Le glaciologue français Claude Lorius, 76 ans, doit recevoir aujourd'hui à Tokyo le prix Blue Planet pour sa contribution à la mise en évidence des changements climatiques à partir de l'analyse du cÅ“ur des glaciers de l'Antarctique, où il a effectué de très nombreuses missions. Il se dit très pessimiste quant à la capacité de l'homme à inverser les changements climatiques en cours. « On prévoit d'ici à la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en 10 000 ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne pas vois que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance », explique-t-il.

Selon le glaciologue, le problème majeur est celui de l'énergie. « II faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible, actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment, note-t-il. Au XX! siècle, alors que la population était multipliée par 4, la consommation d'énergie dont dépendant les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! » Interrogé sur l'émergence possible d'un nouvel ordre économique fondé sur le développement durable, il affirme ne plus croire à cette notion. « Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les ci-toyens pouvaient changer les cho-ses. Aujourd'hui, je ne le suis plus... »