
L'ancien magistrat, Georges Fenech, connu du grand public pour son opposition au fait sectaire, a été nommé président de la Miviludes(1) le 23 septembre 2008. L'information n'étonne pas, M. Fenech s'étant vu confier récemment deux missions sur les sectes. En revanche, elle n'est pas sans éveiller des inquiétudes. Voyons qui est l'intéressé et ce qu'est la Miviludes.
Georges Fenech
Pour comprendre les raisons de cette nomination, il faut remonter à février 2008. Le 20 de ce mois-là , le magazine VSD publiait un entretien avec la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy dans lequel elle remettait en question la pertinence des rapports parlementaires sur les minorités spirituelles et affirmait que « Les sectes sont un non-problème. » Suite à ces propos, une effervescence médiatisée s'empara de la classe politique, particulièrement de l'opposition de gauche qui cherchait ses marques. Le Premier ministre promit alors, dans un seul but d'apaisement, espérons-nous, de renforcer les moyens de la Miviludes. Ce disant, le Chef du Gouvernement semblait se placer en rupture avec le Président Sarkozy comme pour rétablir une certaine laïcité entendue de manière combative et qui avait déjà été décrite comme menacée après les discours du Latran et de Riyad du Chef de L'Etat. Quelques semaines plus tard, en avril, le Premier ministre confiait une mission sur les dérives sectaires et la justice à Georges Fenech. Ce dernier lui a remis son rapport terminé depuis fin juillet, le jour de sa nomination à la présidence de la Miviludes, ce qui témoigne que cette promotion était acquise depuis plusieurs semaines. Les deux principales propositions du rapport sont l'extension des pouvoirs de la Miviludes - qui devrait être pérennisée selon lui -, et une harmonisation des politiques européennes.
Georges Fenech s'était auparavant illustré par son combat contre ce que les politiques et les médias qualifient, parfois abusivement, de sectes. Il avait présidé la dernière commission parlementaire ad hoc en 2006. Dans ce contexte, l'ancien magistrat avait manqué aux plus élémentaires devoirs de réserve en faisant la publicité de son travail. Suite à sa visite dans la communauté Tabitha's place, Georges Fenech avait convoqué les médias pour décrire une situation qu'il jugeait intolérable, sans que les premiers intéressés soient en mesure de se défendre. M. Fenech semblait avoir oublié les principes de l'égalité des armes et du contradictoire indispensables à une bonne administration de la justice, comme à tout discussion se voulant honnête et sérieuse. Au président de la Fédération protestante de France qui demandait aux élus de faire preuve de prudence, Georges Fenech alors élu de la Nation dont il était censé prendre en compte les inquiétudes, répondit même : « Que le pasteur de Clermont s'occupe de son Église et nous laisse faire notre enquête ! Nous sommes dans un Etat de droit, laïc, je ne vois pas ce qu'il vient faire dans ce débat. » Le souci qu'a l'ancien député pour la démocratie semble restreint : les croyants n'auraient pas le droit de s'exprimer sur l'appréhension du religieux par le politique.
Le rapport rendu le 12 décembre 2006 au président de l'Assemblée nationale proposait notamment de n'autoriser l'école à la maison que sous certaines conditions : maladie, handicap, déplacement de la famille ou toute autre raison réelle et sérieuse. Le député Christian Vanneste, membre de la commission choisit de ne pas voter ce rapport, notamment parce que sur le plan pénal « On ne peut présupposer qu'une catégorie de citoyens soit présumée délinquante en raison de croyances personnelles, peut-être extrêmement minoritaires, voire irrationnelles, mais qui ne présentent pas en soi de dangers objectifs: il s'agit là d'une discrimination. »













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