
NDLR: 3 articles présentant cette affaire.
Madagascar: un prêtre français expulsé
BBC
Un prêtre français, le père Sylvain Urfer, connu pour ses prises de position plutôt critiques à l'endroit du pouvoir, se voit contraint de quitter le pays. Le ministère de l'Intérieur a annulé son visa de séjour et l'entrée sur le territoire malgache lui est désormais interdite. Son expulsion a été confirmée par les autorités qui sont restées discrètes sur les motifs.
En trois ans, le père Sylvain Urfer est la troisième personne dont les écrits et les prises de position ne sont pas appréciés par le pouvoir et que le gouvernement de Marc Ravalomanana expulse de Madagascar.
Les expulsions précédentes En mai 2005, le permis de travail du correspondant d'une radio internationale française n'a pas été renouvelé. La corporation avait à l'époque parlé d'expulsion arbitraire. Près d'un an après, en avril 2006, un autre journaliste, correspondant d'une agence de presse américaine a été aussi prié de quitter le pays.
Quand les protestants s'en mêlent...
Le Salon Beige (site catholique)
Le père Sylvain Urfer, S.J., après 33 années passées à Madagascar, a eu un délai de 48 heures pour quitter le pays et ce, sans explications officielles. Il décolle aujourd'hui. Les relations sont tendues entre l'Église catholique et le gouvernement malgache, le président, Marc Ravalomanana, est vice-président de l'Église réformée de Madagascar.
Mais les relations entre la France et son ancienne colonie sont aussi houleuses et les Français souvent soupçonnés : En mai 2005, Olivier Péguy, correspondant de Radio France Internationale (RFI) à Magadascar fut expulsé de la même manière et en avril 2006 Christian Chadefaux, qui dirigeait un quotidien local, a subi le même sort, après quarante années passées à Madagascar.
Lahire
© Le Salon Beige,
Mesure administrative
Le père Urfer expulsé
L'Express de Madagascar
Le père Sylvain Urfer, ancien curé de la paroisse catholique d’Anosibe et membre du Sefafi, vient d’être frappé d’une mesure d’annulation de visa de séjour et d’interdiction d’entrée à Madagascar par le ministère de l’Intérieur. Autrement dit, une expulsion. Il quittera le pays ce soir.
Le père jésuite, Sylvain Urfer, est frappé d’une mesure d’annulation de visa de séjour et d’interdiction d’entrée sur le territoire malgache, suivant une décision du ministère de l’Intérieur. Il a 48 heures pour faire ses bagages.
Des émissaires du ministère de l'Intérieur et de la réforme administrative (Mira) sont venus chez le père Sylvain Urfer à Andrefan'Ambohijanahary, sans le prévenir, hier matin. Ils l'ont notifié d'une mesure du gouvernement à son encontre. S'agissant d'une annulation de visa de séjour assortie d'une interdiction d'entrée à Madagascar, la décision ne contient pas d'autres motifs. "La décision présentée au père Sylvain Urfer porte la signature du premier ministre et ministre de l'Intérieur, Charles Rabemananjara", a confié l'entourage de Sylvain Urfer. Toujours selon ses proches, le premier réflexe du prêtre après sa notification a été de faire connaître la mesure à la haute hiérarchie catholique. Il s'agit, entre autres, du nonce apostolique, Monseigneur Augustin Kasujja, et l'archevêque de la diocèse d'Antananarivo, Monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona. Mais ce dernier n'a pas été joignable au téléphone. "Monseigneur Odon n'est pas, actuellement, dans la capitale. Il est en visite à Ambanja", a confirmé un collaborateur du père Sylvain Urfer. A propos de ses activités, Sylvain Urfer est membre actif de l'Observatoire de la vie publique (Sefafi) avec Madeleine Ramaholimihaso, Henri Raharijaona, Horace Gatien, Jean Eric Rakotoarisoa, Roger Bruno Rabenilaina, Adelson Razafy, ainsi que Noro Razafimandimby. Le cercle de réflexion adopte comme méthode de travail la publication des communiqués souvent critiques. C'est ainsi que ses connaissances semblent qualifier la mesure en question, d'acharnement contre Sylvain Urfer. Démocratie Mais la fondatrice de la Sefafi, Madeleine Ramaholimihaso, n'a pas voulu entrer dans cette hypothèse. "Je ne sais pas vraiment pour quelle raison la mesure a été prise. Je ne pense pas que cela ait un lien avec la Sefafi", lance-t-elle. "Depuis 2001, les communiqués de la Sefafi ne sont pas complaisants vis-à-vis des bailleurs de fond ou du pouvoir. Mais si c’est le cas, c'est le prix à payer pour instaurer la démocratie dans le pays", ajoute-t-elle, en précisant que le Sefafi va se réunir, immédiatement, pour se pencher sur la situation. Un proche de Sylvain Urfer a soulevé, encore, un autre motif qui pourrait être, probablement, à l'origine de l'expulsion du prêtre. C'est son appartenance à l'Eglise catholique. "Depuis l’avènement d’Odon Razanakolona, l'Eglise catholique a sa vision sur la politique et la société qui pourrait, éventuellement, être en contradiction avec celle des tenants au pouvoir", explique-t-il. "L'expulsion se traduit, ainsi, en un acharnement contre les catholiques. Avec son statut d'étranger, père Sylvain Urfer en est parmi les plus faciles à attaquer", déplore-t-il. De leur côté, les amis religieux de Sylvain Urfer préfèrent ne pas réagir sur la situation, pour le moment. C'est le cas du vicaire général de la diocèse d'Antananarivo, Marc Ravelonantoandro, et le père jésuite Rémi Ralibera. Pour un "au revoir", comme le disent les proches du prêtre en expulsion, le premier responsable de la communauté du provincial dont Sylvain Urfer fait partie, Jean Romain Rafanambinana, se rendra ce jour à sa résidence à Andrefan'Ambohijanahary, pour un déjeuner. La communauté catholique se rendra à Ivato ce soir, pour raccompagner le père Urfer. Une séparation forcée après 30 ans de vie ensemble. On attend la réaction de la communauté internationale, en particulier celle de la France dont c'est le troisième ressortissant expulsé depuis 2005. Cela commence à faire beaucoup, surtout que les motifs n'ont jamais été expliqués.
Un prêtre gênant Sylvain Urfer travaille à Madagascar depuis 1974, après y avoir séjourné à plusieurs reprises. Au début, il a enseigné aux collèges Saint Michel et Sainte Antoine. Responsable de la paroisse d'Anosibe de 1980 en 2005, il contribue à animer le quartier grâce à l'Association pour le Développement d'Anosibe (Ada). Parallèlement, il gère le centre Foi et Justice qu'il a fondé en 1989, tout en assurant quelques enseignements à l'Institut catholique de Madagascar (ICM) et au Grand séminaire d'Antsirabe. Ce centre est une maison d’édition et un centre d’études à la fois. Jésuite diplômé de l’Institut d’etudes politiques de Paris (IEP), Sylvain Urfer sort plusieurs publications dont "Le doux et l'amer», ou «L’espoir et le doute". Prêtre, qui n’a pas la langue dans sa poche, il a déjà affronté Didier Ratsiraka dans les années 1980 sans pour autant avoir été expulsé. A cette époque, aime-t-il à répéter, “les règles étaient claires, c’était la censure”.













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