
Selon un magazine qui n’a rien de scientifique, il semble que des hommes de religion, musulmans et chrétiens, réunis dans un colloque international aux côtés de bouddhistes, ont fini par conclure, d’un commun accord, que c’est le début de la fin du monde, c’est-à -dire que « le compte à rebours » pour la fin du monde est déclenché.
La fin du monde serait ainsi devenue une « prévision astrologique », au plaisir de laquelle se donneraient, comble de l’indécence, des hommes de religion, ceux-là mêmes qui sont censés dénoncer le non-fondé de l’astrologie et de toutes les formes de spéculations dites « divinatoires ».
Rien d’étonnant lorsqu’on sait que, de nos jours, est homme de religion qui veut et qu’est érigée au rang de religion toute philosophie qui le désire, comme s’il s’agissait, pour les uns, de dénaturer par la dilution, et pour les autres, de favoriser la confusion. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’on observe, ces derniers temps, une augmentation flagrante d’organisations d’évènements dits religieux : ici pour tel chef spirituel et là pour tel homme de religion. On ne lésine pas sur les moyens. Et les espaces, toujours plus grands, sont devenus simplement époustouflants. Le marketing est, bien sûr, appelé à la rescousse pour un ciblage efficace et une communication convaincante dont les télévisions, dénuées depuis longtemps de leur neutralité, se font volontiers le relai, la fierté en plus !
Il est presque naturel que dans cette course aux projecteurs, ceux qui sont choisis pour jouer le rôle d’« hommes de religion », comme on aime bien les appeler, deviennent des supports publicitaires dont la fonction première est de booster les ventes de magazines plus que douteux. Et il est presque tout aussi normal qu’ils ne délivrent que le message tel que défini par les spécialistes de la communication.
Nous vivons une époque où rien, absolument rien, ne peut plus s’opposer aux désirs et à la puissance de l’argent. Ici, on déleste des pauvres de leurs organes pour les offrir à plus riches ; là , on enlève des enfants à leurs parents pour les donner à des familles d’accueil plus aisées ; là encore, on détruit des pays en y provoquant des guerres civiles, lorsqu’on ne les envahit pas carrément pour les dépouiller de leurs richesses, etc.
A une époque comme la nôtre, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’on nous serve, une fois de plus, et pour quelques euros, une fin du monde. Ce n’est pas étonnant, et c’est vraiment le cas de le dire : ce n’est pas... la fin du monde.
Mais, d’un autre côté, ce sont l’inconsistance et l’irresponsabilité, de plus en plus grandes, qui semblent présager une autre fin : celle de l’homme.













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