Le Fonds monétaire international est revenu, mercredi 12 mars, sur les mesures nécessaires à prendre pour conforter le système financier international. Il envisage même de mobiliser des fonds publics si la situation se détériore.

"Il ne fait guère de doutes que les risques d'escalade de la crise s'intensifient et que des mesures déterminées seront nécessaires pour stabiliser le système financier et l'économie mondiaux", a déclaré le directeur général adjoint de l'institution, John Lipsky, dans un discours à Washington. "Nous devons garder toutes les options sur la table, y compris l'utilisation potentielle de fonds publics pour conforter le système financier", a-t-il ajouté, nuançant qu'il ne se faisait pas l'avocat du renflouement de banques individuelles avec l'argent du contribuable. Il estime cependant que les pouvoirs publics ont un rôle à jouer "lorsque les solutions de marché ont été épuisées".

"Un défi mondial"

Le numéro deux du FMI estime que la crise financière, qui ne concernait initialement qu'"une petite partie du système financier américain", est devenue maintenant "un défi mondial" susceptible de mettre à bas la croissance enregistrée par la planète depuis cinq ans. De plus, John Lipsky s'est prononcé sur les initiatives annoncées mardi par plusieurs banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne. Il les a jugées "utiles", dans la mesure où "elles traduisaient une prise en compte du besoin critique d'assurer la liquidité" des marchés financiers.

Il relève toutefois que certains pays devront aussi prendre des mesures de relance budgétaire, une position que le Fonds a déjà défendue. L'institution financière préconise ainsi que la Chine investisse dans l'amélioration de son système de protection sociale. "Mais même des politiques macroéconomiques pourraient ne pas suffire et nous commençons à réfléchir -au cas où- aux autres types d'interventions publiques qui pourraient être nécessaires", a précisé John Lipsky.

Une nouvelle vague de dépréciations redoutée

"Le Fonds est aussi prêt à utiliser ses liquidités record, si nécessaire, pour aider à amortir (l'impact de la crise) pour l'économie mondiale".

Le dirigeant redoute une détérioration de la situation, si la contraction du crédit devait pousser les banques à brader une partie de leur patrimoine. Ce qui entraînerait une nouvelle vague de dépréciations d'actifs.

Jusqu'à présent, les grandes banques centrales ont adopté des stratégies "innovantes et appropriées" pour réduire les tensions sur les marchés, a-t-il constaté, en pointant "un risque, dans l'environnement actuel: que la politique monétaire soit moins efficace que par le passé". Il a notamment mis en valeur l'augmentation des marges sur de nombreux types de crédit qui a gommé l'impact des baisses des taux d'intérêts directeurs.