NDLR: De nombreux croyants, dans les systèmes ecclésiaux, vivent dans la dépression et la défaite. Il est urgent pour les bergers de ces troupeaux de mettre en pratique l'enseignement de Christ et d'enseigner dans les maisons, comme le raconte ci-dessous, dans cet extrait de son livre "Disciples", l'argentin JC Ortiz (à télécharger librement et intégralement ici).

La formation de disciples exige non seulement la soumission mais aussi l'inter soumission. Comment avons-nous mis ces principes en pratique à Buenos Aires? Eh bien, pour commencer il me fallut me placer sous l'autorité des autres ministres de ma ville (j'expliquerai cela par la suite). Dès lors, j'étais en droit de faire des disciples parmi mes propres fidèles.

Nous avons décidé de ne plus utiliser le mot membre, parce que cela rappelait trop un club sans soumission. A sa place, nous avons décidé d'utiliser le mot disciple. Tout le monde avait compris ce qu'était un disciple et savait qu'il n'en était pas encore un.

Ce qui fait que si vous aviez demandé à quelqu'un, "Etes-vous membre de cette église?" il vous aurait répondu, "Oui, je suis le membre no 234, j'ai ma carte". Mais si vous lui aviez demandé, "Etes-vous un disciple?" il vous aurait répondu, "Oh non. Pas encore. Je ne sais même pas si le pasteur lui-même est déjà vraiment un disciple. En tout cas, il ne m'a pas encore placé sous quelqu'un pour être formé à la vie de disciple."

Pendant un an et demi, je n'ai cessé de prêcher sur la nécessité de former des disciples sans savoir comment amorcer le mouvement. Tout le monde avait compris le concept, mais nous ne savions pas comment changer. Pour finir, dans ma frustration, je dis, "Ecoutez - Jésus s'est choisi douze disciples et à partir de là, il a commencé à bâtir. Je suis le Révérend Juan Carlos Ortiz et il faut que je continue à servir mon club, mais je vais aussi commencer une église clandestine à côté."

Alors Juanito a démarré dans sa propre maison. Juanito vola les diacres du club du Révérend Juan Ortiz et commença à essayer d'en faire des disciples. (Dans cette nouvelle structure, je ne suis plus un révérend, je suis juste Juanito. Avant il fallait que je sois respecté ; maintenant je ne cherche qu'à être aimé.)

Je donnai ma vie à ces disciples. Je les servis. Nous fîmes des sorties ensemble à la campagne. Nous mangeâmes ensemble ; ils dormirent chez moi et je dormis chez eux. Nous devînmes une famille.

Au bout de six mois environ (cela ne s'est pas fait en une nuit), tout le club se mit à remarquer que mes disciples s'intéressaient davantage à eux pour les aider, les aimer, les conseiller. Alors je permis à mes disciples de voler quelques membres de plus et de commencer à en faire des disciples eux-mêmes.

Il nous a fallu près de trois ans, mais à la fin nous avions transformé tout le club en une famille de plus de 1500 disciples.

Cela nécessita, bien entendu, la création d'un certain nombre de cellules. Pendant les transformations, de nouvelles personnes se convertissaient dans les cellules mais nous leur interdisions de venir à l'église-club parce que nous ne voulions pas les gâcher avec l'ancienne structure. Le jour vint enfin où l'ancienne structure n'était plus. Dieu soit loué!

Savez-vous ce que nous avons fait alors? Nous avons simulé une persécution. Nous avons fait semblant que pendant tout un mois, notre bâtiment d'église nous avait été retiré. Nous nous sommes rencontrés dans les maisons, et les dimanches nous allions rendre visite à d'autres églises - catholique, baptiste, n'importe. Chacun de mes cinq disciples avait un groupe dans une partie différente de la ville. Cacho, par exemple - c'est un carrossier qui a sous lui 300 disciples répartis en différentes cellules. Il travaille neuf heures par jour à la carrosserie et réussit néanmoins à former la vie de plus de personnes que bon nombre de pasteurs à plein temps.

Cacho et ses 300 personnes se rendirent à une église baptiste d'à peine une centaine de membres. Vous imaginez cela! 300 visiteurs qui débarquent un beau dimanche matin. "D'où

venez-vous tous?"

"Nous sommes de l'église du Frère Ortiz."
"Que faites-vous donc ici?"
"Nous sommes venus vous rendre visite."
"Et votre réunion?"
"Eh bien, nous l'avons supprimée pour pouvoir venir et être avec vous."

Voyez-vous, avec une pareille structure, on peut faire ce qu'on veut. Vous pouvez rassembler tout le corps en quelques heures si c'est nécessaire. La prochaine fois que nous monterons une persécution simulée, nous allons essayer de le faire en hiver pour voir comment ça marche. Peut-être qu'un jour nous pourrons nous passer complètement de bâtiment. Mais nous ne le vendrons pas. Nous y installerons des lits et des réfectoires pour venir en aide aux pauvres de la région. Ce sera aussi un centre d'accueil pour les visiteurs et les apôtres en tournée. Mais plus jamais ce ne sera une caverne où les croyants se cachent du monde.