NDLR : Cet article paru sur la Liste Elie, qui se met à traduire des articles d'actualité éthique de sa liste soeur américaine "Breaking christian news", me paraît un bon témoignage face à ceux qui défendent les parents homosexuels et qui disent qu'un père et une mère, ou deux parents de même sexe, c’est pareil pour les enfants (en l’occurrence ici deux femmes : il est montré qu’un homme est indispensable pour élever les enfants dans un bon équilibre).
L'ART D'AIMER NOS PÈRES. POURQUOI UNE MÈRE N'EST PAS UN PÈRE ET NE POURRA JAMAIS PRENDRE SA PLACE Ian G. Srrachan/TN
Traduction Dominique François
Extrait d'un article publié dans le «Nassau Guardian» :
«Un roi, réalisant son incompétence, peut déléguer son pouvoir ou abdiquer. Un père ne peut faire ni l'un ni l'autre. Si seulement les fils pouvaient voir le paradoxe, ils comprendraient le dilemme.» Marlène Dietrich
«Avant d'avoir un fils… vous ne connaîtrez jamais la joie, l'amour indescriptible qui résonnent dans le cœur d'un père qui regarde son garçon. Vous ne connaîtrez jamais l'honneur qu'un homme ressent de s'améliorer et de transmettre quelque chose de bon et d'encourageant à son fils. Et vous ne connaîtrez jamais le brisement des pères hantés par leurs démons personnels qui les empêchent d'être les hommes qu'ils voudraient que leurs fils deviennent. » Kent Nerburn
(Nassau, Bahamas) Je n'oublierai jamais quand j'ai vu mon père pleurer pour la première fois. Il entra dans la maison comme s'il avait du mal à marcher et s'effondra sur le canapé poussiéreux de notre salon. «Il était si prometteur». C'est tout ce qu'il dit.
Mon frère aîné, Winston, venait de mourir. Les paroles de mon père ne trouvèrent aucun écho. Nous fixions tous le plancher. C'était un côté de lui que je n'avais jamais vu auparavant. En fait, un côté que j'avais essayé de nier.
Je viens de ce que l'on appelle une «famille brisée». Je me demande qui a inventé cette expression – Famille brisée – mais elle en dit long. J'avais trois ans lorsque mes parents se séparèrent et je n'ai donc absolument aucun souvenir de la vie que nous avions vécue ensemble dans notre maison de Peardale. En fait, le premier souvenir que j'ai de mon père remonte à mes huit ans quand nous avions déménagé de North Andros à Nassau.
Notre relation n'avait jamais été satisfaisante. Vous pouvez penser que j'avais hérité des sentiments des autres sur mon père. Je n'avais aucune idée propre. J'acceptais tout ce qu'on disait de lui. En résumé, je gardais mes distances. Mais en ce mois d'avril quand mon frère est mort, mon père vint à la maison pour pleurer son premier fils. Et, d'un coup, une fenêtre s'ouvrit sur le passé de cet homme. S'il était encore vivant, Winston aurait 52 ans aujourd'hui. Mon père en a 72; il était donc papa a 20 ans. «Il était si prometteur». C'est tout ce qu'il avait dit. Et il pleura sur le canapé poussiéreux pendant que nous fixions le plancher.
Il me semblait facile de juger mon père quand j'étais adolescent. C'était si simple de lui manquer de respect. Mais quand survint cette épreuve, je vis ce qu'il avait perdu dans ce monde et ne pouvait remplacer. C'est mon tour d'être un homme, un mari et le père de plusieurs fils. Ma mère est morte et seul reste mon père. Et je suis assez âgé maintenant pour m'être ridiculisé à de nombreuses reprises, avoir brisé plus d'un cœur et déçu les gens qui comptaient pour moi. J'ai vécu assez longtemps pour avoir fait un tas de choses que je m'étais juré de ne jamais faire et pour être allé contre mes principes plus d'une fois. Ces expériences m'ont donné l'humilité de pardonner à mon père et la grâce de ne plus le juger comme je le faisais quand je n'étais qu'un petit garçon.
Maintenant je le perçois au travers de mes propres choix, des mes erreurs et des victoires chèrement gagnées et je vois un homme, un homme fier, qui a travaillé, aimé, confronté le monde avec une sagesse acquise avec peine et qui cherche la face de Dieu.
Maintenant je connais la terrible puissance des pères, la place incomparable qu'ils occupent. Une place qu'aucune mère, aucun oncle, aucun frère, aucun ami, aucun équipier ne peuvent prendre. Je vois l'influence que nous avons sur nos petits qui observent tous nos faits et gestes, répètent nos moindres paroles et apprennent le monde au travers de nous. Je vois mon fils de 22 mois et je réalise à quel point je serai responsable de l'homme qu'il deviendra un jour.
Je ne crois pas qu'il y ait un plus grand problème aujourd'hui que celui de l'homme et du comportement des pères dans notre pays. Rares sont les problèmes sociaux qui ne sont pas directement liés au fait que les hommes aujourd'hui n'aiment ni ne soutiennent les femmes qui portent leurs enfants, n'aiment ni ne disciplinent leur progéniture et ne sont pas d'abord un bon exemple de ce que devrait être un homme pour ses fils et ses filles. De nos jours, la couardise masque le courage, l'égoïsme se prend pour de la sagesse et le mensonge s'appelle vérité. Il n'y a rien de Christ dans la notion actuelle que nous avons de l'homme.
Nous les fils, devons regarder nos pères et les aimer. Nous les pères, devons bénir nos fils et les enseigner. Ne pas leur apprendre à faire souffrir mais comment apporter la guérison, non comment briser mais comment réconcilier. Si nous ne pouvons pas comprendre ce qui a fait de nos pères les hommes qu'ils sont, nous ne pouvons pas être les pères que nous espérons être. «J'ai toujours pensé que mes gosses étaient les plus beaux enfants que j'avais jamais vus.» Je suis reconnaissant à Dieu d'avoir pu entendre mon père prononcer ces mots alors qu'il se tenait à mes côtés dans ce salon et que, plein de fierté et non de chagrin, il regardait mon fils. J'aurais pu ne jamais savoir que c'était ce qu'il ressentait à notre sujet.»
>>> article original (The Nassau Guardian)













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