NDLR: Et Rushdie est certainement l'un de ceux qui savent le mieux ce que peut vouloir dire concrètement le terme "représailles islamistes", on ne peut pas l'accuser de se courber devant ces fanatiques. Avec ses versets sataniques, il est l'un des premiers à avoir dénoncé, au péril de sa vie, il y a déjà plus de 30 ans, la montée en puissance du terrorisme islamiste, et à refuser la politique d'appeasement, de dhimmitude, et de politiquement correct.
S. Rushdie dénonce l'autocensure motivée par la peur Par Hélène David pour Guysen International News
Lundi 18 août 2008 à 13:06
La maison d'édition du romancier britannique Salman Rushdie a retiré de son catalogue une œuvre portant sur le prophète Mahomet et l'une de ses femmes Aïcha, de crainte que les communautés islamiques puissent réagir de manière violente. Salman Rushdie s'élève contre cette nouvelle forme de censure : l'autocensure par la peur.
L'essayiste et romancier britannique d'origine indienne Salman Rushdie s'élève contre la « censure par la peur » dont fait preuve sa maison d'édition Random House.
Cette prise de position intervient après le retrait par Random House du premier roman de Sherry Jones intitulé « Le bijou de Medina », qui traite de la vie d'Aïcha, la femme préférée de Mahomet, depuis ses fiançailles avec le prophète, à l'âge de 6 ans jusqu'à sa mort, à 18 ans.
En 1988, la publication des « Versets sataniques » de Salman Rushdie avait déclenché de violentes réactions dans le monde islamique en raison d'une description jugée irrévérencieuse du prophète Mahomet. Plusieurs pays ont interdit la vente de ce livre qui a été l'objet d'un autodafé à Bradford, au Royaume-Uni et quelques mois plus tard, d’une fatwa promulguée par l'ayatollah iranien Khomeiny contre Rushdie.
Ce dernier incarne le débat qui fait rage depuis plusieurs années entre les partisans du respect absolu de la parole religieuse et les fervents défenseurs de la liberté d'expression, se revendiquant lui-même défenseur absolu de ce droit à la parole.
« Je suis très déçu d'apprendre que ma maison d'édition, Random House, a annulé la publication d'un roman, apparemment en raison d'une crainte de représailles islamiques » a-t-il déclaré. « C'est de la censure par la peur qui crée un très mauvais précédent »a-t-il ajouté.
Le retrait du roman de Jones relance le débat concernant l'autocensure dans le traitement de l'Islam. La maison d'édition a acheté le manuscrit l'année dernière. C'est après avoir envoyé les premiers exemplaires du roman, avant sa sortie officielle, que Random House l'a retiré de sa liste.
Thomas Perry, l'éditeur en chef a déclaré que la maison d'édition avait reçu des « conseils » avertissant que le livre « pouvait être à l'origine d'actes de violence de la part de petits segments radicaux ».
Random House a craint, en publiant ce livre, d'initier des réactions comparables à celles qui ont suivi la publication, il y a 20 ans, des « Versets sataniques », ou plus récemment, celle des caricatures de Mahomet, au Danemark puis en France.
Cette affaire constitue un exemple inquiétant de l'autocensure qui sévit ces dernières années dans plusieurs domaines de la culture et des médias.
Au sacro-saint principe de liberté d'expression qui a longtemps prévalu dans nos sociétés occidentales, on semble désormais préférer l'autocensure, de crainte d'être la cible de réactions violentes menées par ceux à qui certains propos ne conviendraient pas, pour une raison ou pour une autre, souvent religieuse…
Là réside probablement la plus belle réussite du terrorisme. Pas de mort ni de blessés dans cette entreprise de terreur, mais la satisfaction, pour les ayatollahs de tous poils, de voir l'Occident agir et penser en référence à des canons qui ne sont pas initialement les siens.
Peut-être davantage que n'importe quelle bombe, la peur constitue un nouvel outil de terrorisme, au mécanisme dangereusement efficace.













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