Patrick Caroll-Abbing qui, sous Pie XII, a contribué à sauver des vies. À partir du mois d'octobre 1943,
Pie XII demande aux églises et aux couvents d'Italie de recueillir des juifs. Ceci entraîne bon nombre de catholiques italiens à braver les ordres allemands. Et ce malgré le fait que Mussolini et les fascistes cèdent aux demandes de déportations émanant d'Hitler. À Rome, cent cinquante-cinq couvents et monastères abritent quelques cinq mille juifs. Au moins trois mille se réfugient dans la résidence d'été du Pape à Castel Gandolfo. Soixante juifs vivent pendant neuf mois à l'Université grégorienne, et nombreux sont ceux qui se cachent dans la cave de l'Institut biblique pontifical. Des centaines de juifs trouvent asile au Vatican même. Sur des instructions de Pie XII, des prêtres, des moines et des religieuses, des cardinaux et des évêques sauvent des milliers de vies. Le cardinal Boetto de Gênes en sauve au moins huit cents ; l'évêque d'Assise en cache trois cents pendant plus de deux ans ; l'évêque de Campanie et deux membres de sa famille en sauvent 961 à Fiume. Le cardinal Pietro Palazzini, alors Recteur adjoint du Séminaire romain, cache Michael Tagliacozzo ainsi que d'autres juifs italiens au séminaire (propriété du Vatican) pendant plusieurs mois dans les années 43-44. En 1985, Yad Vashem, le mémorial israélien de l'Holocauste, rendit hommage au cardinal, Juste parmi les Nations. Acceptant cet honneur, Palazzini dit : « Tout le mérite revient à Pie XII qui nous a demandé de faire tout notre possible pour sauver les juifs de la persécution ». Des laïcs ont également aidé et en ont toujours attribué l'idée au Pape.
Mais le témoignage le plus éloquent reste celui des nazis eux-mêmes. Des documents fascistes publiés en 1998 et résumés dans le livre de Marchione Pope Pius XII parlent d'un certain complot allemand appelé « Rabat-Fohn » devant être exécuté en janvier 1944 : huit divisions de SS déguisés en Italiens devaient s'introduire au Vatican et « massacrer Pie XII et le reste ». Raison spécifiquement invoquée : « la position pro-juive du Pape ».
Un opposant aux thèses hitlériennes :
L'Europe entière est jalonnée de ce genre de témoignages. Bien sûr, l'Église aurait pu faire plus. Les faits sont irréfutables : Hitler a bien pris le pouvoir, le guerre a bien eu lieu et six millions de Juifs ont bien été exterminés. Mais il faut une bonne fois pour toute se mettre dans l'idée qu'à l'époque, nazis et juifs savent que Pie XII est le plus fervent opposant aux thèses hitlériennes. 1) Dès décembre 1940, dans un article de Time Magazine, Albert Einstein rend hommage au Pape : « Seule l'Église s'est dressée sur le chemin de Hitler qui voulait supprimer la vérité. Auparavant, l'Église ne m'avait jamais passionné. Aujourd'hui je ressens beaucoup d'affection et d'admiration car elle seule a eu le courage et la ténacité de se battre pour la vérité intellectuelle et la liberté morale. Je suis donc forcé d'admettre qu'à présent je loue sans réserve ce qu'avant je méprisais ».
2) En 1943 Chaim Weizmann, qui deviendra plus tard le premier président israélien, écrit que « le Saint-Siège prête son puissant soutien afin d'améliorer le sort de mes frères persécutés ».
3) Lors d'une rencontre avec le Pape à la fin de la guerre, Moshe Sharett, le second Premier ministre israélien, dit « mon devoir était de leur dire merci à lui et à l'Église catholique au nom de tous les juifs pour tout ce qu'ils avaient fait dans les pays occupés ».
