Bûches, couronnes, bougies et sapins sont les vestiges de rites venus souvent de loin

Bien des rites de la fête de Noël sont les vestiges de cérémonies magiques que les hommes organisaient il y a plusieurs siècles pour aider à la renaissance de la lumière. Les joyeuses « Saturnales » du solstice d’hiver datent de l’époque où l’on croyait que le soleil mourait au soir du jour le plus court de l’année. L’avènement du christianisme ne changea rien à ces pratiques qui n’ont aucun rapport avec la célébration de la Nativité.

Bûches et failles

Parmi ces rites, il y a celui de l’arbre de Noël, celui des couronnes tressées venues du Nord, mais également celui des bûches et des brandons qu’on pratiquait en Franche-Comté, en Ajoie et, de façon plus timide, dans le Pays de Montbéliard. En terre comtoise au siècle dernier, on se réunissait non pas autour de la bûche en chocolat comme aujourd’hui, mais de la véritable bûche en hêtre ou en chêne que les anciens nommaient « la tronche ». Il s’agit de la bûche dispensatrice de cadeaux qui accordait noix, bonbons et autres friandises après avoir été énergiquement frappée à coups de bâtons par les enfants. Cette coutume de « battre la tronche » ou de « faire suer la tronche » avait cours surtout dans la montagne et sur les plateaux du Doubs. La combustion rituelle de la bûche pendant la messe de minuit est également une vieille tradition franc-comtoise. Placée solennellement dans le foyer par l’aïeul quand toute la famille est réunie, ses braises et ses cendres ont valeur de protection contre le feu et les orages. Une autre coutume caractéristique du Noël comtois est celle des brandons (les failles). Le feu des brandons a été relancé dans le Jura ces dernières années, à Château-Châlons par exemple ainsi que dans certains villages de la vallée de la Loue. Il se pratiquait autrefois la veille ou le jour même de Noël, parfois le jour des Rois, selon l’ethnologue Claude Royer.

Couronnes et sapins

Apparues en Allemagne avant de gagner les pays nordiques, l’Alsace et plus tard nos régions, les couronnes de l’avent piquées de quatre bougies sont traditionnellement suspendues au plafond, aux portes d’entrée ou posées sur un meuble. En Suède, elles participent à la fête de Sainte-Lucie (le 13 décembre) et animent chaque année le « Défilé des lumières » de Montbéliard. Un autre rite hérité des Anciens est le culte de l’arbre à qui l’on attribuait des vertus bienfaisantes et protectrices. Au Moyen Âge, des branches étaient suspendues aux portes des maisons en guise de protection contre les démons, les sorcières, les maladies ou la foudre. Le sapin trônait dans les églises lors du jeu du mystère d’Adam et Eve, le 24 décembre. C’est beaucoup plus tard, au XVIè siècle, qu’apparut le sapin de Noël appelé alors l’arbre du Paradis. On l’ornait d’hosties et de pommes rouges, comme cela était de coutume en Alsace.