À la suite de la mise en ligne d'Une lettre à Sylvie par m. G. Darveau, j'ai reçu un certain nombre de courriels d'évangéliques choqués. Plusieurs ont taxé l'attitude de M. Darveau de “ légaliste ”, “ pharisaïque ”, “ culpabilisatrice ” et en particulier un exemple flagrant de “ manque d'amour ”. Dans les lignes qui suivent, je vais me mouiller personnellement et prendre position sur la question. Je veux d'abord noter que j'appuie la démarche de M. Darveau. J'expliquerai plus loin mon raisonnement, mais voyons d'abord un exemple typique de courriel qui m'est parvenu à ce sujet :

Cher Paul, J'ai un peu de mal à comprendre l'objet de ce mail. Est-ce pour dénoncer le caractère péremptoire et intransigeant de G. Darveau? Je suis allé sur le site lire cette lettre. J'ai envie de répondre à ce monsieur que "La lettre tue, mais l'Esprit vivifie". Parfois j'ai l'impression que l'on utilise certains conseils de Paul comme un "Lévitique 2". J'ai vu tellement de chrétien(ne)s revenir au Seigneur après un temps de crise simplement ramené(e)s par l'Amour et la Patience du Seigneur (Luc 15 verset 10) que j'avoue me sentir très loin de ce genre de réaction extrêmement brutale qui prend en compte un comportement "dévoyé" tout en laissant de côté la souffrance et le désespoir de Sylvie. N'est-il pas écrit: " Riez avec ceux qui rient et pleurez avec ceux qui pleurent" (Rom 12 verset 15)? Jésus Lui-même n'a pas été aussi dur envers la femme adultère.

Je pense qu'il y a un malentendu. Quel est le but du processus d'exclusion dont il est question dans la lettre de m. Darveau (s'appuyant sur 1Cor. 5 : 1-131)? Peu d'évangéliques de notre génération semblent comprendre cette doctrine si à contre-courant de la pensée dominante actuelle. Le but de cette pratique n'est pas l'humiliation gratuite comme le pensent plusieurs, mais plutôt obtenir le changement d'attitude et de comportement réel que les Écritures appelle repentance. Pour plusieurs évangéliques de notre génération, la repentance s'est vu réduite à un truc dérisoire, le versement de quelques larmes ostentatoires pour un effet théâtral réussi, performance permettant d'entrer dans la bonne société évangélique. Un bon comédien fera l'affaire. Mais ce n'est pas ce que recherchent les Écritures. Dieu recherche la reconnaissance du péché chez la personne visée et un changement de comportement réel. C'est le cœur du récit du Fils prodigue. Et dans l'histoire de la femme prise en adultère (Jean 8 : 3-11) auquel fait allusion mon correspondant, effectivement Jésus n'a pas jugé ou remit en question cette femme. Je vois une explication. Au travers de ce processus, il y a lieu de penser qu'elle avait déjà pris conscience de son péché et s'en repentait. Dieu voit les cœurs. Il peut juger de ces choses. Le comportement de Jésus laisse entendre qu'elle était prête à changer de voie et prête à entendre le message de la grâce.

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