Une zone du cerveau liée au tabagisme
Le Figaro Jean-Michel Bader relève dans Le Figaro que « des neurobiologistes américains des universités de l'Iowa et de Californie ont trouvé une corrélation statistique forte et inattendue : chez des fumeurs victimes d'une atteinte d'une zone très précise du cortex cérébral, l'insula ou île de Reil, l'arrêt du tabac est plus facile, rapide et sans rechute, que pour n'importe qui ! ». Le journaliste explique qu’Antoine Bechara (université de Californie du Sud) « a identifié 19 fumeurs qui avaient eu une destruction cérébrale comprenant l'insula de l'hémisphère droit ou gauche ». « Les chercheurs ont également recruté un groupe témoin de 50 fumeurs ayant eu des lésions d'autres zones cérébrales », ajoute Jean-Michel Bader. Le journaliste précise qu’« une attaque cérébrale quelle qu'elle soit est un événement suffisamment grave pour convaincre un fumeur d'arrêter sans que le mécanisme de sa dépendance soit forcement perturbé ». « Les chercheurs ont donc décidé qu'il y avait une vraie et brutale rupture de la dépendance s'ils avaient arrêté moins de 24 heures après la destruction de leur insula, s'ils n'avaient pas rechuté ensuite, s'ils avaient cessé de fumer sans efforts, et s'ils ne ressentaient aucun phénomène de manque », précise le journaliste.

Jean-Michel Bader indique ainsi que « sur les 19 fumeurs du groupe identifié au départ, 16 réunissaient tous ces critères et avaient arrêté de fumer, alors que dans le groupe de 50 sujets, 37 n'ont pas cessé de fumer ». Le journaliste relève toutefois qu’« Antoine Bechara admet des imperfections dans son étude ». Le chercheur déclare en effet : « Dans notre échantillon, les patients ayant des lésions de l'insula avaient aussi des destructions des régions cérébrales adjacentes ». Jean-Michel Bader s’interroge : « Les effets observés étaient-ils nécessairement dus à la lésion insulaire, ou à la conjonction de plusieurs atteintes ? Cette dernière hypothèse est possible, mais peu probable, concluent les chercheurs ». Le journaliste retient qu’« en tout cas, cela confirme des notions déjà connues : l'insula est le centre de la dépendance subjective aux drogues ».