Sur 175 églises sondées, moins 6 seraient en santé selon les normes de CNE

par John McNeil de Challenge Weekly, Nouvelle-Zélande
Pour ASSIST News Service

Christchurch, Nouvelle-Zélande - Commençons par la mauvaise nouvelle: seule une petite minorité des églises en Nouvelle-Zélande est en bonne santé. Et puis la bonne nouvelle: si elles veulent retrouver la forme, il n’est par pour autant nécessaire d’importer une méthode américaine pour guérir et grandir.

« Il est d’une importance capitale que les membres soient impliqués dans les ministères qui sont centrés sur leurs dons, tels que Dieu les leur a donné » constate Neil Adams, un officier de l’Armée de Salut de 42 ans qui se consacre aujourd’hui à aider les églises de tous bords à faire un bilan selon la méthode baptisée « Croissance Naturelle des Eglises » (CNE). (1)

La CNE est un organisme de recherche fondée par un Allemand, Christian Schwarz, qui a effectué un sondage auprès d’un millier d’églises dans 32 pays pour découvrir les principes des églises en bonne santé. L’organisme a ensuite conduit 55 000 sondages dans 70 pays où il est implanté.

M. Adams a relevé 8 facteurs communs à toutes les églises qui se portent bien :
1. une direction puissante
2. un ministère orienté sur les talents des membres
3. une spiritualité passionnée
4. des structures fonctionnelles
5. une louange qui inspire
6. des cellules de maison vivantes
7. une évangélisation ciblée selon les besoins et
8. une communion fraternelle empreinte d’amour.

Plus intéressant encore, il a constaté que les églises qui obtiennent de bonnes notations dans tous ces 8 domaines enregistrent indéniablement une croissance numérique, sans exception.

Mais la CNE n’est pas un programme pour la croissance. Son but est de permettre aux églises de prendre conscience de leurs forces et de leurs faiblesses afin d’y remédier. « Ce n’est pas pour bricoler une réparation de façade mais pour construire dans la durée », précise-t-il.

Sur 175 églises néo-zélandaises sondées, moins d’une demi-douzaine atteindrait les normes de santé selon CNE.

Toutefois, les choses bougent dans les autres églises. « Au fur et à mesure qu’elles se rapprochent de l’état de la bonne santé, les choses changent ».

Basé sur son expérience en Nouvelle-Zélande, il remarque que le trait caractéristique, c’est l’individualité de chaque église. « Il n’existe pas de telle chose qu’une formule à taille unique ». Cela s’applique aussi bien pour « la porte d’entrée » que pour « la porte de sortie ».

« Beaucoup pensent que la porte d’entrée, c’est la louange. Moi je ne crois pas. Chaque église a sa porte d’entrée et de sortie ». Quelques traits communs néanmoins. Les recherches montrent que 70% à 90% des personnes viennent parce qu’un ami ou un membre de la famille les emmène. « Mais ils répondent positivement à l’invitation parce qu’ils sont conscients d’un besoin vital auquel ils ne peuvent satisfaire autrement. S’ils voient des personnes qui vivent une vie chrétienne authentique, cela les attire. Dieu envoie à des églises saines des gens dont vous n’avez pas une idée comment ils ont atterri là. Et si vous leur demandez pourquoi ils sont là, ils ne pourront probablement même pas répondre. Mais à la base, c’est l’Esprit qui les a conduits dans cette direction.»

Pour la porte de sortie, c’est une autre histoire.

« On dit couramment : « Dieu a envoyé des gens chez nous ». Mais je n’ai jamais entendu dire : « Dieu a pris des gens de chez nous » à moins qu’ils ne soient désagréables. Sinon, je n’ai pas entendu un seul pasteur dire : « Dieu a pris ces gens parce que nous n’en sommes pas dignes ». Nous blâmons généralement les gens qui partent ».

Selon lui, une église reste petite lorsqu’elle est incapable de confier des ministères aux membres selon leurs dons.

« Les pasteurs et les anciens ont dans l’idée que ce sont leurs responsabilités et il n’est pas question que des « laïcs » les leur prennent. Ils veulent être « les hommes » de la situation. Dès qu’une telle idée germe dans la tête d’un pasteur, ça coupe les muscles à l’église. »

« C’est une importance capitale que les gens soient impliqués, dans l’église, dans les ministères qui correspondent à leurs talents, tels que Dieu leur en a donné. Dieu nous dit d’être nous-mêmes, pas quelqu’un d’autre. Il dit la même chose aux églises. Comment une église peut-elle savoir qui elle est ? Et bien, en regardant les dons de ses membres. »

« Plutôt que de dire « nous avons ce programme, trouvons quelqu’un pour s’en charger », on devrait dire « nous avons cette personne, trouvons un programme qui lui convient. » Ou encore, qu’elle trouve un programme qui lui convient. »

« C’est rare que les gens partent à cause de la doctrine, il y en a mais ce n’est pas la majorité. Ce qui fait la différence, c’est l’amitié, l’appartenance, le fait de compter pour quelqu’un. »

M. Adams est clair là-dessus : les dirigeants de l’église doivent laisser la place pour que les talents des membres s’expriment. Il ne faut pas attendre 15 ans, comme il a entendu dans une église. C’est un terrible gâchis.

Dès le début de l’Armée du Salut, le fondateur, le Général Booth avait un principe. Lorsqu’une personne s’est convertie, elle est prête à servir. Elle peut aller distribuer les tracts !

« Autrement dit, dès que quelqu’un vient dans votre église, on peut essayer de savoir ce qu’il peut faire et lui permettre de faire justement ça ».

L’important n’est pas le style. « Qu’une église chante des hymnes Sur les Ailes de la Foi ou le dernier recueil JEM, cela ne dit rien sur sa santé. Une église saine accepte le changement. Et certains n’aiment pas le changement. Le fait de retrouver la santé peut aussi faire partir des gens ».

Un autre blocage au changement, c’est la tyrannie de l’urgent. Les églises sont engagées dans les rouages et n’ont plus le temps de réfléchir et de prendre du recul. Par conséquent, elles sont extrêmement chargées, mais peu productives. »

« Rick Warren dit qu’il y a deux sortes de questions. La mauvaise question, c’est « Qu’est-ce qui peut faire grandir notre église ? » et la bonne, c’est « Qu’est-ce qui empêche notre église de grandir ? » Cette dernière assume que Dieu veut la croissance de l’église comme une chose naturelle. Dans un sens, les pasteurs et anciens peuvent être relaxes. Car ce ne sont pas eux qui font grandir l’église. S’ils sèment la bonne semence, celle-ci grandira toute seule. »

« L’idée derrière la CNE, c’est la croissance organique. Nous n’avons pas à stimuler une croissance artificielle. La croissance, dans notre vision, résulte de la bonne santé. Imaginez que votre bébé ne grandit pas, vous irez vite consulter un médecin. Or, nous ne faisons pas ce genre de chose pour une église qui ne grandit pas. Comme si l’absence de la croissance était normale.»

Le temps que cela prend pour qu’une église évolue dépend de la diligence des membres de trouver ce qui ne va pas et d’appliquer des principes pour les redresser. « Pour certaines églises, le processus vers la santé et la croissance est relativement aisé. Pour d’autres il est plus complexe. En tout cas, cela n’arrive pas en un jour, comme les modèles de croissance des églises semblent parfois laisser croire. »

1 - Natural Church Development, site officiel