4) Le Grand Rabbin d'Israël Isaac Herzog envoie un message en 1944 où il déclare que « le peuple israélien n'oubliera jamais ce que le Pape et ses délégués font pour nos malheureux frères et soeurs dans les heures les plus sombres de notre histoire. Ils sont inspirés par les principes de la religion qui sont les fondements de la vraie civilisation. C'est la preuve de l'existence de la Providence divine dans ce monde ».
5) En septembre 1945 Léon Kubowitzy, Secrétaire général du Congrès juif mondial, remercie personnellement le Pape pour ses diverses interventions et fait don, au nom du Congrès, de 20 000 $ aux oeuvres du Vatican « en reconnaissance de l'aide apportée par le Saint-Siège aux juifs persécutés par le fascisme et le nazisme ». Lorsqu'en 1955 l'Italie fête le dixième anniversaire de sa libération, l'Union des Communautés juives italiennes déclare que le 17 avril sera la « Journée de la Reconnaissance » pour l'aideapportée par le Pape pendant la guerre. Le 26 mai 1955 l'Orchestre philharmonique d'Israël se rend au Vatican pour y interpréter la Septième Symphonie de Beethoven et exprimer ainsi la reconnaissance éternelle d'Israël envers le Pape pour l'aide apportée aux juifs pendant l'Holocauste. L'Orchestre philharmonique d'Israël n'a jamais joué la musique de Richard Wagner (et ce pour des raisons politiques) car dans les années cinquante le public israélien considère encore Wagner comme l'un des symboles du régime nazi. Ceci pour une raison simple : les survivants de l'Holocauste formaient encore une frange importante de la population israélienne. Il est impossible de penser que le gouvernement israélien ait pu payer le voyage de l'orchestre pour rendre hommage au « Pape de Hitler ». Au contraire, le concert sans précédent de l'Orchestre philharmonique israélien est un geste unique de gratitude collective envers un grand ami du peuple juif.
John S. Conway, le grand spécialiste des onze volumes des Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, écrit dans Yad Vashem Studies en 1983 : « Une lecture approfondie des milliers de documents compilés dans ces documents ne permet pas de dire que les diplomates du Vatican ont été guidés par le besoin de se protéger. Au contraire, on peut y voir un groupe d'hommes consciencieux et intelligents recherchant la paix et la justice à un moment où la "guerre totale" foulait aux pieds ces idéaux ». Ces documents auxquels on ne prend pas la peine de se référer et dont on peut lire un résumé dans le livre de Pierre Blet Pie XII et la Deuxième Guerre mondiale, « vont clairement prouver et convaincre combien Pie XII a vécu la tragédie du peuple juif dans sa chair et combien il a fait tout son possible pour les aider » selon les propres paroles de Jean-Paul II devant un groupe de chefs religieux juifs à Miami en 1987.
On peut lire dans le Talmud que « celui qui sauve une seule vie sauve l'humanité ». Pie XII, plus qu'aucun autre homme d'État du XXe siècle, a accompli cela à l'heure où le destin des Juifs européens était menacé. Aucun autre Pape n'avait été autant loué par les juifs avant lui, et ils ne se sont pas trompés. Leur gratitude ainsi que celle de tous les survivants de l'Holocauste prouve que Pie XII fut véritablement et profondément un Juste parmi les Nations.
(extrait de David Dalin, The Weekly Standard, 26 février 2001 )
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De tous les hommes d'état en exercice durant la guerre, Pie XII est le seul à avoir dénoncé les persécutions raciales. Même dans leurs mémoires, ni De Gaulle, ni Churchill n'en pipent mot. Il y a effectivement un révisionniste parfaitement répugnant à ce sujet.
Vous avez oublié de mentionner le témoignage de Eugenio Zolli, grand Rabbin de Rome durant la guerre, et qui a témoigné de façon très claire sur toutes les démarches de Pie XII pour sauver les Juifs, et dénoncer le nazisme : "Avant l'aube : Autobiographie spirituelle" éd François-Xavier de Guibert
TEXTE DU SITE :
Merci beaucoup Yapo.
