La Finlande réunie dans la prière pour les victimes de la tuerie
TUUSULA (Finlande) - Les Finlandais se sont massivement rendus à l'église dimanche, jour de la Fête des pères, pour se souvenir des victimes de la fusillade qui a fait neuf morts mercredi dans une école de Tuusula (sud), où la messe était retransmise en direct à la télévision.
De Tuusula, petite ville de 35.000 habitants dans l'agglomération d'Helsinki, jusqu'aux villages reculés de Laponie, les sermons dans les 548 paroisses luthériennes évangéliques du pays étaient consacrés à la tragédie.
La messe en la petite église en bois de Tuusula, dont l'accès était interdit à la presse, était diffusée sur la première chaîne publique Yle1. Le service était dirigé par deux femmes prêtres qui ont principalement lu des passages du Nouveau testament.
"Dieu était présent dans l'enfer de Jokela", a estimé le pasteur Ulla Rosenqvist.
"Nous sommes venus avec des questions. Nous cherchons à comprendre", a dit Ann-Maarit Joenperä.
Un choeur d'enfants a ensuite entonné un psaume, "Nul ne peut être plus en sécurité": "Nul ne peut être plus en sécurité que les enfants de Dieu, ni l'étoile dans le firmament, ni l'oiseau dans son nid".
Graves et manifestement très affectés, des membres de la paroisse de Tuusula ont également lu des extraits de la Bible ou de courts textes qu'ils avaient écrits pour l'occasion.
"Seigneur, j'ai peur (...). J'ai besoin de vous sentir près de moi. Aidez-nous. Aidez le père, la mère, le frère, la soeur, les amis et les camarades de classe, tous ceux qui ont souffert de ce drame", a lu une jeune fille.
Pekka Eric Auvinen, un jeune homme de 18 ans scolarisé au lycée Jokela de Tuusula, a abattu huit personnes dans son établissement, trois adultes et cinq garçons âgés de 16 à 18 ans.
A Jokela, l'accès à la petite église de briques rouges restait aussi interdit aux journalistes. Proches des victimes et habitants de la commune étaient seuls autorisés à assister au service, a constaté un photographe de l'AFP.
"Faisons de dimanche un jour où nous pensons à ceux qui ont perdu un être cher, et un jour de gratitude pour ceux qu'il nous reste", avait demandé dans la presse le pasteur Kaj Engström qui fut chargé d'annoncer aux familles la mort de leurs enfants.
La Fête des pères (Isänpäivä), très populaire dans le pays nordique, est l'occasion pour les Finlandais, de moins en moins pratiquants, de se rendre à l'église pour assister aux traditionnelles "messes de famille".
Quelque 82,4% des 5,3 millions de Finlandais sont membres de l'Eglise luthérienne mais ils étaient 90% dans les années 1950 et 85% il y a encore une dizaine d'années.
"De nos jours, l'église est comme une assurance que l'on conserve au fond d'un tiroir. Lorsqu'un malheur survient, on la ressort et c'est très bien ainsi", selon le pasteur Engström.













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